08.03.2009

Enki Bilal : " l'écologie est le dernier vrai combat à mener "

Après sa tétralogie consacrée au drame yougoslave, Enki Bilal revient mercredi prochain avec un nouvel album, un western écologique, Animal'Z.

BD BILAL ANI.jpgL'écologie, un western, deux thèmes pour un album BD. Pourquoi ?
Ce n'est pas une tocade. L'état de la planète est une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. J'ai commencé à penser à cette histoire il y a plusieurs années et, vous savez, je suis persuadé que l'écologie est le seul vrai combat qui reste à mener. Quant au western, j'en aime la mécanique. J'ai revu les Sergio Leone récemment. On va d'un point à un autre avec des personnages romantiques qui s'associent ou s'affrontent. Mais qui sont toujours au bord du gouffre. J'ai associé mes deux passions.

Animal'Z, c'est un titre curieux et une des clés de l'album ?
Animal, humain, le titre s'est imposé tout seul. Comme les hybrides humains ou dauphins que j'ai inventés, voire ce cheval-zèbre (sourire). Très rapidement l'idée de cobaye m'est venue avec un pack qui permettrait à l'homme de se transformer et d'acquérir des capacités étonnantes.
Aujourd'hui, c'est l'animal qui est le cobaye de l'homme.

Vous revenez au dessin après douze ans de peinture. Une envie irrésistible ?
Pire. Une vraie thérapie tant je voulais retrouver le dessin dans sa simplicité. J'en avais marre. J'avais besoin du crayon, de ce papier que j'ai choisi spécialement pour dessiner l'album. J'ai travaillé pendant douze ans sur la tétralogie du "Sommeil du Monstre" avec des tubes de peinture, des pinceaux. Je ne pouvais plus continuer à compliquer mon travail.

BD BILAL ANI2.jpgDans "Animal'Z" (Casterman), vous ouvrez par un prologue très bref. Finalement, on prend vos personnages en cours de route.
Absolument. Je pars de ce que j'ai appelé le coup de sang, un dérèglement climatique brutal. Il reste un Eldorado quelque part. Mes personnages sont en chemin un peu comme une caravane vers la Californie mythique de la conquête de l'Ouest. Je n'ai pas voulu affronter de front cet Eldorado, le montrer.

Donc il y aura une suite ?
Cet album est unique. Mais j'ai effectivement envie d'explorer la quête menée par mes héros qui ont, à la fin de l'album, formé des couples. Je ne suis peut-être pas obligé de les garder eux. Je n'ai pris que l'eau comme élément pour cet album. Il y en a d'autres.
Avec "Animal'Z" je fais une pause, c'est une respiration, un retour aux sources.

Et le cinéma ?
Rien de précis. Mon dernier film a bien marché avec un million d'entrées. Pour le prochain festival d'Aix-en-Provence les 4 et 5 avril, où j'irai, je vais proposer un spectacle basé sur une compilation de mes films illustrée par une improvisation musicale en direct. Une autre forme d'art.

26.02.2009

Des contes à faire frémir de bonheur

Il était une fois, formule traditionnelle qui engage le lecteur vers le conte, un genre qui charme, fait sourire ou très peur. Cette fois avec deux albums on va se fait de joyeuses frayeurs. Sorcières et petit monde des elfes pas gentils sont au rendez-vous. Pour de délicieux frissons.

BD VEILLEE.jpgCommençons avec ce jeune étudiant qui doit veiller la fille d'un riche seigneur dans une Russie encore moyenâgeuse. Dans Veillée funèbre (Delcourt, 12,90 €) Jérome Lereculey apporte avec son dessin clair et réaliste toute la vigueur et le charme nécessaire, la violence aussi, au texte de Martine Müller. L'étudiant philosophe a réussi à chevaucher une sorcière qui va se transformer pour son malheur en belle jeune fille capable pourtant des pires horreurs. Il saura pourtant s'entourer d'un cercle magique le jeune philosophe, mais sera-t-il capable de tenir pendant les trois nuits fatidiques qui devraient rompre le maléfice ? Angoisse totale.

