15.03.2010
Sauramps Odyssée avec De Groot fêtent Léonard
Bob de Groot est le scénariste de la BD Léonard. Pour les 35 ans du génie et le tome 40 de la série, il sera mercredi à Montpellier C'est en 1975 que Léonard, invincible et imperturbable génie fait ses premières armes. De personnage secondaire dans Robin Dubois, une autre série signée De Groot et Turk au dessin, il devient un héros à part entière. Avec quarante albums, Léonard a fait du chemin. « C'est un vrai personnage tout public », confiait au dernier festival d'Angoulême Bob de Groot.
Et pour cause car Léonard, caricature sympathique et parfois un brin caractériel de De Vinci bien sûr, est un jeune vieillard énergique et bouillonnant d'idées. Il est capable d'inventer avant la date, téléphone, machine à vapeur ou autre ascenseur révolutionnaire, scaphandre et aéroplane. Et c'est là que De Groot et Turk ont eu aussi un coup de génie, réussir à mélanger petite et grande histoire sans se soucier un instant évidemment de savoir si les situations étaient anachroniques. Avec un humour décapant, décalé, parfois à la Keaton, De Groot a su s'amuser tout en faisant mourir de rire son public.
En ajoutant le personnage du Disciple, souffre-douleur que l'on aime voir prendre sa revanche sur son tyrannique maître Léonard, les auteurs recréaient une forme de Laurel et Hardy de papier et pouvaient ainsi laisser dériver leur imagination. « Nous avions donné vie à deux personnages très riches qui nous autorisaient pratiquement toutes les libertés », confirme De Groot.
Une vraie complicité en fait, celle qui lie depuis tant d'années les deux auteurs mais aussi celle qu'ils ont désormais nouée avec ce Léonard qui a fait l'actualité à Angoulême, en janvier dernier. Une exposition, "Y'a-t-il un génie pour sauver la planète ?" lui a donné la vedette et il s'est fait le farouche (et drôle) défenseur de l'écologie. Une troupe de comédiens interprétait les personnages de la BD, Léonard en tête, à travers un parcours initiatique et éducatif. Déchets, tri sélectif, économie d'énergie, Léonard avait toujours la bonne solution. Cette exposition, qui a fait le plein pendant tout le festival, pourrait devenir itinérante.
Autre actualité, celle des dessins animés tirés de la série, 78 épisodes de sept minutes diffusés sur Canal J. Mais c'est surtout pour la sortie du tome 40 des aventures édifiantes et savoureuses de Léonard que Bob De Groot sera, mercredi, à Montpellier. Dans "Trésor de génie" (Le Lombard), on retrouve Léonard en pleine forme. Il découvre que son Disciple a pris la fâcheuse habitude de revendre ses inventions pour se faire de l'argent de poche. Un cas ce Disciple qui va encore être une victime toute trouvée, grandiose serviteur méconnu de la science.
Humour débridé, à plusieurs degrés, Léonard se lit et se relit, touche un public de tout âge. Et l'imagination de De Groot ajoutée au dessin de Turk fait le reste. Dédicace mercredi 17 mars chez Sauramps Odyssée, à Odysseum Montpellier, à partir de 15 h.
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11.02.2010
L'éveil de la Chine passe par les dédicaces d'Azimuts à Montpellier
Ils sont chinois et auteurs de BD et seront en dédicaces, samedi 13 février, à Montpellier. De quoi revoir l'idée parfois toute faite selon laquelle le 9e Art est exclusivement franco-belge avec, certes, une petite participation de l'Italie et de l'Espagne, le tout saupoudré de comics américains. Le manga japonais ou coréen continue, bien sûr, son invasion pacifique de nos librairies et représente, en France, un tiers des parutions de l'année pour les éditeurs. Mais de la BD chinoise, grand format, en album, au dessin construit et de créateur, c'est une nouveauté que va faire découvrir, samedi, la librairie Azimuts avec deux dédicaces d'auteurs venus de l'Empire du milieu.
Premier invité, Chaiko, qui, chez Paquet, signe scénario et dessin de La Fille de Shanghai. La construction est classique mais les cases sont très aérées, les couleurs pastel et claires. On découvre comment une jeune femme, Min, pour des raisons professionnelles se retrouve en France. Choc des cultures dans un Paris dont elle rêvait, un fiancé resté en Chine dont elle se détache peu à peu, Min va aussi avoir le coup de foudre pour un Français dans cet album remarquablement dessiné, sobre et attachant, très pictural.
