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25/01/2012

Angoulême 2012 : des chiffres, des albums et des auteurs

5 327 : C’est le nombre de BD publiées en 2011 dont 3 841 nouveautés. Une augmentation de 3,04 %. Un petit coup de frein par rapport à 2010 avec ses 5,85 %. Crise oblige, les éditeurs font attention aussi bien pour leurs choix de publications que pour les tirages. Ils préfèrent rééditer.

BD HUGAULT.jpgMais la BD (selon le rapport exhaustif de Gilles Ratier secrétaire général de l’ACBD) manque de locomotives cette année. C’est vrai que hormis un XIII chez Dargaud (500 000 exemplaires) pas d’Astérix, Titeuf ou Largo Winch.

Quatre éditeurs se partagent 43 % des parutions. Delcourt est en tête avec le rachat de Soleil. Le groupe Média Participations (Dargaud, Dupuis, Le Lombard) suit avec, ensuite, Glénat et Flammarion (Casterman, Fluide). Derrière viennent une dizaine d’éditeurs “moyens” et d’autres plus petits qui arrivent à tirer leur épingle du jeu avec quelques titres ou collections qui marchent bien, des régionaux comme 6 Pieds sous terre, Emmanuel Proust, ou Paquet avec l’aéronautique (Le Grand Duc et Le PIlote à l'Edelweiss) et la saga des voitures des années cinquante.

1 487 : C’est le nombre d’auteurs qui arrivent à vivre de leur art. Et pourtant ils ont été 1 749 à publier au moins un album en 2011. Pas facile donc de faire de la BD. Les classiques réédités sous forme d’intégrale marchent de mieux en mieux. 1 058 au total.

Enfin, la BD n’a pas encore trouvé son modèle économique sur le web pour l’édition. Par contre c’est sur le net que les lecteurs vont chercher des chroniques et des conseils pour leurs achats. Ou découvrir des auteurs qui ont des blogs, nouveau moyen d’édition, ensuite publiés sur papier.

24/01/2012

Angoulême 2012: crise oblige, un festival de transition ?

La BD se donne rendez-vous à Angoulême. Comme d’habitude au mois de janvier. Une édition qui serait en forme de transition ? Pourquoi pas ? Art Spiegelman est le président d’un festival qui doit, crise oblige, être de plus en plus innovant, prescripteur.

BD ATAR.jpgQuel avenir pour la BD ? Une certitude, la surproduction ne permet pas aux libraires de défendre les albums qui ne font qu’un petit tour sur leurs rayons et disparaissent. Seuls les auteurs les plus forts, les plus connus, s’en tirent au détriment des “petits jeunes” qui mériteraient une chance.La BD serait-elle prise au piège de son succès depuis dix ans, de l’augmentation de sa part de marché face au livre ? Angoulême va en débattre. Comme du net et des bibliothèques sur le web où l’on peut déjà télécharger des albums en payant.

 

BD ILE.jpgLe jury se penchera pour l’occasion de ce festival sur une sélection variée, inégale, consensus assez hétéroclite de près de 60 albums. Deux Montpellierains y figurent en bonne place, on l’espère, pour le prix du meilleur album. Ce sont Guy Delisle avec ses Chroniques de Jérusalem (Delcourt) et Jason pour L’Île aux cent mille morts (Glénat). On retrouve ensuite des poids lourds comme Blutch, Larcenet avec son savoureux Valérian chez Dargaud, Vivès pour Polina bien sûr, album coqueluche chez Casterman, Juillard ou encore Cosey, Bilal pour Julia et Roem, Greg Thompson pour Habibi, les deux chez Casterman, Pedrosa pour Portugal (Dupuis).

BD HABIBI.jpgD’où une concentration assez étonnante de célébrités mais aussi de quelques belles pépites qui ont leur chance si le premier tour du jury ne se focalise pas sur la seule renommée. Atar Gull de Nury et Bruno (Dargaud) rassemble qualités d’écriture et de dessin. Idem pour l’émouvant et tendre Doomboy de Sandoval (Paquet) ou Fables nautiques de Marine Blandin (Delcourt). Sans oublier Le Chanteur sans nom de Balez et Le Gouëffec chez Glénat, Curieusement une sélection polar vient en parallèle s’ajouter à la compétition. Pourquoi l’avoir dissociée ? Mystère. Un clin d’œil pour Tardi avec son adaptation de Manchette, Ô Dingos, Ô Châteaux et Le Perroquet des Batignolles signé avec Stanislas. Sokal y figure pour son célèbre Canardo.

