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21/01/2016

Hâsib et la reine des serpents, David B. et les mille et une nuits

David B., Hâsib, GallimardChez David B, le dessin et le texte ont une saveur exquise. D'autant que cette fois il nous amène aux côtés de Shéhérazade et la Reine des serpents pour une adaptation des Mille et une nuits. Son héros, c'est Hâsib qui va hériter du sage Daniel et partir pour une quête qui le mènera auprès de la Reine des serpents. David B. a un côté enlumineur. Son trait vit au fil des ses images, fruit de son imagination et de son sens du récit. Conte et aventures se déclinent de concert, en finesse.

Lire aussi sur ligneclaire.info : Hâsib et la Reine des serpents, Gallimard, 19 €

05/02/2010

David B. livre son "Journal d'Italie" sensible et original

BD ITALIE.jpgIl est né à Nîmes par hasard comme il le dit lui-même. Dessinateur, scénariste de bande dessinée, David B. est un promeneur de l'imaginaire. En signant son Journal d'Italie (Delcourt) dont les pages dévoilent émotions et sensations, rêves et fantasmes, poésie et fantastique, il invite à l'accompagner de Trieste à Bologne.

Et c'est un voyage dont on ne peut revenir que sous le charme d'un garçon qui, en référence aux balades italiennes des auteurs du XVIIIe ou du XIXe siècles, cisèle ses textes, laisse son imagination s'emballer. « Je suis un amoureux de la culture italienne, de son cinéma, celui de Fellini ou Visconti, de sa littérature. La vie est différente en Italie. C'est peut-être lié à sa structure géographique, non ? » David B. sourit et enchaîne sur « ces histoires basées sur des notes très courtes ou des dessins qui me permettent d'avancer, de raconter. Je ne peux pas à chaque fois écrire un scénario. Je perdrais vraiment trop de temps ».

Le royaume des chats existe bien à Trieste, David B. l'a vu et le montre. Passionné de livres en particulier sur les gangsters, c'est Lucky Luciano qui s'impose à lui dans un bouquin trouvé dans une librairie de quartier. Il ne reste plus à David B. qu'à se laisser aller à une digression, à une improvisation : « Je ne voulais pas tenir un journal au jour le jour mais dire ce qui suscite mes réactions, mon imaginaire, montrer ce qui s'est passé dans ma tête. » On l'accompagne à Venise loin des clichés habituels. « Ma spontanéité est parfois apparente. En fait, je réfléchis beaucoup. J'aime les images qui ont un sens. » Et l'auteur de L'Ascension du Haul Mal, du Capitaine Ecarlate ou de l'écrasant Lecture des Ruines jongle avec le noir et blanc, souligne son trait, ponctue les angles par des pointes colorées. On est envoûté, lecteur accompagnateur d'un David B. magicien parfois ironique, toujours tendre.

Ce rêveur incorrigible sait avoir les pieds sur terre comme dans sa fresque de l'Italie fasciste des Chemins noirs. Ses voyages continueront vers l'Asie, la Chine et le Japon. Avec l'espace d'une étape en 200 pages pour un album qui traitera des rapports entre pays musulmans et Etats-Unis. En 1815 qui se souvient que les USA ont bombardé Tripoli en Libye pour protéger ses bateaux contre les pirates ? David B. va nous en raconter l'histoire.

Virtuel ou réel

BD DEDIC.jpgDe Montpellier, Igor Dedic est passé à Angoulême où il habite. Avec sa nouvelle série, c'est au fantastique qu'il s'ouvre mais avec humour et dessin flamboyant. Il raconte la confrontation d'un monde virtuel à celui plus noir qui s'abrite sous la terre après d'effroyables cataclysmes. « J'avais ce scénario en attente. Le ton est léger, l'action prédomine dans un monde à la Matrix. » Dedic signe « une comédie fantastique en deux albums. Polak le héros est dans un univers de parc d'attractions et va se libérer pour combattre le tyran qui l'y a mis ». Une aventure riche et mouvementée, à la Dedic. Genuine City T1, Vents d'Ouest ; 13 €.

Lutte majeure

BD LUTTE.jpgC'est une découverte, un album qui accroche, interpelle. En racontant la stupidité dérisoire d'un concert que Staline veut organiser dans un Léningrad assiégé par l'armée allemande, Céka et Boris sont écrasants de spontanéité. Sous forme de fiction animalière, ils mettent en place leurs personnages, ces musiciens de l'orchestre symphonique de Léningrad, tous en train de mourir de faim et qui pourtant vont jouer avec brio une symphonie de Chostakovitch. Unis par la force de leur foi en la musique, ils vont servir un dictateur mais surtout leur envie de liberté. Superbe. Lutte Majeure, KSTR Casterman ; 15 €.