Deuxième invité de cette dédicace, Nie Jun pour Zobo et les fleurs de la vie, toujours aux éditions Paquet, qui ont consacré une collection à la BD chinoise. Un tout autre registre que ces aventures poétiques d'un petit pantin qui va devenir vivant parce qu'une lycéenne, Ryoko, glisse dans son coeur une branche de cerisier. Professeur de BD à l'université de Pékin, Nie Jun signe, cette fois encore, une oeuvre très séduisante. Dans chaque album, le petit pantin vivra une nouvelle aventure dans laquelle une fleur lui redonne vie. Mais quel avenir sentimental pour Zobo le pantin et la douce Ryoko ? Beaucoup de délicatesse dans le trait et d'originalité dans le sujet traité comme un conte.
À ne pas oublier, le dernier rendez-vous avec la BD chinoise mais la semaine prochaine, jeudi 18 février, chez Azimuts. L'invité sera Benjamin, qui, comme son nom ne l'évoque pas, est un dessinateur chinois de manga. Une star dans le genre dont le dessin réaliste, beaucoup plus policé que celui des auteurs japonais, plus sensuel, s'est imposé par sa force et sa beauté. Dédicaces samedi 13 et jeudi 18 février, librairie Azimuts, rue Saint-Guilhem, à 15 h 30.
Vampirella
Les vampires ont la cote. Au cinéma ou en BD. Pascal Croci ne cède pourtant pas à la mode en faisant le portrait de Elisabeth Bathory qui, en Hongrie au XVIe siècle, a défrayé la chronique. Avec ce trait si subtil, parfois angoissant, poétique surtout, Croci, sur des dialogues de Françoise Sylvie Pauly, raconte le journal de Jonathan Harker, qui a pu prendre connaissance des écrits de la comtesse Bathory. Il découvrira que, Barbe Bleue en jupons, la comtesse avait tué des dizaines de jeunes femmes à la recherche de l'éternelle jeunesse. Une femme terrifiante. Elisabeth a bien existé et Croci la réveille. "Elisabeth Bathory", Emmanuel Proust, 19, 90 €.
Qui est Sprott ?
Qui était vraiment George Sprott ? Faux présentateur vedette d'une émission languissante dans le Grand Nord à la télévision canadienne, Sprott a eu une vie bien remplie depuis sa naissance en 1894. Et c'est le dessinateur Seth qui se charge de nous la raconter dans un superbe livre album grand format. Publiée à l'origine dans le magazine du New York Times, la vie de Sprott est une chronique dure et pas si drôle d'un homme qui ressemble beaucoup à ceux qui lisent ses aventures au quotidien. Le dessin de Seth est clair et on ressent la nostalgie de l'auteur pour les années cinquante. A découvrir. "George Sprott", Delcourt, 35 €.
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01.02.2010
Baru enfin Grand Prix d'Angoulême
Un vrai moment de bonheur que cette annonce de l'attribution à Baru du Grand Prix d'Angoulême. Talent, gentillesse, conviction, émotion, Baru a tout cela en lui mais aussi dans son oeuvre. Enfin dira t-on également car le prix lui avait échappé de peu l'an dernier. Mieux vaut tard que jamais et n'en parlons plus. On sait désormais que Angoulême aura en 2011 un superbe président. En espérant que les rumeurs sur l'avenir d'Angoulême se calment et que les politiques si frainds de faire de la figuration et de se montrer en ces périodes électorales aient bien pris la mesure du danger que pourrait courir une manifestation artistique unique en son genre. J-L.T
BD Blutch laisse sa place à Baru, Grand Prix 2010 et futur président du prochain festival d'Angoulême Il avait manqué le podium d'une voix l'an dernier. En désignant, dimanche, en présence de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, Hervé Baru Grand Prix de la ville d'Angoulême 2010, les ex-titulaires du titre (ils forment le jury) ont non seulement récompensé un talent rare mais aussi mis un terme à ce que l'on aurait pu qualifier d'injustice tant sa nomination s'imposait.