BD PLAN.jpgPour le prix Jeunesse il y a Émile Bravo avec Jules, évidemment et De Pins avec son délirant Zombillénium (Dupuis) ou Waluk chez Delcourt. Reste enfin le Prix du Patrimoine, une réédition d’un classique. Terry et les Pirates ou La Dynastie Donald Duck serait un choix judicieux.

Mais, comme chaque année aussi, Angoulême réserve des surprises à la proclamation des résultats. Pas de raison que cela change en 2012.

 

12/01/2010

Avec Pixi la Bd a mis du plomb dans ses bulles

BD PIXI3.jpgC'est une vraie saga, celle de la firme Pixi, qui depuis plus de vingt-cinq ans enchante tous les amateurs de figurines en plomb. Mais il n'y a pas de petits soldats dans le catalogue. Le fondateur de Pixi, Philippe-Antoine Guénard, a pris pour modèles les héros de BD. Tintin bien sûr mais aussi Gaston ou Astérix, Blake et Mortimer, Lucky Luke, les héros du 9e art, le tout en série limitée et peint à la main. Du coup, les collectionneurs très fidèles comme Louis Nicollin s'arrachent les Pixi. Philippe-Antoine Guénard s'est juré de toujours les satisfaire.
Philippe-Antoine Guénard est un homme à idées. Et celle de se lancer dans la figurine en plomb date de 1983, « histoire de créer une entreprise simplement. Et comme mon beau-père Alexis Poliakoff était sculpteur et passionné par les soldats de plomb anciens, cela m'a semblé être cohérent. J'ai voulu aller plus loin avec lui et Pixi est née. » Un vrai têtu, Philippe-Antoine, à une époque où le plastique était roi. Pour commencer, il veut raconter des histoires avec ses figurines. Dans la plus pure tradition il présente ses sujets dans des boîtes qui servent de décor. Il choisit 1900, la Belle Epoque, comme thème de ses premières productions avec une épicerie ou un atelier d'artiste. « Sauf que tout le monde aimait mais que les ventes ne décollaient pas », avoue, sourire en coin, le créateur de Pixi.

Alors il a encore une idée, une vraie bonne idée, difficile à matérialiser certes mais qui fait mouche : « J'ai fait le siège des créateurs de mode, des grands couturiers en leur proposant que chacun crée une figurine en plomb portant une robe de sa marque. J'ai eu au moins trois cents rendez-vous et autant de refus. Jusqu'au jour où Patou a dit oui. Les autres ont suivi. » Commence alors les vrais débuts de la saga Pixi avec Disney France qui lui fait faire des Mickey en plomb et enfin, cerise sur le gâteau, la Fondation Hergé qui lui confie Tintin et Milou, Tournesol, la Castafiore et l'incontournable capitaine Haddock. « C'est un Tintin extrait de l'album Le Lotus Bleu qui a été le coup d'essai. Alexis Poliakoff a réussi merveilleusement à dégager l'esprit d'Hergé dans ses figurines. Le succès était là. Et dans la foulée Gaston, sous la houlette de Franquin en personne, a suivi. Imaginez Franquin découvrir son Gaston en 3D, un bonheur étonnant. Il a lui-même corrigé les maquettes. » Philippe-Antoine Guénard en est encore ému. Mais personne, et encore moins lui, ne pouvait imaginer le marché que la figurine en plomb, le "Pixi", allait devenir.

BD PIXI 1.jpgUderzo rejoint aussi le monde du plomb avec Astérix et Obélix, puis tous les personnages imaginés avec Goscinny, alors que des esprits chagrins avaient prédit que jamais cela ne marcherait pour le petit Gaulois. Reste que, comme le dit avec fermeté Guénard : « On ne sait pas combien faire un Pixi est difficile. Tout est fait à la main, dans notre atelier de Normandie. C'est un travail long et délicat ce qui explique le prix de vente, des tirages faibles et, surtout, il ne faut jamais saturer le marché. » Résultat, ceux qui ont fait le succès, les collectionneurs, sont depuis plus de vingt ans toujours au rendez-vous. Des passionnés (lire ci-contre) qui craqueront aussi bien pour un Lucky Luke ou un Nestor Burma de Tardi que pour le magnifique défilé en plomb tiré de celui de Jean-Paul Goude sur les Champs-Élysées en 1989.

Aujourd'hui, on sait moins que Pixi c'est aussi Plastoy, des figurines en plastique toujours réalisées avec le souci de la qualité. Elles représentent désormais 70 % d'un chiffre d'affaires qui flirte avec les 8 millions d'euros environ. En plus du plomb, Philippe-Antoine Guénard vient aussi de miser sur le bronze avec un superbe duo Corto Maltese et son ennemi Raspoutine d'après Hugo Pratt. Jamais à court d'idées, il a encore des projets plein la tête, avec toujours la BD pour partition.