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04/05/2018

Mai 68, histoire d'un printemps

mai 68, Ronds dans l'OOn l'a dit, Mai 68 et ses 50 ans ont donné naissance à pas mal de parutions BD sur le sujet. Si on a beaucoup aimé le Sous les pavés de Warnauts et Raives (Le Lombard) d'autres titres ont trouvé moins de grâce à nos yeux. Et ce n'est pas la peine d'en parler. On s'arrêtera par contre sur le bouquin de Arnaud Bureau et Alexandre Franc (Les Pénates, Agatha), Mai 68 histoire d'un printemps. Une récit cadré au sens propre et figuré, simple et complet, une légère trame romanesque qui passe bien, un dessin, on le dit, à la Scott McCloud, une authenticité des faits qui ne dérape pas dans la leçon, le psychodrame et la surenchère. Les faits et rien que les faits, ça change.

Lire tout le dossier sur ligneclaire.info : Mai 68, Histoire d'un printemps, Des Ronds dans l'O, 18 €

17/05/2008

Mai 68 : sous les pavés les bulles d'un 40e anniversaire

L’occasion était trop belle. Un 40e anniversaire, encore plus celui de ce mois de mai de 1968 qui avait l’espace d’un printemps fait croire à une génération que rien ne serait plus pareil, cela se devait de générer à posteriori quelques bulles de plus dans l’univers en surproduction de la bande dessinée. Et même si on n’a pas croulé sous le nombre il y a dans le lot de ces spéciaux 68 une poignée de beaux albums qu’il aurait été dommage de passer sous silence.

ad879075edf7a25b51112362355b756e.jpgA Tardi la première place car sa mise en images des chansons de Dominique Grange vaut tous les rétrospectives du monde. 1968-2008, N’effacez pas nos traces (Casterman) est l’association non seulement de deux cœurs généreux mais aussi de deux talents subtils. Dans un format qui rappelle celui de nos « vieux » disques 45 T Tardi capte les phrases de Grange qui chantaient Grève illimitée, Chacun de vous est concerné, reprenait Le Temps des cerises ou La Commune est en lutte, chante de nouveaux titres pour l’occasion. Il y avait de l’utopie dans la démarche et de la générosité, une certaine absence de réalisme qui avait le sourire des jolies filles. C’est l’un des vrais et rares legs de cette époque. Un CD audio est joint à l’album.

 

9c0f4899618edeb6652b90ea337db328.jpgUn collectif ensuite est à signaler chez Soleil, Mai 68, Le Pavé de bande dessinée (19,68 €). Des auteurs de tous âges ont fait un panorama assez subtil et sincère de ce que 68 pouvait représenter pour eux aujourd’hui. Et on comprend que 68 c’est « avant » et très loin pour ceux qui n’avaient pas entre 16 et 30 ans à l’époque. Des frères Bramanti au montpelliérain Gaston, Chabouté, Rossi, Vatine, Lidwine ou Herenguel ils signent des planches, des histoires courtes sérieuse ou drôles, un peu tristes mais qui rendent justice à l’envie de liberté de l’époque. L’ensemble suit une logique chronologique des évènements.

 

2098379b94831e6e9985d8da727b3fd3.jpgEnfin Mai 68, Histoire d’un printemps (Berg International, 19,68 €) a été préfacé par Daniel Cohn-Bendit. Cette fois encore on suit sur un dessin très sobre bien cadré la chronologie. L’album de Alexandre Franc et Arnaud Bureau raconte avec clarté et objectivité les faits, fait parler les principaux témoins, présentent les controverses en donnant à l’ensemble une vraie dimension historique. Avec pour conclusion : Mai 68, une mutation et sûrement pas une révolution.

Pour la bonne bouche, il ne faut pas manquer évidemment l’édition spéciale de Pilote, le journal qui s’amusait en mai 68 à réfléchir et qui cette année s’amuse à lancer un pavé de 160 pages (7,90 €). De BD bien sûr.