Depuis ses débuts dans Pilote en 1982, Baru, né en 1947, n'a jamais cessé de nous prendre aux tripes, de nous émouvoir avec ses personnages et ses ambiances, sa passion de la vie, son dessin si gourmand au trait noir sur lequel la couleur sait aussi faire la fête. De son premier prix à Angoulême, en 1985, à celui du meilleur album, en 1996, avec l'Autoroute du soleil,", balade de copains en vadrouille vers le Sud, Baru avait accumulé les vrais bijoux. Dans , l'Enragé, il racontait le destin d'un boxeur qui ne voulait pas perdre son âme et, dans Pauvres Zhéros, son dernier album, il rassemblait sur fond très sombre un beau ramassis de vainqueurs qui faisait dans la dissimulation de cadavres.
Et ce n'est pas un hasard si, au détour de rencontres toujours chaleureuses dans les bulles du festival, Baru nous dévoilait le sujet de son prochain album, un hommage au cinéma de Lautner, celui des Tontons flingueurs et autres Barbouzes dont l'esprit et l'humour de Baru sont proches. Homme de coeur, Baru va à coup sûr être un président 2011 engagé dans une BD très ouverte et sans a priori. Comme le disait le dessinateur montpelliérain Guy Delisle : « Baru est le lien parfait entre auteurs anciens et modernes ».
Alors, ce festival est-il un sans-faute ? C'est vrai que cette édition 2010, après des inquiétudes sur son financement par la municipalité, a été bien ficelée. Une participation avec les 200 000 visiteurs franchis, des auteurs toujours plus nombreux, des éditeurs à peu près contents de leurs résultats et pas trop inquiets pour l'avenir, la BD a toujours le vent en poupe. Même si on peut discuter du palmarès (lire ci-dessous).
Meilleur album : "Pascal Brutal", la surprise
C'est un prix surprise que celui du meilleur album 2010 attribué au tome 3 (en plus) de la série de Riad Sattouf, Pascal Brutal (Fluide Glacial). Non que les aventures dans un futur proche ultra-libéral de ce héros en baskets et à gourmette en argent, un brin obsédé sexuel, ne vaille pas le détour mais on a un peu l'impression qu'il aura fallu satisfaire une fois encore la tendance nouvelle BD. Riad Sattouf a, cependant, un talent fou et s'est essayé, il y a peu au cinéma, une tendance très générationnelle. Son Pascal Brutal est atypique mais peut dérouter si ce n'est séduire.
On peut en dire autant pour le prix du Jury à Dungeon Quest de Joe Daly édité par l'Association. Bizarrement, le prix Regard sur le Monde a été, lui, attribué au superbe album de David Prudhomme Rébétiko (Futuroolis) qui, par contre, aurait mérité largement d'avoir le prix du meilleur album. De quoi finir par ne plus s'y retrouver et croire qu'il y a des années où on se demande quelle est la logique qui préside à ce palmarès d'Angoulême. Sur la cinquantaine d'albums en lice, d'autres choix étaient possibles, plus proches du public.
Le prix de la meilleure série est allé effectivement à un titre qui a fait ses preuves, les aventures du détective privé à Solex, Jérôme K. Jérôme Bloche, le tome 21 d'Alain Dodier chez Dupuis. Le prix de la Révélation récompense Rosalie Blum tome 3, curieux aussi que l'on puisse découvrir un auteur au bout de trois albums comme pour Sattouf. Bravo, par contre, à ce prix Intergénérations (appellation assez curieuse) qui met en vedette le duo Bonhomme au dessin et De Bonneval au scénario pour l'Esprit perdu (Dupuis). Rabaté, Fred Bernard, le duo Nury et Vallée, Larcenet avec Blast aurait eu leur place sans problèmes dans le palmarès. Heureusement que Baru a obtenu le Grand Prix de la Ville (lire ci-dessus) car sinon on aurait pu avoir finalement de vrais regrets.
13:42 Publié dans Dédicaces et salons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : baru, angoulême, grand prix, mitterrand, casterman
Angoulême, un festival où l'on se montre mais qui sait toujours aussi bien défendre la BD
Affluence record. Les prix du festival seront connus dimanche. Ni la neige, ni la pluie n'ont découragé la foule des grands jours qui arpentait les rues d'Angoulême ou se pressait face aux dizaines d'auteurs en dédicace sur les stands des éditeurs. Même combat pour les politiques qui ont fait le déplacement à l'image de Ségolène Royal bien sûr, présidente de la Région, mais aussi de Jack Lang, Dominique Bussereau ou Martin Hirsch, qui s'est offert hier matin une visite express de l'exposition consacrée à Léonard, personnage de Turk et De Groot guides d'un jour. Aujourd'hui c'est au tour de Frédéric Mitterrand de venir passer la journée à Angoulême. Il sera à la remise des prix où sera annoncé le nom du Grand Prix de la Ville 2010, futur président de la prochaine édition.
