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23/08/2016

Festival BD de Solliès-Ville du 26 au 28 août et Baru invité d'honneur

Baru, Soliès VilleHervé Baru, Grand Prix d'Angoulême 2010, avec lequel l'auteur de ses lignes a été membre de son jury du festival en 2011, en sera l'invité d'honneur. Une grande expo d'une cinquantaine d'originaux lui sera consacrée au Musée du Moulin.

Lire le dossier sur ligneclaire.info : Festival Soliès-Ville 2016

07/12/2013

Le Silence de Lounès, le poids des mots oubliés

Le Silence de Lounès, Csaterman, BaruUne histoire de destins et d'amitié, celle de deux immigrés, un Italien et un Algérien. Le Silence de Lounès est raconté par Baru et dessiné par Pierre Place, le parcours parfois complexe d'un homme qui ne sait plus où est sa vraie place. Avec en toile de fond la guerre d'Algérie.

Lire l'article complet sur ligneclaire.info en cliquant sur : Le Silence de Lounès, Casterman, 18 €

23/04/2013

Canicule, Baru adapte Vautrin

Canicule, baru, vautrinDu noir, très noir et sans états d'âme le nouveau Baru. Baru a mis Canicule de Vautrin en images et ça dégage dans le style polar campagnard sanglant. Au départ une cavale (on a vu le film de Boisset dont les dialogues étaient signés Audiard), celle d'un truand look classe, à la Bogart, et valise bourrée de fric.

La suite c'est sur le site ligneclaire.info : Canicule, Casterman, 18 €


23/09/2010

Baru : un album qui aurait plu à Audiard

BD BASSES.jpgEn famille, une belle histoire à la Baru il nous raconte dans ce nouvel album celle d'une bande de potes truands sur le retour mais doués qui se laissent embarquer dans un coup tordu pour le fric.

On sent toute l'affection de Baru, Grand Prix d'Angoulême 2010 (notre photo, et prochain président de l'édition 2011), pour le cinéma des années soixante. Ses héros pourraient avoir la tête des barbouzes d'Audiard revues et corrigées façon XXIe siècle, la touche sociale en prime. Les papies font dans l'ouverture et le grand coeur. C'est ce qui est aussi la force de Baru de savoir mélanger et doser les genres. Le dessin est savoureux, le rythme bien calé.

BD BARU.jpgLes séxas de ce polar vont faire la nique à la nouvelle génération, flingueurs et sans parole. Gaby, Paul, Fabio, un trio d'enfer sous le crayon toujours aussi inspiré de Baru.

Une belle affaire d'hommes, d'embrouilles et de coeur, bardée d'humour et de cousp de flingues qui dégomment des malfaisants Fais péter les basses Bruno !, Futuropolis ; 20 €.

20/08/2010

Solliès-Ville, la Rolls des festivals BD du sud de la France

BD Sollies2010.JPGC'est un peu la Rolls des festivals. Au moins pour le sud de la France et en particulier depuis la disparition du festival de Vaison-la-Romaine. A Solliès-Ville dans le Var, pendant trois jours les 27, 28 et 29 août, c'est un plateau superbe qu'ont rassemblé les organisateurs.

Les invités d'honneur ne sont pas moins que Art Spiegelman et son épouse Françoise Mouly directrice artistique du New Yorker. A leus côtés une cinquantaine d'auteurs. Et attention on s'accroche bien aux bras du fauteuil : Baru Grand Prix Angoulême 2010 (photo du bas), Loustal, Berberian, André Juillard, Lorenzo Mattotti, Margerin, Gibrat, Cosey, Marini, Lax, Jean-Claude Denis, Dany seront de la fête.

 

BD BARU.jpgEt on en rajoute d'Arleston à Tarquin, Olivier Berlion, Coutelis, Crisse, Keramidas, Emmanuel Lepage, Lacaf, Matthieu Lauffray, Meynet, Smudja, Tarquin, Claire Wendling et d'autres encore. Des détails sur Solliès ? Il vous suffit de taper  www.festivalbd.com ou alien@wanadoo.fr

21/04/2010

Jean-Claude Denis nous embarque avec bonheur pour Matha

C'est toujours un plaisir que de découvrir un nouvel album de Jean-Claude Denis. Avec douceur, tendresse et poésie il sait nous parler de la vie, de la notre ou de la sienne, de ses héros qui nous ressemblent tant. Cette fois avec Tous à Matha (Futuropolis, 16 E) Denis nous fait suivre le destin amoureux d'Antoine, seize ans en 1967, qui part en camping à Oléron pour suivre celle qu'il croit aimer.

