09.05.2008
XXI: Ferrandez et Stassen dessinent leurs reportages
« Nous voulions un journal avec un format réduit qui retrouve la capacité de raconter l'actualité, sans pub et qui se vende dans les librairies ». Un pari risqué qu'assume Saint-Exupéry en ajoutant : « XXI devait pouvoir se lire comme un livre, un journal du récit qui décline tous les genres, photos, illustrations et BD ». D'où l'entrée en scène de Stassen avec un récit de 30 pages, Les Visiteurs de Gibraltar, qui traite de l'immigration dans le numéro un : « Je connais bien le Maroc. Pour XXI je m'y suis baladé un mois. J'ai pris des notes. De retour en Belgique j'ai raconté par le dessin ce reportage de contacts et de rencontres. Tout est vrai et cela a été un vrai plaisir ». Un récit fort, percutant, émouvant.
Au tour ensuite de Jacques Ferrandez dont on connaît Les Carnets d'Orient sur la guerre d'Algérie. C'est Cuba que Ferrandez a choisie après un premier périple touristique. Il y reviendra avec son fils Pierre à Noël dernier. Ils signent à quatre mains Cuba Père et fils dans le dernier XXI. « Des rencontres, la confrontation de deux générations. Le père est un vieux révolutionnaire. Le fils aspire à partir et vivre mieux. Notre histoire est à deux voix ». Ferrandez a mélangé les aquarelles et les croquis, bâti son scénario. Son fils a créé le personnage du jeune cubain. Le tout parfaitement construit et vivant sera d'ailleurs complété et édité en album en septembre. La BD a donc définitivement rejoint avec brio et pertinence le monde fermé du grand reportage. Elle lui apporte un autre souffle.
Romain Hugault au zénith pour les fans d'aviation
Il étatit en dédicace à Nîmes ce week-end. En deux albums Romain Hugault est devenue une référence dans un genre à succès certes mais qui s'essoufflait un peu, la BD à thématique aviation.Ce fils de pilote militaire est lui même breveté. Comme sa mère ou son frère. C'est une passion familiale l'aviation et Hugault avec simplicité avoue que « comme tout gamin j'aimais dessiner et adorais les avions. Je n'étais pas plus doué que les autres sauf que j'ai voulu faire des études d'art pour apprendre à bien les dessiner, acquérir de bonnes bases ».
Ensuite c'est aussi une histoire de rencontre et de feeling : « J'avais une histoire courte en quelques planches sur un pilote kamikaze pendant la guerre du Pacifique. J'ai rencontré l'éditeur Paquet qui y a cru et on a décidé que serait le point de départ d'un album, Le Dernier envol. On en est à six rééditions de ce titre aujourd'hui ».
Hugault va confirmer avec un second album tout autant réussi, Au-delà des nuages, l'histoire de deux pilotes de records dans les années trente : « Curieusement les auteurs de BD n'aiment pas dessiner les machines, avions ou voitures. Moi c'est le contraire et ce sont les personnages que j'ai dû travailler ».
Comme dit Hugault il aime dessiner des avions que « l'on pilote avec ses fesses ». Dans les deux albums on retrouve l'aristocratie des années quarante, du B 17 au Thunderbolt ou au Spitfire. Et dans le prochain, Le Grand Duc, Hugault racontera en trois tomes le destin d'un avion mythique, un chasseur de nuit allemand sur le front russe qu'affrontera une pilote soviétique. Le tout avec Yann, pas moins, au scénario. Hugault est aussi illustrateur bien sûr. Le Fanatique de l'Aviation lui doit des Unes. Hugault enfant avait Buck Danny, Tanguy et Laverdure pour héros. Aujourd'hui c'est lui qui fait rêver les lecteurs fans d'aviation.
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17.07.2006
A éviter : SAS , une adaptation pour quoi faire ?
Un coup de sang, pas de cœur. Adapter les aventures érotico-policières du prince Malko Linge pouvait à la rigueur s’accepter à condition que la qualité soit au rendez-vous. Pour ce premier volet de SAS version BD on se retrouve avec des pages glacées qui essayent tant bien que mal de raconter la traque d’un criminel de guerre yougoslave. La CIA a décidé de lui faire la peau, Malko Linge débarque à Belgrade et commence par déchaîner avant tout sa libido.Le scénario est faiblard. Quant au dessin il est très froid comme déjà dit, parsemé de scènes érotiques assez violentes aux dialogues éloquents.
Andréa Mutti est le dessinateur de SAS mais aussi de Section Financière scénarisé par Richard Malka. On suivra les prochains albums de cette saga SAS avec attention mais la première impression est négative. Marketing avant tout (Glénat, 9,40).
16:17 Publié dans Editeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bande-dessinée
10.07.2006
Edition : les incontournables de Futuropolis
Futuropolis est une bonne maison, d’éditions s’entend. Et depuis sa création malgré quelques avatars au fil des ans. Aujourd’hui on y trouve du talent, beaucoup, des idées encore plus et des albums, moins qu’ailleurs, mais de quelle qualité. Prenez le dernier Rabaté, auteur du fabuleux Ibicus. Il avait voulu faire un break avec la BD et il revient avec un album écrasant. Une histoire de vieux qui retrouvent leur jeunesse, un album d’espoir et d’humour, d’amour.Rabaté vous raconte une fin de vie, celle d’Emile dont le copain Edmond a eu la mauvaise idée de mourir en lui léguant sa collection de nus. Alors Emile a des idées et part sur la route à la recherche de ses souvenirs avec si possible une rencontre amoureuse à la clé. Il tombera sur des hippies gentils et enfin trouvera le bonheur pour ne pas avoir accepté que sa vieillesse soit une montagne infranchissable, une fin. Rabaté a arrondit son trait, fait sourire ses personnages. Son Emile est un poème à lui tout seul. Les petits ruisseaux sont un merveilleux hymne à la joie, un incontournable de l’année, pudique et sensuel à la fois.
Chez Futuropolis on aime aussi les collections intelligentes, pas celles que l’on lance par opportunisme mais vraiment par volonté éditoriale créatrice. C’est le cas de 32 (pour le nombre de pages de ces grands formats). Au programme Après-guerre de Brunschwig et Martin ou L’Idole dans la bombe, deux volumes déjà, de Jouvray et Presle, Guerres civiles de Ricard, Morvan ou Gaultier, enfin James Dieu de Pontarolo. On ne va pas trop rentrer dans le détail. Dieu peut-il habiter dans une canette de coca ? Que font les braves gens quand une guerre éclate chez eux ? Allez-y en confiance. La 32, c’est du bonheur avec une palette de doués qui se font plaisir avec un éditeur qui sait compter (il le faut) mais aussi leur laisser la bride sur le cou. Vous ne serez pas déçus.Les Petits ruisseaux (Futuropolis) – 15,90 €. Rabaté
32 la collection (Futuropolis) – 4,90 € l’album
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