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22/01/2017

Angoulême 2017 : Le Grand Prix de la 44e édition sera Cosey, Larcenet ou Chris Ware

Cosey, LarcenetTrois auteurs restent en lice pour être le Grand Prix  du 44è Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême qui se tient du 26 au 29 janvier 2017. On avait rappelé dernièrement les règles de cette élection.  A l’issue du premier tour de l’élection du Grand Prix qui s’est déroulé du 9 au 15 janvier, les trois auteurs retenus pour concourir pour le second tour du vote de désignation du Grand Prix 2017 sont, par ordre alphabétique, les suivants : Cosey, Manu Larcenet et Chris Ware. A titre tout à fait personnel on penchera pour Cosey ou Manu Larcenet. Pour le premier ce ne serait que la juste reconnaissance du talent d'un très grand du 9e Art, conteur, sculpteur de mots et d'ambiances. Pour le second, reconnaissance encore, génie, sensibilité à fleur de peau, véritable marqueur du renouveau intellectuel et graphique de la BD. Enfin Chris Ware est bien sûr un talent atypique qui mérite aussi de figurer dans ce trio. Le choix final sera difficile pour les auteurs. (Photo Cosey à Sérignan, JL T DR)

Lire le dossier sur ligneclaire.info : Grand Prix 2017

21/06/2016

Le Rapport de Brodeck 2, cette lâcheté si tristement humaine

Larcenet, Brodeck, DargaudQui mieux qu'un survivant peut raconter la lâcheté de ceux qui l'on envoyé à la mort . Il a survécu et il en est revenu, témoin gênant et décalé pour une population unie dans le crime et la délation. En adaptant Le Rapport de Brodeck de Philippe Claudel en BD (le premier tome a été largement et justement récompensé), Manu Larcenet est remonté dans le temps pas si lointain de la déportation, des goulags, des génocides, de la trahison, de la dénonciation, de la lâcheté humaine ordinaire et extraordinaire dont Claudel avait su tracer le tableau horrifiant. Dans le tome 2 et dernier de son adaptation en teintes sombres, noires comme l'orage et la nuit, la tempête sur le fond immaculé de la neige, Manu Larcenet reste dans le tristement humain, l'homme capable du pire, par peur souvent, par bêtise aussi ou calcul avoué. Une exposition des planches originales a lieu chez Barbier et Mathon à Paris du 15 juin au 10 septembre.

Lire l'article sur ligneclaire.info : Le Rapport de Brodeck 2, L'indicible, Dargaud, 22,50 €

27/05/2015

Le Prix des libraires de BD 2015 à Love in vain chez Glénat

Love in vain, rapport brodeck, Larcenet, Mezzo, GlénatLe 26e prix des libraires de BD a été attribué à l'album Love in vain de Mezzo au dessin et Jean-Michel Dupont au scénario paru chez Glénat et une mention spéciale va à Manu Larcenet pour Le Rapport de Brodeck chez Dargaud.

Lire le dossier sur ligneclaire.info en cliquant sur : Prix des libraires 2015

18/04/2015

Le Rapport de Brodeck, Manu Larcenet bouleversant créateur

Rapport de Brodeck, Dargaud, LarcenetManu Larcenet adapte Philippe Claudel. Le Rapport de Brodeck est l'une des oeuvres maîtresses de cet universitaire, romancier, réalisateur (Les Ames grises). Et l'une des ses histoires les plus sombres voire complexes alors que le récit, linéaire, et l'intrigue donnent la fausse impression de la simplicité. Brodeck est un survivant et un témoin, un narrateur contraint et forcé sur lequel pèse le poids du danger et ses souvenirs de mort. Manu Larcenet a investi Le Rapport de Brodeck avec son dessin et son esprit, certes fidèle à Claudel mais empreint de sa liberté créatrice. L'auteur de Blast est une fois encore passé à autre chose, apportant tout son talent et sa fougue à ce rapport dont il a fait une nouvelle œuvre, entière et singulière.