BD MATHA.jpgIl y a les copains, la mob, la guitare dans les dunes et le groupe avec lequel Antoine fait du rock, cette musique de sauvages pour ses parents. Antoine découvre la liberté alors qu'elle lui est interdite en cette veille de 1968. Mais ce n'est pas un révolutionnaire Antoine, c'est un adolescent comme un autre qui s'ouvre à la vie. Denis est merveilleux, chaleureux comme son copain Baru. Peut-être parce que c'est une génaration qui a eu une belle jeunesse, celle des enfants de l'après-guerre.

Nostalgie mais pas seulement, Denis dessine, trace ses portraits avec brio. On avait adoré Quelques mois à l'Amélie et son couple improbable. Nouvelles du monde invisible avait été un autre sommet. Tous à Matha s'inscrit dans la lignée euphorisante de l'oeuvre de Denis.

01/02/2010

Baru enfin Grand Prix d'Angoulême

Un  vrai moment de bonheur que cette annonce de l'attribution à Baru du Grand Prix d'Angoulême. Talent, gentillesse, conviction, émotion, Baru a tout cela en lui mais aussi dans son oeuvre. Enfin dira t-on également car le prix lui avait échappé de peu l'an dernier. Mieux vaut tard que jamais et n'en parlons plus. On sait désormais que Angoulême aura en 2011 un superbe président. En espérant que les rumeurs sur l'avenir d'Angoulême se calment et que les politiques si frainds de faire de la figuration et de se montrer en ces périodes électorales aient bien pris la mesure du danger que pourrait courir une manifestation artistique unique en son genre. J-L.T

BD BARU.jpgBD Blutch laisse sa place à Baru, Grand Prix 2010 et futur président du prochain festival d'Angoulême Il avait manqué le podium d'une voix l'an dernier. En désignant, dimanche, en présence de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, Hervé Baru Grand Prix de la ville d'Angoulême 2010, les ex-titulaires du titre (ils forment le jury) ont non seulement récompensé un talent rare mais aussi mis un terme à ce que l'on aurait pu qualifier d'injustice tant sa nomination s'imposait.

Depuis ses débuts dans Pilote en 1982, Baru, né en 1947, n'a jamais cessé de nous prendre aux tripes, de nous émouvoir avec ses personnages et ses ambiances, sa passion de la vie, son dessin si gourmand au trait noir sur lequel la couleur sait aussi faire la fête. De son premier prix à Angoulême, en 1985, à celui du meilleur album, en 1996, avec l'Autoroute du soleil,", balade de copains en vadrouille vers le Sud, Baru avait accumulé les vrais bijoux. Dans , l'Enragé, il racontait le destin d'un boxeur qui ne voulait pas perdre son âme et, dans Pauvres Zhéros, son dernier album, il rassemblait sur fond très sombre un beau ramassis de vainqueurs qui faisait dans la dissimulation de cadavres.

Et ce n'est pas un hasard si, au détour de rencontres toujours chaleureuses dans les bulles du festival, Baru nous dévoilait le sujet de son prochain album, un hommage au cinéma de Lautner, celui des Tontons flingueurs et autres Barbouzes dont l'esprit et l'humour de Baru sont proches. Homme de coeur, Baru va à coup sûr être un président 2011 engagé dans une BD très ouverte et sans a priori. Comme le disait le dessinateur montpelliérain Guy Delisle : « Baru est le lien parfait entre auteurs anciens et modernes ».

Alors, ce festival est-il un sans-faute ? C'est vrai que cette édition 2010, après des inquiétudes sur son financement par la municipalité, a été bien ficelée. Une participation avec les 200 000 visiteurs franchis, des auteurs toujours plus nombreux, des éditeurs à peu près contents de leurs résultats et pas trop inquiets pour l'avenir, la BD a toujours le vent en poupe. Même si on peut discuter du palmarès (lire ci-dessous).