BD TENEBRES.jpgTout autant ambiguë Jolies Ténèbres (Dupuis, 15,50 €) une adaptation très personnelle d'Alice au pays des merveilles que Vehlmann, l'un des meilleurs scénaristes actuels, a écrite avec Pommepuy pour Karascoët. Le corps d'une petite fille repose inanimé dans l'herbe. Tout un petit monde s'agite autour du corps. Aurore, Hector, Plim, Timothée, ils ne sont pas tous très gentils. Ils tueront la petite souris et couperont les ailes du moineau. Fable cruelle sur le jeu enfantin, la douce Aurore va vite comprendre que la vie peut être compliquée et pas tendre. Un regard inattendu et un album touchant.

Une belle vengeance

BD NEUF.jpgUne belle et jeune tueuse à gages a pour cible le chef d'un gang tout puissant. Son contrat se nomme Hsu Yin, une femme. L'association pour laquelle travaille Xiao Wei, Les neuf Tigres, a commandité sa mort. Mais sans savoir que derrière le contrat se cache une entourloupe de première. Avec beaucoup de savoir-faire Vatine et Jian Yi au dessin tracent les courbes attrayantes d'une nouvelle série.

Un dessin nerveux et riche, une héroïne qui a du chien et une histoire de vengeance bien ficelée, on peut penser que ce premier volume présage bien de la suite. 9 Tigres, T1 Xiao Wei, Delcourt ; 12,50 €.

Un bien brave docteur

BD PETIOT.jpgIl restera l'un des plus grands criminels de tous les temps. Le brave docteur Petiot avait comme Landru une passion pour la crémation. Dans l'album que lui consacre dans la série Assassins Puchol et Rodolphe, on prend toute la dimension d'un homme qui dès le début de sa carrière n'a pas hésité à éliminer ses opposants par tous les moyens. Pendant l'Occupation Petiot, sous prétexte d'aider les familles juives à échapper aux nazis, les assassinait. Il avait réussi à se faire passer pour résistant et ses victimes pour des collaborateurs. Un parcours terrible rendu dans le détail. Le Docteur Petiot, Casterman ; 9,90 €.

19.02.2009

Bilal avec Animal'z : un plaidoyer somptueux

Il y a deux ans, à la sortie de Quatre ? Enki Bilal avait déjà en tête un scénario avec pour thème l’écologie selon lui « le seul vrai combat qui reste à mener ». Il a su aller jusqu’au bout de son envie. En signant les 100 superbes pages d’Animal’z Bilal a fait pris avec force et talent la défense de la planète dont il nous disait déjà au début des années 2000 que « l’état dégradée de notre Terre était une épée de Damoclès qui se balance en permanence au dessus de nos têtes ». Bilal a aussi emprunté une nouvelle piste graphique, rompant volontairement avec ses précédents albums. Il ouvre un autre registre, une autre période qui durera selon son inspiration le temps de cette album ou plus.

 

BD ANIMALZ.jpgC’est sur les flots bleus gris de la Méditerranée que s’ouvre le rideau de cette aventure. Elle a pour toile de fond une planète à l’agonie, la nôtre. Tempêtes, tsunamis, froid, un dérèglement climatique a dévasté la Terre. La nature en colère a fait payer le prix fort aux hommes, celui de la fin d’une civilisation basée sur le gaspillage et le pillage des ressources. L’eau potable est le bien le plus précieux que l’on ne trouve désormais que dans quelques rares havres de paix préservés mais difficilement accessibles. Pour tenter d’y parvenir il ne reste que la mer sur des bateaux en mauvais état vers un détroit, un passage, le D17.

