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03/12/2017

Bug, le toujours très attendu Enki Bilal

Bilal, CastermanOn attend toujours un nouveau titre signé par Enki Bilal. Au tournant pour certains car il ne laisse jamais indifférent en particulier les médiocres sceptiques. Au passage pour ceux qui reconnaissent en lui un talent rare qui a insufflé au 9e art une vision qui dépasse le simple cadre des bulles mais ne veulent pas l'avouer. A la sortie pour ceux enfin qui curieux et amateurs de ses qualités de conteur, d'homme de pellicule sur papier, prennent plaisir à suivre Bilal sur ses chemins de traverse toujours renouvelés aussi bien graphiques que scénaristiques. Bug est son nouvel album, le premier d'une suite. Un big-bang informatique, plus de réseau, ni de mémoire vive, l'homme en est réduit à se souvenir et à faire jouer ses neurones. Si il lui en reste. Bilal serait-il le prophète de la fin annoncée d'un monde qui bégaye de plus en plus, le nôtre ? Bilal serait-il Philippulus ?

Lire tout l'article sur ligneclaire.info : Bug, Livre 1, Casterman, 18 €

13/09/2016

Enki Bilal s'expose chez Barbier et Mathon à Paris le 23 septembre avec Graphite in progress

Bilal, Barbier et MathonUne exposition Bilal ça s'annonce et surtout on se prépare à en apprécier tous les détails. C'est la galerie Barbier et Mathon à Paris qui reçoit Bilal du 23 septembre au 12 novembre prochain. Nom de l'exposition, Graphite in progress et donc du crayon pour cette nouvelle rencontre avec l'un des plus brillants et créatifs artistes contemporains. Pas d'album, pas de BD mais près de 250 crayonnés et esquisses sur calque de la main de Bilal accrochés aux cimaises de la galerie. On se rassure. Barbier et Mathon a fait un recueil de ces dessins édité par ses soins qu'il faudra surtout ne pas manquer.

Lire le dossier sur ligneclaire.info : Expo Bilal

 

21/12/2014

Les Plus belles histoires de Pilote, 1975-1979

Pilote 1975, Bilal, Mézières, Fred, DargaudDu beau monde au générique, cette super-production en technicolor a de que quoi faire rêver. Bilal, Mézières, Fred, Boucq, Gir, Greg, Druillet, le tout dans le désordre et avec des histoires courtes que l'on redécouvrent comme autant de compagnes de route, toujours aussi sympas et pimpantes, sans qu'elles n'aient pris une ride.

Lire tout l'article sur ligneclaire.info en cliquant sur : Les Plus belles histoires de Pilote, T3 1975-1979, Dargaud, 24,95 €

04/11/2014

La Couleur de l'air, avec Enki Bilal direction vers un futur d'espoir

Couleur de l'air, Bilal, CastermanEnki Bilal a, provisoirement, bouclé la boucle, celle du Coup de sang, la grosse colère de la nature qui commençait à en avoir ras le bol que les humains la martyrisent. Avec la Couleur de l'air, Bilal apporte un troisième et denier volet à sa trilogie. Animal'Z, Julia et Roem, la fable se termine après une fuite éperdue vers un terre promise où les couleurs vont enfin réapparaîtrent et les mémoires s'effacer, le tout avec humour et tendresse pour ce genre humain qui avait bien mérité ce sévère et tragique avertissement. Magistral.

Lire l'article complet sur ligneclaire.info en cliquant sur :La Couleur de l'air, Casterman, 18 €

08/03/2009

Enki Bilal : " l'écologie est le dernier vrai combat à mener "

Après sa tétralogie consacrée au drame yougoslave, Enki Bilal revient mercredi prochain avec un nouvel album, un western écologique, Animal'Z.

BD BILAL ANI.jpgL'écologie, un western, deux thèmes pour un album BD. Pourquoi ?
Ce n'est pas une tocade. L'état de la planète est une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. J'ai commencé à penser à cette histoire il y a plusieurs années et, vous savez, je suis persuadé que l'écologie est le seul vrai combat qui reste à mener. Quant au western, j'en aime la mécanique. J'ai revu les Sergio Leone récemment. On va d'un point à un autre avec des personnages romantiques qui s'associent ou s'affrontent. Mais qui sont toujours au bord du gouffre. J'ai associé mes deux passions.

Animal'Z, c'est un titre curieux et une des clés de l'album ?
Animal, humain, le titre s'est imposé tout seul. Comme les hybrides humains ou dauphins que j'ai inventés, voire ce cheval-zèbre (sourire). Très rapidement l'idée de cobaye m'est venue avec un pack qui permettrait à l'homme de se transformer et d'acquérir des capacités étonnantes.
Aujourd'hui, c'est l'animal qui est le cobaye de l'homme.