Meilleur album : "Pascal Brutal", la surprise

BD BRUTAL.jpgC'est un prix surprise que celui du meilleur album 2010 attribué au tome 3 (en plus) de la série de Riad Sattouf, Pascal Brutal (Fluide Glacial). Non que les aventures dans un futur proche ultra-libéral de ce héros en baskets et à gourmette en argent, un brin obsédé sexuel, ne vaille pas le détour mais on a un peu l'impression qu'il aura fallu satisfaire une fois encore la tendance nouvelle BD. Riad Sattouf a, cependant, un talent fou et s'est essayé, il y a peu au cinéma, une tendance très générationnelle. Son Pascal Brutal est atypique mais peut dérouter si ce n'est séduire.

On peut en dire autant pour le prix du Jury à Dungeon Quest de Joe Daly édité par l'Association. Bizarrement, le prix Regard sur le Monde a été, lui, attribué au superbe album de David Prudhomme Rébétiko (Futuroolis) qui, par contre, aurait mérité largement d'avoir le prix du meilleur album. De quoi finir par ne plus s'y retrouver et croire qu'il y a des années où on se demande quelle est la logique qui préside à ce palmarès d'Angoulême. Sur la cinquantaine d'albums en lice, d'autres choix étaient possibles, plus proches du public.

Le prix de la meilleure série est allé effectivement à un titre qui a fait ses preuves, les aventures du détective privé à Solex, Jérôme K. Jérôme Bloche, le tome 21 d'Alain Dodier chez Dupuis. Le prix de la Révélation récompense Rosalie Blum tome 3, curieux aussi que l'on puisse découvrir un auteur au bout de trois albums comme pour Sattouf. Bravo, par contre, à ce prix Intergénérations (appellation assez curieuse) qui met en vedette le duo Bonhomme au dessin et De Bonneval au scénario pour l'Esprit perdu (Dupuis). Rabaté, Fred Bernard, le duo Nury et Vallée, Larcenet avec Blast aurait eu leur place sans problèmes dans le palmarès. Heureusement que Baru a obtenu le Grand Prix de la Ville (lire ci-dessus) car sinon on aurait pu avoir finalement de vrais regrets.

03/02/2009

Carton plein pour Blutch, Grand Prix à Angoulême : autosatisfaction générale

Retour sur un Grand Prix

Dommage pour Baru qui était à juste titre déçu de ne pas avoir le Grand Prix. Dommage aussi qu'on ait un peu l'impression que les clans se reforment. Dommage enfin que l'alternance ne soit pas de mode. Beaucoup de grands auteurs dont Baru, Binet ou Cosey (Hermann bien sûr) méritent de l'être mais il y a les petits jeunes (qui le sont de moins en moins en fait) et qui poussent derrière ne jurant que par une BD d'auteurs loin souvent du grand public.

Cette édition d'Angoulême au demeurant conviviale a montré une fois encore que ce clivage existe. Il ne faudrait pas que le Festival devienne une chasse gardée. La BD ne doit faite qu'une. Le public se moque absolument des chapelles élitistes. Seul son plaisir et son enthousiasme de lecteur comptent.

En direct d'Angoulême En attribuant hier son Grand Prix 2009 au dessinateur Blutch, le jury du Festival de la BD, composé exclusivement d'ex-lauréats a marqué une volonté de transition. Désormais on sait que les anciens, de Cestac à Margerin, Boucq, Juillard ou Fred doivent compter de plus en plus avec les jeunes Turcs menés par des auteurs comme Trondheim, Dupuy et Berberian, le duo talentueux qui présidait cette année le festival. La lutte a été chaude. Un score au finish entre Blutch, le vainqueur, et son challenger Baru que l'on donnait aussi comme possible gagnant.

Amusant de constater que ces deux noms circulaient depuis plusieurs jours avec insistance comme prétendants potentiels. Blutch l'a emporté sur le fil avec, semble-t-il, l'apport de la voix prépondérante de la présidence. On aura des regrets certains que Baru, une fois encore, soit passé si près du Grand Prix. Son dernier album Pauvres Zhéros est un modèle du genre.