 

C’est une poignée de survivants en route pour la terre promise qu’a rassemblé Bilal. Un périple sans retour possible pour Bacon, Lester Outside, Ana, Kim, son père Ferdinand Owles créateur des hybrides et sa mère Louise. Bacon est donc l’un de ces hybrides capable de se métamorphoser en dauphins tout en gardant leur conscience humaine. Un aller retour de l’homme à l’animal possible dans les deux sens. Un « animal’z » comme Kim que son père a pris comme cobaye, un bien curieux docteur ce Owles, savant fou ou génie précurseur.

 

Sur leur route maritime puis glacée, sur des icebergs qui fondent il y aura ces monstres que la rupture climatique a engendré. Ils ont perdu tout repères sociaux ou moraux, cannibales qui dévorent le voyageur égaré, une métaphore de l’ogre que peut devenir l’homme. Il y aura aussi un cavalier monté sur son cheval-zèbre, un pale rider à long manteau. Il manie la citation avec autant de précision que son revolver. Et une baleine, mammifère marin qui reconnaîtra en cette poignée d’humains de possibles interlocuteurs, des survivants qu’il faut épargner.

 

Avec un ton très pictural Bilal cadre simplement son action. On parlera peut-être de western écologique. Ce serait réducteur. Bilal scande son discours par des péripéties multiples où pointe l’humour. Quant au dessin il est tout simplement beau. Cases larges, nuances des gris, décors sobres et précis, expression des corps et humanité des visages, Bilal a écrit une œuvre prenante, émouvante, intelligente. Son message est clair. La nature reprend le dessus, joue avec les humains qui devront négocier s’ils ne veulent pas disparaître. A moins qu’il ne soit déjà trop tard.  « Animal’z » /Enki Bilal/ Casterman

11.11.2008

Putain de guerre : Tardi : « Des gamins de 20 ans la trouille au ventre »

Jacques Tardi est le créateur d'« Adèle Blanc-Sec » et a adapté en BD « Manchette et Léo Malet ». Il publie « Putain de guerre » (Casterman), chronique sans concession et très documentée de 14-18

BD PUTAIN.jpgPourquoi Tardi et la Grande Guerre sont-ils devenus indissociables ?

Curieusement, le premier scénario que j'ai proposé en 1972 à Goscinny parlait déjà de la guerre de 14. Il a refusé parce qu'à ses yeux on allait parler d'anciens combattants, de gens âgés. Une sorte de déformation accentuée par la période Vichy. Mais c'est mon enfance ponctuée par les récits sur la guerre de mon grand-père qui a été le déclic.

 

Aujourd'hui on peut parler autrement de ce conflit ?

Oui, car avec la mort du dernier survivant français centenaire, on est revenu à une image de combattants juvéniles pris au piège dans une boucherie sans nom. On peut désormais essayer, même si c'est difficile, de se mettre à la place d'un gamin de vingt ans la trouille au ventre.Un type souvent lucide comme mon héros, qui comprend vite qu'il est mal barré même si au départ il s'imagine que la guerre ne va durer que trois mois. C'était une armée de paysans déguisés en soldats.

 

BD PUTAIN 2.jpgAlors comment expliquer que ces millions d'hommes aient tenu quatre ans dans des souffrances atroces ?

Il y avait la notion de revanche inculquée depuis la défaite de 1870 par les instituteurs comme par l'Eglise, d'où le patriotisme qui a généré cet immense mouvement de foule. Et puis il y aura les copains du front, une solidarité authentique. Les motivations sont très différentes selon chacun. Enfin, ils sont allés au bout de l'horreur avec l'insensibilité que cela a produit. Il y a eu aussi en 1917 ce que l'on appelle les mutineries, qui étaient en fait le refus de remonter au front se faire tuer inutilement. Je me suis interrogé. Qu'est-ce que moi j'aurais fait à leur place ? J'ai beaucoup de compassion pour ces hommes.

Vous avez travaillé avec Jean-Pierre Verney, un historien.