Lire tout l'article sur ligneclaire.info en cliquant sur : Le Rapport de Brodeck, T1, L'autre, Dargaud, 22,50 €

 

01/03/2014

Blast, la fin d'un opéra du désespoir signé Larcenet

Blast, Dargaud, LarcenetDernier opus. Manu Larcenet ferme le ban. Blast, le tome 4, vient apporter son lot de doutes, de tristesse et de violence au destin de Polza. On avait fini par s'en faire un compagnon de route de cet improbable énergumène. Point final et définitif.

Un interrogatoire, deux flics qui veulent savoir et même comprendre, c'est plus rare. Polza raconte sa vie, sa course éperdue, ses malheurs et ses rares bonheurs depuis. Sur des centaines de pages. Pas de temps mort. Il y a a trop à dire. Il fait froid quand Polza rencontre Roland, un vrai givré, mais qui le  charme. Et Carole, la seule qui voudra de lui, l'énorme qui se bourre de barres chocolatées. Roland reluque les femmes et a un passé que Polza ne découvrira qu'un peu tard. Encore que lui aussi il y aurait à redire sur le sien de passé. Carole avoue. Polza se dévoile, se met à poil et les flics touchent au but.

Une infinie tristesse, un gouffre de peur, Manu Larcenet a écrit un opéra du désespoir. Opéra parce que le drame est terrible, bouleversant, et pourtant l'amour est inscrit au livret. Opéra parce que les actes vont crescendo et que le dernier ne peut être autre, d'Othello à Madame Buttefly. Larcenet observe au microscope l'esprit de Polza. Un risque à prendre, celui d'un psy qui pourrait être embarqué par son patient. Mélange des traits et des couleurs, des dessins d'enfants, terribles, des ombres et des contre-jours, une précision chirurgicale. Manu Larcenet dissèque et le vrai Polza apparaît. Impossible de sortir intact d'une telle balade, un très grand moment de littérature.

Blast tome 4, Pourvu que les bouddhistes se trompent, Dargaud, 22,90 €

10/04/2013

Le corps à corps de Pennac et Larcenet

Journal d'un corps, Pennac, Larcenet, FuturopolisUne oeuvre forte, humaine, qui émeut, parle, submerge et séduit, Le Journal d'un corps de Daniel Pennac est ce tout. Le talent de Pennac fait corps, facile bien sûr, avec ses mots, ses phrases, fait sourire ou pleurer. Le Journal d'un corps est illustré par Manu Larcenet. Ils devaient se rencontrer Pennac et Larcenet. 

Lire la suite sur ligneclaire.info : Journal d'un corps, Futuropolis Gallimard, 35 €

02/10/2012

Larcenet, un maître au talent pur

Larcenet, BlastC'est le grand oeuvre de Manu Larcenet. Avec Blast dont le tome 3 sort ces prochains jours on atteint la perfection tant on ne peut-être que touché, ému, bouleversé par l'écriture de Larcenet, son dessin, le destin de Polza Mancini dont on découvre une nouvelle tranche de vie. Et d'errance.

Mancini, le gros Mancini, est interrogé par deux flics. On sait que c'est vraisemblablement un meurtrier mais qu'elle a été sa vie, ses doutes, ses chagrins ? Avec La Tête la première, titre de ce tome 3, on apprend désormais qu'il a voulu s'éventrer, qu'il a été hospitalisé, qu'il a vécu dans des maisons innocupées. Qu'il a souffert l'innommable, qu'il a encore voulu mourir mais que Carole le sauvera par son amour. Et que tout finira mal ? Mélange habile de noir et blanc et de rares couleurs.

Mancini est une énigme que les deux flics aimerait bien résoudre. Mais seul Mancini détient sa propre clé. Et tout l'art de Larcenet est d'avoir su nous la faire désirer, nous embarquer témoins impuissants mais pris au piège de ce Blast qui nous soufflera définitivement dans le tome 4 qui sera le dernier? A voir. Blast, T3, La Tête la première, Dargaud, 22,90 €

22/04/2010

Manu Larcenet éclatant de poésie

BD GENS.jpgUn bouquin énorme, des portraits d'une page, tous illustrés. Manu Larcenet, peu de gens le savent, est un grand philosophe, fils naturel de Pierre Dac, Raymond Devos, Alphonse Allais, ou Guitry. Manu Larcenet écrit avec émotion et volonté, humour et tendresse ses pages ciselées qui viennent épauler des dessins qui, seuls, n'auraient pu parfois se défendre.Ou se comprdendre.