Politique encore. La vedette depuis deux jours c'est le journaliste Denis Robert relaxé dans l'affaire Clearstream. Il était prévenu pour recel d'abus de confiance et recel de vol pour avoir détenu les listings de la compagnie luxembourgeoise. La BD dont il est l'un des scénaristes, L'Affaire des affaires (Dargaud) reprend en effet par le menu l'affaire Clearstream. Robert s'avouait persuadé que l'on n'avait vécu encore qu'un épisode d'un feuilleton loin d'être fini avec en particulier l'appel du parquet contre Dominique de Villepin. A noter que la BD de Denis Robert est nominée.
Mais c'est à la BD plus généraliste qu'il faut revenir. Cette édition est d'une authentique richesse, variée en talent, en titres et en émotions. Pour le palmarès de ce soir, on aura des favoris comme L'Homme bonsaï de Fred Bernard (Delcourt). « C'est un pauvre type qui a un arbre qui pousse peu à peu sur la tête et qui devient très puissant. J'ai voulu montrer la solitude du pouvoir absolu, la folie », souligne Bernard qui a signé une histoire à la fois tendre, celle d'un amour éperdu, et terrible, celle de la souffrance que ressent son héros.
Avec la série Il était une fois en France (Glénat), c'est aussi une question de puissance et de survie dont il est question. Remarquablement reconstitué et en partie romancé par Nury et Vallée, le destin de Jo Joanovici, de la collaboration à la Libération, reste un cas d'école méconnu. « Un type vraiment paradoxal qui trafiquera avec les nazis et s'achètera un certificat de bonne conduite dans la Résistance », synthétise le scénariste. L'outsider pour le meilleur album pourrait bien être Rebetiko de David Prudhomme, chez Futuropolis. Cette chronique d'avant-guerre raconte la vie mouvementée des musiciens grecs, qui vivaient leur art avec passion et sans retenue. Le prix Jeunesse a été attribué hier à Lou, belle série de Julien Neel chez Glénat, dont l'héroïne désormais adolescente s'ouvre aux émotions sentimentales.
Et puis, il y aura dimanche soir le Grand Prix, avec ce jeu caractéristique des rumeurs qui chaque année recommence. Baru est toujours favori (Et lire la note suivante, le pronostic était juste, le prix plus que mérité). Blutch l'avait devancé de peu en 2009. Et on parle aussi de Cosey, le père de Jonathan. Sans garantie.
Cent pour cent, superbe expo
Cent planches du Musée de la BD, cent auteurs d'aujourd'hui, des retrouvailles qui ont permis une confrontation créative. Chaque auteur a réalisé une planche en écho à celle choisie parmi la sélection du Musée. Le casting est international. Chefs-d'oeuvre d'hier et innovations, c'est jusqu'à fin mars.
Les Tuniques Bleues for ever
Pour l'exposition consacrée aux Tuniques Bleues à Angoulême, un album en forme d'hommage sort chez Dupuis. C'est le président Blutch qui le préface, lui qui a le même nom que l'un des héros compère du sergent Chesterfied. Des inédits de Cauvin et Lambil, des témoignages après les 53 albums de la série.
Léonard, quel génie
Une expo à voir absolument pendant le festival. Celle sur Léonard inventeur improbable mais génial de Turk et De Groot. Avec son disciple, Léonard veut sauver la planète. Il défend l'environnement à travers des décors tirés des albums et mis en situation. Le tout est ludique, familial et sous le signe de l'humour. L'exposition après Angoulême devrait tourner dans plusieurs villes de France.