Verney a une documentation très poussée sur le conflit. Il me donnait les dates clés, les grands événements de chaque année de guerre. Le défi a été de raconter en quinze pages par année de 1914 à 1919 l'essentiel, une histoire tout simplement. Et toujours à travers le regard d'un seul homme qui n'a pas toutes les données de ce dont il est le héros malgré lui. Il va subir comme ses camarades et n'être qu'un pion dans cette boucherie incroyable.

Futur probable

BD HOME.jpgIl y a de quoi avoir peur. En signant cette recherche éperdue d'un monde lointain sur lequel la vie est possible Oscar Herrero et Parrondo au dessin jouent la carte vérité. Une expédition de spationautes partie en mission de sauvetage découvre une planète similaire à la Terre sur laquelle il fait bon vivre et où en 2196 on pourrait s'installer. Sauf que les habitants du coin ne sont pas des conviviaux. La petite équipe aura à surmonter ses propres démons et à se battre contre des adversaires qui en fait les attendaient... De bons débuts nerveux et bien mis en dessin pat Parrondo pour une série très réaliste. Home T1, Soleil, 12,90 €.

Devoir de mémoire

BD ENFANTS.jpgOn ne peut qu'être ému, et révolté, par ces destins d'enfants juifs qui ont survécu à la déportation, aux camps de la mort. En racontant huit de ces destins dans un album bourré d'émotions préfacé par Simone Veil et Tomi Ungerer un collectif d'auteurs a fait acte de mémoire. On suit Alik, Abraham, Alisa, Fredzia, Sylvain, Tsofia, Rachel, Mireille qui par la volonté et le courage d'une poignée de femmes et d'hommes réussiront à échapper à la mort. Pas à l'horreur, celle d'être dénoncé, étiqueté, méprisé ou battu par des bourreaux souvent ordinaires. Bouleversant. Les Enfants sauvés, Delcourt, 14,95 €.

31.10.2008

Noir sous le soleil

BDMONSIEUR.jpgC'est sous le soleil de Provence que le noir s'installe. Augustin a pour sa grand-mère une affection profonde malgré son père, Maurice, un Parisien, venu séduire sa mère, un bon à rien au passé trouble. La mamie tombe dans l'escalier. Un regrettable accident. Enfin presque car Augustin est témoin de la chute. Et les gendarmes s'en mêlent comme le régisseur Hyppolyte qui aimait beaucoup la grand-mère. Alors, on va régler les comptes en famille. On est pris au ventre par ce récit lourd, tendu d'Olivier Mau et dessiné avec tact par Rémy Mabesoone. En noir et blanc bien sûr malgré le soleil. "Au revoir Monsieur", Casterman, 14,50 €

Vengeance totale

BDSEPT.jpgOn n'est jamais déçu par les albums qui composent la série 7. Cette fois, ce sont sept Yakuzas qui sont les héros perdus d'une vengeance totale que dévoile, page à page, Jean-David Morvan. Un chef de clan est victime d'une tentative de meurtre. Il est sauvé par ses gardes du corps et son sixième sens. Pour retrouver et se venger du commanditaire, il entraîne à sa suite six hommes avec lesquels il a un lien de sang et qui sont prêts à aller jusqu'au bout. Autant dire que Hikaru, le dessinateur japonais qui signe l'album, colle avec la violence de l'histoire. Etonnant. "Sept Yakuzas", Delcourt, 14,95 €

Lubna, les débuts

BDRIVIERE.jpgLa série Love and rockets de Gilbert Hernandez est devenue un monument de la BD du quotidien. On y suit la vie mouvementée et tourmentée de Lubna, personnage central de cette saga. Cette fois c'est sur ses origines que l'on a des détails avec ce récit complet qui raconte d'où vient la jeune femme, fille d'une ancienne pin-up mariée à un riche propriétaire qui la vire parce qu'elle est enceinte d'un autre. Lubna aura donc une enfance traumatisante avant d'épouser un petit truand. Sous la forme d'histoires courtes Hernandez trace les contours d'un monde sans pitié assez noir mais réel. La Rivière empoisonnée, Delcourt, 17,50 €.

