Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

26/01/2017

Bernard Cosey Grand Prix du 44e Festival d'Angoulême

Cosey, Grand PrixOsera-t-on dire, enfin ? Pourquoi pas, tant ce Grand Prix attribué à Cosey est juste. Avec un univers sans pareil, une finesse de trait envoûtante, un talent rare de conteur, de transcripteur d'ambiances, une pudeur et un sens de l'humour tout en nuances, Cosey a imprégné le 9e art de sa sagesse, de sa sérénité, à l'image de son Jonathan, héros sans l'être, si proche de son créateur. Bravo, c'est bien. Le choix de Cosey après celui d'Hermann montre que les autrices et auteurs savent ce que la BD doit à un maître de son envergure. Un dernier mot pour Manu Larcenet qui méritait et mérite d'être Grand Prix. L'an prochain peut-être ? Ce serait un vrai plaisir de plus et une reconnaissance très largement due. J-L. TRUC

(Photo: Cosey à Sérignan en 2016- JLT DR)

Lire tout le dossier sur ligneclaire.info : Cosey Grand Prix

18:25 Publié dans Actualité, Prix | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cosey, grand prix |  Facebook |

09/01/2013

Festival d'Angoulême : évolution et pas révolution dans la désignation du Grand Prix

Angoulême, Grand PrixOn le savait. Benoît Mouchart, directeur artistique du festival l'avait annoncé. Cette année, le festival d'Angoulême devait faire sa révolution car le Grand Prix, récompense incontournable, ne devait plus être désigné par le seul collège des anciens Grands Prix. C'est fait. Mais de façon consensuelle.

Pour tout savoir sur comment sera choisi le Grand Prix 2013 pour le 40e festival et la liste des nominés lire le dossier complet sur ligneclaire.info en cliquant sur le lien :

Angoulême, comment sera choisi le Grand Prix

 

01/02/2010

Baru enfin Grand Prix d'Angoulême

Un  vrai moment de bonheur que cette annonce de l'attribution à Baru du Grand Prix d'Angoulême. Talent, gentillesse, conviction, émotion, Baru a tout cela en lui mais aussi dans son oeuvre. Enfin dira t-on également car le prix lui avait échappé de peu l'an dernier. Mieux vaut tard que jamais et n'en parlons plus. On sait désormais que Angoulême aura en 2011 un superbe président. En espérant que les rumeurs sur l'avenir d'Angoulême se calment et que les politiques si frainds de faire de la figuration et de se montrer en ces périodes électorales aient bien pris la mesure du danger que pourrait courir une manifestation artistique unique en son genre. J-L.T

BD BARU.jpgBD Blutch laisse sa place à Baru, Grand Prix 2010 et futur président du prochain festival d'Angoulême Il avait manqué le podium d'une voix l'an dernier. En désignant, dimanche, en présence de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, Hervé Baru Grand Prix de la ville d'Angoulême 2010, les ex-titulaires du titre (ils forment le jury) ont non seulement récompensé un talent rare mais aussi mis un terme à ce que l'on aurait pu qualifier d'injustice tant sa nomination s'imposait.

Depuis ses débuts dans Pilote en 1982, Baru, né en 1947, n'a jamais cessé de nous prendre aux tripes, de nous émouvoir avec ses personnages et ses ambiances, sa passion de la vie, son dessin si gourmand au trait noir sur lequel la couleur sait aussi faire la fête. De son premier prix à Angoulême, en 1985, à celui du meilleur album, en 1996, avec l'Autoroute du soleil,", balade de copains en vadrouille vers le Sud, Baru avait accumulé les vrais bijoux. Dans , l'Enragé, il racontait le destin d'un boxeur qui ne voulait pas perdre son âme et, dans Pauvres Zhéros, son dernier album, il rassemblait sur fond très sombre un beau ramassis de vainqueurs qui faisait dans la dissimulation de cadavres.

Et ce n'est pas un hasard si, au détour de rencontres toujours chaleureuses dans les bulles du festival, Baru nous dévoilait le sujet de son prochain album, un hommage au cinéma de Lautner, celui des Tontons flingueurs et autres Barbouzes dont l'esprit et l'humour de Baru sont proches. Homme de coeur, Baru va à coup sûr être un président 2011 engagé dans une BD très ouverte et sans a priori. Comme le disait le dessinateur montpelliérain Guy Delisle : « Baru est le lien parfait entre auteurs anciens et modernes ».

Alors, ce festival est-il un sans-faute ? C'est vrai que cette édition 2010, après des inquiétudes sur son financement par la municipalité, a été bien ficelée. Une participation avec les 200 000 visiteurs franchis, des auteurs toujours plus nombreux, des éditeurs à peu près contents de leurs résultats et pas trop inquiets pour l'avenir, la BD a toujours le vent en poupe. Même si on peut discuter du palmarès (lire ci-dessous).

Meilleur album : "Pascal Brutal", la surprise

BD BRUTAL.jpgC'est un prix surprise que celui du meilleur album 2010 attribué au tome 3 (en plus) de la série de Riad Sattouf, Pascal Brutal (Fluide Glacial). Non que les aventures dans un futur proche ultra-libéral de ce héros en baskets et à gourmette en argent, un brin obsédé sexuel, ne vaille pas le détour mais on a un peu l'impression qu'il aura fallu satisfaire une fois encore la tendance nouvelle BD. Riad Sattouf a, cependant, un talent fou et s'est essayé, il y a peu au cinéma, une tendance très générationnelle. Son Pascal Brutal est atypique mais peut dérouter si ce n'est séduire.

On peut en dire autant pour le prix du Jury à Dungeon Quest de Joe Daly édité par l'Association. Bizarrement, le prix Regard sur le Monde a été, lui, attribué au superbe album de David Prudhomme Rébétiko (Futuroolis) qui, par contre, aurait mérité largement d'avoir le prix du meilleur album. De quoi finir par ne plus s'y retrouver et croire qu'il y a des années où on se demande quelle est la logique qui préside à ce palmarès d'Angoulême. Sur la cinquantaine d'albums en lice, d'autres choix étaient possibles, plus proches du public.

Le prix de la meilleure série est allé effectivement à un titre qui a fait ses preuves, les aventures du détective privé à Solex, Jérôme K. Jérôme Bloche, le tome 21 d'Alain Dodier chez Dupuis. Le prix de la Révélation récompense Rosalie Blum tome 3, curieux aussi que l'on puisse découvrir un auteur au bout de trois albums comme pour Sattouf. Bravo, par contre, à ce prix Intergénérations (appellation assez curieuse) qui met en vedette le duo Bonhomme au dessin et De Bonneval au scénario pour l'Esprit perdu (Dupuis). Rabaté, Fred Bernard, le duo Nury et Vallée, Larcenet avec Blast aurait eu leur place sans problèmes dans le palmarès. Heureusement que Baru a obtenu le Grand Prix de la Ville (lire ci-dessus) car sinon on aurait pu avoir finalement de vrais regrets.