13:23 Publié dans Dédicaces et salons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : angoulême, festival bd
12.01.2010
Jeudi et samedi 16 janvier chez Azimuts, Makyo, Calore et Bouzard en dédicace
Deux rendez-vous cette semaine à la librairie Azimuts pour des dédicaces très différentes. Le premier aura lieu jeudi avec un duo rarement vu à Montpellier, Pierre Makyo et Allessandro Calore, auteurs de la série Je suis Cathare pour leur tome trois, Immensité retrouvée (Delcourt). En prenant pour cadre la tragédie cathare et la répression sans pitié mise en oeuvre pour en faire disparaître toute trace, Makyo et Calore ont réussi à redonner vie à un monde et à une époque qui passionne toujours. Leur héros est un Parfait, un jeune Cathare Guilhem qui, depuis son initiation et un combat contre un chevalier fantôme, a des pouvoirs étranges de guérisseur. Bien que devenu amnésique, à lui les aventures les plus mouvementées et étranges sur fond d'Inquisition et de persécutions. C'est à Carcassonne en 1312 que se retrouve Guilhem. Il doute de sa foi et, accompagné de celle qu'il aime, est pourchassé par ceux que ses pouvoirs étranges intéressent. Le dessin de Calore est réaliste, fin et prenant. Makyo, à qui l'on doit aussi des incontournables comme Elsa, Le Maître de peinture ou Balade au bout du monde, sait séduire ses lecteurs en leur apportant action et réflexion, cadrer son sujet et faire la part belle aux sentiments.
Le deuxième rendez-vous de la semaine ouvre les portes d'Azimuts samedi à Bouzard. Autre registre, celui de l'humour, des situations décalées. En se lançant sur les traces de son père à travers son Autobiography of a mitroll Bouzard a signé deux albums dont le dernier, Is dad a troll ? (Dargaud), va enfin lui permettre de savoir qui est son géniteur. Avec Bouzard, il faut s'accrocher aux branches, éclater de rire et de surprise à chaque planche, savourer un délire sérieux jusqu'au bout au point de ne plus savoir où on habite. Bouzard et son fidèle chien qui parle, Flopi, sont en Bretagne, pays de sortilèges, de fées et de trolls bien sûr. Un joyeux monde où avec Bouzard, à la Monty Python, on est pris au piège de cette histoire édifiant, vivante et nerveuse. Dédicaces jeudi 14 et samedi 16 janvier, Azimuts, rue Saint-Guilhem à 15 h 30.
10:12 Publié dans Dédicaces et salons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bouzard, calore, makyo, dargaud
30.10.2009
Avec Explorers Guérin et Lapeyre vont fêter Halloween à la Fnac
Un scénario qui sort des sentiers battus, un dessin fort qui prend ses distances et s'impose, Rémi Guérin et Lapeyre, vont à la Fnac de Montpellier, apporter avec eux leur dernier album, Explorers (Soleil), histoire de fêter dignement Halloween.
« Nous avions envie de travailler ensemble et d'accéder à un monde parallèle avec des spectres et une bonne dose de fantastique. » Le Montpelliérain Rémi Guérin a façonné son sujet : « Une poignée de super-héros vont aller se balader et voyager dans le temps à travers des oeuvres littéraires célèbres. » Le premier tome d'Explorers plante le décor. Cinq copains font une séance de spiritisme qui dérape. Ils se retrouvent face au maître des enfers qu'ils ont involontairement libéré. A eux de se racheter, dotés de pouvoirs magiques et d'un instructeur un brin manipulateur, en allant récupérer des fantômes dans des romans. « Avec cet univers, cela nous permettait de changer d'oeuvre à chaque album et, bien sûr, d'avoir un choix incomparable pour les faire évoluer », insiste Lapeyre. « Mais impossible de toucher à la trame du roman », enchaîne Guérin. « Encore que rien n'empêche que leur intrusion ait des conséquences sur leur propre avenir », ajoute le scénariste en souriant.
Sherlock Holmes est l'invité du tome I. C'est en effet dans Une étude en rouge, de Conan Doyle, que les cinq héros vont aller à la chasse mais difficile de ne pas éveiller l'attention d'un renard comme Holmes. « J'ai volontairement appuyé sur le côté manga, cinq personnages identifiés par cinq couleurs différentes, et j'ai plongé dans un univers graphique qui m'a réconcilié avec la BD que j'ai failli laisser tomber », avoue Lapeyre, qui s'est installé à Poussan.
Dans le tome II, l'ambiance va se noircir, assure Guérin : « On va aller faire un tour dans L'île au trésor, de Stevenson. Nos héros vont se poser des questions et découvrir qu'ils sont utilisés à des fins pas très nettes. » Explorers a tout pour plaire, un dessin captivant, un excellent découpage et une histoire innovante. Dédicace à la Fnac Polygone samedi 31 octobre, à partir de 15 h.