 Association des mots et du trait, chaque portrait est à savourer, déguster. Larcenet jongle avec les mots, les malaxe et nous les propose en douceur. Son recueil au dos toilé doit devenir le livre de chevet de tout honnête homme. "Peu de gens savent", Les Rêveurs, 28 €.

Jules Verne a aussi été enfant

BD VERNE.jpgEt si Jules Verne avait su, dès l'enfance, que son futur serait celui d'un grand écrivain marqué à jamais par le fantastique ? Deux auteurs espagnols, Jorge Gracia et Pedro Rodriguez, nous embarquent dans une série dont le jeune Jules Verne est le héros. A 10 ans, le petit Jules va découvrir, avec sa cousine et son frère, de bien curieuses pierres magiques, sur une île de la Seine, que garde un fantôme sympathique. Jules va accomplir un rituel avec les pierres qui risque de changer sa vie à jamais et lui fera même entrevoir son futur. Un dessin agréable, dans le ton de cette histoire étonnante et novatrice. "Les Aventures du jeune Jules Verne", Glénat, 9, 40 €.

 

14/12/2009

Le souffle du "Blast" de Larcenet est passé chez Sauramps à Montpellier

BD BLAST.jpgAprès "Le Retour à la Terre" ou "Le Combat ordinaire", Manu Larcenet a écrit "Blast". Il était samedi, à Montpellier Un bouquin énorme, dans tous les sens du terme, un pavé superbe, brillant, généreux, incontournable, Manu Larcenet a mis toute son âme et son talent dans Blast, son dernier album, une garde à vue en noir et blanc qui va se décliner en trois volumes. Et pour l'occasion, Manu Larcenet a été, samedi, l'invité d'une rencontre exceptionnelle organisée par Sauramps Polygone, à la médiathèque Federico-Fellini, et a dédicacé ensuite.

Mais qui est donc Polza Mancini que "cuisinent" deux flics ? Il est gros, très gros Polza et on l'interroge sur le sort d'une certaine Carole dont on ne saura pas plus pour l'instant mais à qui il a fait des misères graves. Pour le faire parler, il va falloir la manière. Pour cerner le personnage, les deux enquêteurs s'y prennent avec douceur et fermeté alternée. Quand Polza leur raconte son enfance, sa vie avec son père dont il aura à gérer les derniers instants, quand Polza leur décrit ce "blast" qui l'a soudainement frappé à la vue de son corps décharné tel le souffle coloré d'une bombe, ils savent que le fil qu'ils déroulent peut casser à tout moment. Et Larcenet le sait aussi, lui, qui est le quatrième personnage, l'auteur et témoin, de ce voyage au bout d'une vie anodine transformée en road-movie picaresque et angoissant avec pour destination finale l'Île de Pâques. Qui est le manipulateur ? Polza veut-il se raconter ou y est-il forcé par les deux flics ? Quel besoin a-t-il de mettre sur la table de la salle d'interrogatoire ses souvenirs, son absence de bonheur, lui, l'ancien critique gastronomique devenu clochard alcoolique qui se goinfre à en mourir de barres chocolatées ? Justification, explication, constat ? Et que va-t-on découvrir dans les albums à venir ?

Manu Larcenet a transformé sa façon de travailler. Plus de planches traditionnelles. Il les découpe case par case, travaillée une par une puis scannée et remontée sur écran. Des gris, des noirs à l'aquarelle, des couleurs ponctuelles quand le héros, Polza, a ses flashs. Manu Larcenet s'est investi totalement dans son Blast, a traduit ses propres angoisses, ses peurs, peut-être, dans le personnage du glouton Polza. Et la pire aussi, on s'en doute quand on connaît Manu Larcenet l'inquiet, le sentimental du Combat ordinaire, celle de savoir comment ses lecteurs allaient recevoir son travail. Il peut être rassuré. Blast est un chef-d'oeuvre à plus d'un titre. On y plonge avec lui en apnée, ébloui par son esthétisme, la poésie aussi du récit, du graphisme, sa tendresse et la puissance, bien sûr, inégalée de son souffle.