Blanche tigresse

BDTIGRESSE.jpgC'est une tigresse blanche la belle Alix, membre d'une terrible société secrète qui a changé de camp pour défendre contre Mao les intérêts de Tchang Kaï-Chek. Avec ce tome VI (tome I de la deuxième série) Conrad et Wilbur relancent les aventures de la chaste mais pétillante Alix reine des arts martiaux. Un trésor de guerre japonais, la rivalité entre services de renseignements, la guerre froide, Alix va peut-être changer de camp et accepter l'aide de la CIA. Action, humour et personnages décalés, Conrad nous donne toujours autant de plaisir avec la redoutable Alix. Dessin parfait, enlevé et bonne histoire. Tigresse blanche, T1 La théorie du mikado, Dargaud, 11,50 €.

 

17.05.2008

Mai 68 : sous les pavés les bulles d'un 40e anniversaire

L’occasion était trop belle. Un 40e anniversaire, encore plus celui de ce mois de mai de 1968 qui avait l’espace d’un printemps fait croire à une génération que rien ne serait plus pareil, cela se devait de générer à posteriori quelques bulles de plus dans l’univers en surproduction de la bande dessinée. Et même si on n’a pas croulé sous le nombre il y a dans le lot de ces spéciaux 68 une poignée de beaux albums qu’il aurait été dommage de passer sous silence.

ad879075edf7a25b51112362355b756e.jpgA Tardi la première place car sa mise en images des chansons de Dominique Grange vaut tous les rétrospectives du monde. 1968-2008, N’effacez pas nos traces (Casterman) est l’association non seulement de deux cœurs généreux mais aussi de deux talents subtils. Dans un format qui rappelle celui de nos « vieux » disques 45 T Tardi capte les phrases de Grange qui chantaient Grève illimitée, Chacun de vous est concerné, reprenait Le Temps des cerises ou La Commune est en lutte, chante de nouveaux titres pour l’occasion. Il y avait de l’utopie dans la démarche et de la générosité, une certaine absence de réalisme qui avait le sourire des jolies filles. C’est l’un des vrais et rares legs de cette époque. Un CD audio est joint à l’album.

 

9c0f4899618edeb6652b90ea337db328.jpgUn collectif ensuite est à signaler chez Soleil, Mai 68, Le Pavé de bande dessinée (19,68 €). Des auteurs de tous âges ont fait un panorama assez subtil et sincère de ce que 68 pouvait représenter pour eux aujourd’hui. Et on comprend que 68 c’est « avant » et très loin pour ceux qui n’avaient pas entre 16 et 30 ans à l’époque. Des frères Bramanti au montpelliérain Gaston, Chabouté, Rossi, Vatine, Lidwine ou Herenguel ils signent des planches, des histoires courtes sérieuse ou drôles, un peu tristes mais qui rendent justice à l’envie de liberté de l’époque. L’ensemble suit une logique chronologique des évènements.

 

2098379b94831e6e9985d8da727b3fd3.jpgEnfin Mai 68, Histoire d’un printemps (Berg International, 19,68 €) a été préfacé par Daniel Cohn-Bendit. Cette fois encore on suit sur un dessin très sobre bien cadré la chronologie. L’album de Alexandre Franc et Arnaud Bureau raconte avec clarté et objectivité les faits, fait parler les principaux témoins, présentent les controverses en donnant à l’ensemble une vraie dimension historique. Avec pour conclusion : Mai 68, une mutation et sûrement pas une révolution.

Pour la bonne bouche, il ne faut pas manquer évidemment l’édition spéciale de Pilote, le journal qui s’amusait en mai 68 à réfléchir et qui cette année s’amuse à lancer un pavé de 160 pages (7,90 €). De BD bien sûr.