11:05 Publié dans Dédicaces et salons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : explorers, guérin, lapeyre
06.10.2009
Chez Azimuts, Riff Reb's et les pirates de Mac Orlan
Une adaptation de Mac Orlan, Riff Reb's, le dessinateur, sera demain mercredi 7 octobrechez Azimuts Montpellier pour présenter son dernier album, A bord de l'étoile Matutine (Soleil).
Si la piraterie fait son grand retour en BD, l'adaptation littéraire séduit aussi de plus en plus les éditeurs. Delcourt avait lancé le thème. Cette fois, c'est le tour de la maison Soleil qui, par la même occasion, change de cap. Après avoir lu le roman de Mac Orlan, Riff Reb's demande à Soleil de l'adapter dans leur nouvelle collection, Noctambule. Le héros est le narrateur, jeune garçon sans nom, qui raconte sa vie de pirate. Et c'est là où le roman de Mac Orlan se distingue des récits classiques sur la piraterie. Combattant en 14-18, Mac Orlan a retransposé à bord d'un galion la camaraderie des poilus des tranchées unis par un destin commun incontournable.
Avec A bord de l'étoile Matutine, Riff Reb's montre la caste à part que constituent ces pirates qui n'ont plus rien à perdre. On est loin de Barbe Rouge. Vision réaliste que l'auteur affirme par son dessin et ses cadrages, utilisation de la bichromie avec une teinte dominante par chapitre, les pirates de Riff Red's hissent les voiles et nous embarquent à leur bord. Dédicace de 15 h à 20 h, chez Azimuts, 13 et 15 rue Saint-Guilhem, Montpellier
08:57 Publié dans Dédicaces et salons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mac orlan
Dubuc et Delaf ont dévoilé leurs jolies et drôles Nombrils à Odysseum Montpellier
C'est l'histoire d'un trio. Elles sont jeunes, jolies et ce sont des pestes. Avec Les Nombrils(Dupuis), deux auteurs canadiens, Maryse Dubuc et Delaf, ont réussi à imposer par leur humour et leur réalisme ces trois très vraisemblables héroïnes dans le panorama restreint de la BD francophone. Parti d'un projet de magazine au Québec, Les Nombrilsont été au départ une succession de planches gags. Publiés dans Spirou les lecteurs ont immédiatement adhéré aux personnages et en particulier comme le font remarquer les auteurs à celui de Karine, la gentille un peu nunuche du trio. Mais sa vengeance sera terrible.
Rythme rapide, Les Nombrilsse devaient aussi d'évoluer en particulier face à leur succès international. Traduit dans bien des langues comme le turc chaque album se tire à près de 200 000 exemplaires. Complétement pris par leurs trois jeunes héroïnes Dubuc et Delaf gérent à merveille leur succès avec recul et sérénité.
A Géant Casino Odysseum, Dubuc et Delaf ont pu encontrer ce public qui, depuis leur premier album, soutient inconditionnellement Les Nombrils. Vicky, première de la bande, est une garce très intelligente. Donc dangereuse et consciente de sa force. Jenny, la deuxième du lot, pourrait avoir un bon fond mais Vicky est son modèle et, en prime, elle est vraiment bête. Reste le numéro trois, la plus sympathique. Grande asperge molle, Karine est le souffre-douleur des deux autres mais a quand même de la ressource malgré sa naïveté maladive.
On est, dans la vraie vie, un brin caricaturé. Avec un sens aigu de la dérision, Dubuc et Delaf bâtissent leurs histoires pour rire et aussi émouvoir. Le dessin est drôle, concis, avec le détail qui accroche. Une petite nouvelle, Mélanie, fait ses débuts pas tristes dans le tome IV, Duel de belles. Vicky et Jenny ont du souci à se faire pour notre plus grande joie. Ce qui, n'empêche pas Delaf d'avoir une grande envie de se lancer dans un roman graphique et se lâcher au niveau dessin
08:52 Publié dans Dédicaces et salons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nombrils, dubuc, dupuis, delaf
19.09.2009
Montpellier, les bulles s'affichent à Odysseum
La première édition s'était fait remarquer l'an dernier par son succès. Le festival BD 0'Tour de la Bulle organisé par l'Agglomération de Montpellier ouvre à nouveau ses portes vendredi 18 septembre à Odysseum dans une belle livrée 2009.
Pendant trois jours, une cinquantaine d'auteurs, dessinateurs ou scénaristes, vont se rassembler et transformer Odysseum en un village totalement consacré à la BD. Ce sont les librairies montpelliéraines Sauramps et Azimutzs qui ont uni leurs forces pour réunir une cinquantaine d'auteurs aussi différents que Job, Charles Berberian, Jean-Claude Denis, Lewis Trondheim, Olivier Vatine, Reno Lemaire ou Mathilde Domecq.