Vous revenez au dessin après douze ans de peinture. Une envie irrésistible ?
Pire. Une vraie thérapie tant je voulais retrouver le dessin dans sa simplicité. J'en avais marre. J'avais besoin du crayon, de ce papier que j'ai choisi spécialement pour dessiner l'album. J'ai travaillé pendant douze ans sur la tétralogie du "Sommeil du Monstre" avec des tubes de peinture, des pinceaux. Je ne pouvais plus continuer à compliquer mon travail.

BD BILAL ANI2.jpgDans "Animal'Z" (Casterman), vous ouvrez par un prologue très bref. Finalement, on prend vos personnages en cours de route.
Absolument. Je pars de ce que j'ai appelé le coup de sang, un dérèglement climatique brutal. Il reste un Eldorado quelque part. Mes personnages sont en chemin un peu comme une caravane vers la Californie mythique de la conquête de l'Ouest. Je n'ai pas voulu affronter de front cet Eldorado, le montrer.

Donc il y aura une suite ?
Cet album est unique. Mais j'ai effectivement envie d'explorer la quête menée par mes héros qui ont, à la fin de l'album, formé des couples. Je ne suis peut-être pas obligé de les garder eux. Je n'ai pris que l'eau comme élément pour cet album. Il y en a d'autres.
Avec "Animal'Z" je fais une pause, c'est une respiration, un retour aux sources.

Et le cinéma ?
Rien de précis. Mon dernier film a bien marché avec un million d'entrées. Pour le prochain festival d'Aix-en-Provence les 4 et 5 avril, où j'irai, je vais proposer un spectacle basé sur une compilation de mes films illustrée par une improvisation musicale en direct. Une autre forme d'art.

19/02/2009

Bilal avec Animal'z : un plaidoyer somptueux

Il y a deux ans, à la sortie de Quatre ? Enki Bilal avait déjà en tête un scénario avec pour thème l’écologie selon lui « le seul vrai combat qui reste à mener ». Il a su aller jusqu’au bout de son envie. En signant les 100 superbes pages d’Animal’z Bilal a fait pris avec force et talent la défense de la planète dont il nous disait déjà au début des années 2000 que « l’état dégradée de notre Terre était une épée de Damoclès qui se balance en permanence au dessus de nos têtes ». Bilal a aussi emprunté une nouvelle piste graphique, rompant volontairement avec ses précédents albums. Il ouvre un autre registre, une autre période qui durera selon son inspiration le temps de cette album ou plus.

 

BD ANIMALZ.jpgC’est sur les flots bleus gris de la Méditerranée que s’ouvre le rideau de cette aventure. Elle a pour toile de fond une planète à l’agonie, la nôtre. Tempêtes, tsunamis, froid, un dérèglement climatique a dévasté la Terre. La nature en colère a fait payer le prix fort aux hommes, celui de la fin d’une civilisation basée sur le gaspillage et le pillage des ressources. L’eau potable est le bien le plus précieux que l’on ne trouve désormais que dans quelques rares havres de paix préservés mais difficilement accessibles. Pour tenter d’y parvenir il ne reste que la mer sur des bateaux en mauvais état vers un détroit, un passage, le D17.

 

C’est une poignée de survivants en route pour la terre promise qu’a rassemblé Bilal. Un périple sans retour possible pour Bacon, Lester Outside, Ana, Kim, son père Ferdinand Owles créateur des hybrides et sa mère Louise. Bacon est donc l’un de ces hybrides capable de se métamorphoser en dauphins tout en gardant leur conscience humaine. Un aller retour de l’homme à l’animal possible dans les deux sens. Un « animal’z » comme Kim que son père a pris comme cobaye, un bien curieux docteur ce Owles, savant fou ou génie précurseur.

 

Sur leur route maritime puis glacée, sur des icebergs qui fondent il y aura ces monstres que la rupture climatique a engendré. Ils ont perdu tout repères sociaux ou moraux, cannibales qui dévorent le voyageur égaré, une métaphore de l’ogre que peut devenir l’homme. Il y aura aussi un cavalier monté sur son cheval-zèbre, un pale rider à long manteau. Il manie la citation avec autant de précision que son revolver. Et une baleine, mammifère marin qui reconnaîtra en cette poignée d’humains de possibles interlocuteurs, des survivants qu’il faut épargner.

 

Avec un ton très pictural Bilal cadre simplement son action. On parlera peut-être de western écologique. Ce serait réducteur. Bilal scande son discours par des péripéties multiples où pointe l’humour. Quant au dessin il est tout simplement beau. Cases larges, nuances des gris, décors sobres et précis, expression des corps et humanité des visages, Bilal a écrit une œuvre prenante, émouvante, intelligente. Son message est clair. La nature reprend le dessus, joue avec les humains qui devront négocier s’ils ne veulent pas disparaître. A moins qu’il ne soit déjà trop tard.  « Animal’z » /Enki Bilal/ Casterman