BD BLUTCH.jpgPar contre rien à dire sur le choix le choix de Blutch, 41 ans, l'auteur prolifique de C'était le bonheur (Futuropolis) et de Le petit Christian (L'Association), dont le tome 2 a été aussi primé parmi les Essentiels 2009 hier soir. Il y raconte son enfance qui selon lui « n'a rien eu de spectaculaire ou de dramatique. C'est plus une impression que j'ai gardée, peut-être qu'on a besoin de retenir ces moments-là. Tout n'est pas obligatoirement vrai dans mon récit. Mais la vérité je ne sais pas ce que c'est. La sincérité peut-être. Je dessine mes souvenirs », a souligné le dessinateur. Sur scène hier soir à l'annonce de sa nomination comme Grand Prix de la ville et président 2010, Blutch a salué son public par un « Je vous ai compris » souriant. Blutch, c'est aussi un énorme travail graphique, inventif, un auteur tendre et ouvert sur les autres. Sa présidence marquera sûrement l'histoire du festival.

Pour les albums, Pinocchio de Winshluss édité aux Requins Marteaux reçoit le Fauve d'Or du meilleur album. Viennent ensuite parmi les cinq essentiels trois titres dont Midi Libre avait pressenti le succès : Spirou, journal d'un ingénu d'Émile Bravo qui a annoncé hier soir qu'il préparait la suite (Dupuis), Martha Jane Cannary de Blanchin et Perrissin (Futuropolis), Lulu femme nue de Davodeau (Futuropolis). Tamara Drewe de Posy Simmonds (Denoël) complète la liste avec le Blutch cité plus haut. On finira par le prix du Patrimoine attribué à Opération Mort de Mizuki chez Cornélius et le prix Révélation très mérité au jeune Bastien Vivés pour Le Goût du chlore (Casterman).

Bilan positif, autosatisfaction générale des organisateurs, équilibre à peu près maintenu entre BD grand public et spécialisée, l'anniversaire des 50 ans de Boule et Bill, ce 36e festival d'Angoulême aura été celui du consensus.

Angoulême fait le plein de bande dessinée et tente d'oublier la crise

BD ANGOUL.jpgPour ses 36 ans, le festival d'Angoulême affiche une bonne santé insolente. Tous les éditeurs ont fait le déplacement malgré la grève de jeudi dernier qui a perturbé l'arrivée des auteurs jusqu'à la Mecque de la BD. Côté public, la foule des grands jours était aussi présente. Des milliers de fans ont envahi les rues de la ville, plus nombreux qu'en 2008.

Après le Prix jeunesse attribué à Joann Sfar pour son adaptation du Petit Prince, c'est aujourd'hui que seront connus non seulement le Grand Prix de la ville, futur président de l'édition 2010, mais surtout les cinq albums "indispensables" parmi une sélection de 56 titres. Dans les titres nominés, on retient le tome V de la série Max Fridman (Glénat) signée par Vittorio Giardino, auteur phare qui a accepté de venir au prochain festival de Sérignan près de Béziers en mai prochain. « Il faut savoir défendre son bébé, d'où ma présence à Angoulême ». Giardino a choisi la guerre d'Espagne comme cadre des dernières aventures de son héros au moment même où on commémore l'anniversaire de la Retirada des républicains vers la France par les P-O en 1939.

BDFRIDMAN.jpgAutre titre nominé, celui de Baru Pauvres Zhéros (Casterman) adapté d'un roman noir de Pelot. « La chronique d'un monde d'enfermement social et moral. Je suis allé jusqu'au bout du pessimisme ». Baru qui fait partie des "possibles" Grand Prix a une vision moins optimiste que celle qui prévaut ici quant à la faculté de la BD de ne pas être trop touchée par la crise. « C'est un mystère qu'avec autant d'albums publiés on ne finisse pas par en faire les frais, nous, les auteurs. Ce sont les ventes de mangas en France qui apportent de l'oxygène à la BD ».

Car de l'avis de tous, la BD est encore dans sa bulle, celle qui la protège au moins provisoirement de la crise. Des ventes en augmentation pour 2008 à plus 10 %, des poids lourds qui assurent la trésorerie, des lecteurs qui aiment la BD (un album vaut en moyenne 12 €), on se félicite en restant prudent. L'effet retard de la crise pourrait bien se faire sentir fin 2009 avec une diminution des ventes pour les nouvelles séries. Pourtant, les chiffres de ce mois de janvier sont aussi bons que ceux de 2008. Alors, la BD miraculée ? Pour l'instant, elle fait la fête en espérant ne pas se réveiller un matin avec la gueule de bois.