On retiendra la présence d'un beau trio d'auteurs italiens, Gallo, Saviori et Laura Zucchieri, qui, dans des genres différents, montrent la force de la nouvelle vague transalpine. On aura aussi un petit faible pour deux jeunes femmes, Colonel Moutarde, joli pseudonyme, et Brigitte Luciani qui seront présentes pour Histoires cachées, un album tendre et attachant.
Un petit nouveau très prometteur, Benoît Fouremont fera ses premières armes à l'occasion du festival avec Le Royaume. Son héroïne, soubrette du roi, se fait virer du château et essaye de monter une auberge tendance. De la dérision et beaucoup d'humour, Fouremont est à découvrir absolument.
On ira aussi tout naturellement à la rencontre de Jean-Claude Denis. Le père de Luc Leroi s'est mis en scène dans son dernier album, Nouvelles du monde. Les odeurs au quotidien sont le fil rouge de ces pages tracées avec tact comme toujours par Denis.
A Odysseum des expositions viendront compléter les séances de dédicaces et les rencontres. Au Planétarium Robledo et Toledano accrocheront les originaux de leur série Ken Games. A l'Aquarium, ce sera Mathilde Domecq, créatrice de l'affiche 2009, qui présentera ses oeuvres. Un jeu de piste sera également organisé par les médiathèques de Montpellier avec des BD à gagner. Enfin le manga aura bien sûr, comme l'an dernier, sa place avec le Montpelliérain Reno Lemaire en tête d'affiche. A noter qu'un cosplay rassemblera des fans de mangas habillés comme leurs personnages favoris. Et puis manga encore. Sur ce thème Midi Libre organise sur son stand, à Odysseum, un concours de dessins qui permettra de gagner plein d'albums. A vos crayons.
Beau tiercé d'auteurs de l'école italienne : action, fantastique, elle n'a pas fini d'étonner et de séduire
Il y a bien sûr les maîtres. Pratt, Manara, Giardino ou Serpieri. L'Italie, depuis des lustres, a sa propre école de dessinateurs, de scénaristes ou d'illustrateurs. En un mot, d'auteurs qui se sont fait une large place dans le peloton de tête de l'élite du 9e art européen. Et derrière eux, la relève montre le bout de ses planches. Preuve en est ce trio talentueux et novateur de jeunes Transalpins qui seront tout au long du week-end les invités du festival. Des goûts et des couleurs. Pier Gallo, Nicola Saviori et Laura Zucchieri qui composent le trio à découvrir à Odysseum n'ont pas hésité à choisir des genres différents.
La série Gaïjin (Delcourt) que signe Gallo au dessin, sur un scénario de Blengino et Erbetta, est un vrai défi à elle toute seule. Il fallait en effet oser mettre en scène un héros européen qui évolue au Japon parmi les plus grandes familles de truands, les yakuzas. Pour que la série fonctionne, il fallait qu'elle soit non seulement bien ficelée mais aussi crédible et imprégnée de la culture japonaise parfois déroutante.
On y découvre donc un héros détective, le Gaïjin, surnom donné aux étrangers. Il s'est installé au Japon et est devenu le maître de paix des grandes familles. A ses risques et périls. Dans les deux premiers albums, le Gaïjin va devoir dénouer des intrigues dans lesquelles l'honneur et vengeance jouent un grand rôle. Le dessin de Luca Blengino est réaliste, nerveux, précis. L'action éclate dans les pages tout en respectant les pauses nécessaires pour cadrer les réflexions des personnages. Un travail minutieux auquel on adhére, bien documenté et un univers dans lequel on plonge sans difficultés. Un tome 3 de Gaïjin vient de sortir.
Second du trio pour deux jours montpelliérain, Laura Zuccheri pour Les Epées de verre (Humanoïdes Associés). Laura Zuccheri n'est pas une débutante. Dès le milieu des années 90, elle signe un premier album, Les Condamnés. Illustratrice, peintre, Laura doit à sa rencontre avec la scénariste Sylviane Corgiat la série Les Epées de verre dont le tome 1, Yama, est sorti cette année.
Avec un dessin très clair, Laura Zuccheri nous fait basculer dans un monde où le fantastique et l'action, le magique et le réalisme font un sacré cocktail. Yama est une petite fille dont le destin bascule le jour où son père est tué et sa mère enlevée. Elle jure de la libérer avec l'aide d'un vieux chef de guerre qui va devenir son maître. Il lui faudra pourtant s'emparer aussi d'une épée mystérieuse fichée dans le roc.
Attention aux raccourcis rapides... Non : Merlin et Arthur sont loin de l'univers mis en scène par Zuccheri. Idem pour toute la faune d'animaux étonnants nés de l'imagination du duo qui a un petit air du monde de Léo. Ce premier tome est prenant. Le scénario repose sur des bases solides. On va suivre avec plaisir la quête de la jeune Yama.
Enfin, dernier invité italien, Nicola Saviori pour Akron, le guerrier (Soleil). Une nouvelle série encore qui se rapproche un peu de la précédente. Le Talisman des âmes, titre du premier album, raconte au royaume d'Edrem comment le roi devra payer un talisman le prix de 10 000 âmes de ses sujets. Le général Mark devra planifier une attaque suicide pour son armée afin que la sorcière qui détient le talisman obtienne son prix.
On revient dans de l'heroic-fantasy classique mais que le dessin et le scénario de Daveti et Trinchero affirme dans son côté novateur. Une preuve de plus que la BD italienne n'a pas fini de nous étonner.
Mattiussi : pirate ou piratesse ?
Elle aurait pu être italienne et pourtant c'est de Bordeaux que nous vient Mattiussi. Et elle innove, Laureline, pour cet album superbe et original en nous offrant sous un trait clair et arrondi un duel entre deux capitaines, un homme et une femme, qui vont aller au bout de leur rivalité ambiguë pour se voler un trône inca en or. Mais plus que d'action et de combats, c'est d'attente que l'auteur a voulu parler, celle des calmes plats, des racontars et des légendes de bord. Il y a de l'humour, de l'amour, de la passion dans cette basse-cour pleine de rebondissements et de surprises dont le tome I a tout pour séduire. L'Ile au poulailler, Glénat.
Domecq : affiche, exposition, album
Elle était déjà de la première édition, Mathilde Domecq. Cette année, elle signe l'affiche du festival et aura son exposition qui rassemblera une belle sélection de ses planches originales. On n'oublie pas non plus que Mathilde signe Basile et Melba (Glénat) une série dans laquelle son jeune duo s'affirme dans un tome 2 savoureux.
Et aussi
On ne peut pas citer tous les auteurs présents. Mais on peut rappeler qu'il y aura Tarrin avec son Spirou et son lémurien favori, Gaston avec son très acerbe P'tit Sarko tome 2. Fred Neidhart dédicacera Pattes d'eph' et col roulé, Fabcaro Les Marseillais et Adam Pianko Le pavé originel.
Mention spéciale à Jason primé audernier festival de San Diego. On attend avec impatience son dernier album Les Loups-garous de Montpellier.
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04.09.2009
Siegfried et Alex Alice, une rencontre chez Azimuts à Montpellier
Pas simple de mettre en images et en bulles un monument comme la légende de Siegfried, à jamais marquée par l'adaptation musicale qu'en a faite Wagner. En publiant le tome 2 de son Siegfried, La Walkyrie (Dargaud), Alex Alice confirme, après le succès du Troisième Testament, tout son talent graphique mais aussi de scénariste. C'est chez Azimuts, samedi, qu'Alex Alice présentera en dédicace son nouvel album. On y retrouve le jeune Siegfried à la recherche de ses origines flanqué de Mime, le Nibelung qui l'a élevé.
C'est un personnage haut en couleurs, ce Mime. Alex Alice en a fait à la fois la conscience de son héros et l'élément décalé qui ajoute une pointe d'humour à une histoire dramatique. On suit donc la quête du jeune Siegfried à travers la forêt maudite sous l'oeil d'Odin et de la Walkyrie. Il atteindra la montagne des géants, affrontera la mort et, jouet des dieux, il finira par son courage à leur imposer de le laisser aller au bout de son destin. Toute la maîtrise d'Alex Alice s'impose dans cette fresque grandiose. Un découpage enlevé pour une mise en scène qui dépasse le simple cadre des pages, un dessin éclatant, Alex Alice a osé Siegfried. Il a eu raison. On sort ébloui de ce tome
Dédicace librairie Azimuts, le 5 septembre, à partir de 15 h.
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