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27/01/2012

Angoulême 2012 : Hugault et Yann pour un superbe Pilote à l'Edelweiss

BD EDEL.jpgOn savait Romain Hugault et Yann maîtres de l’air. Leur série Le Grand Duc l’a prouvée pour 39-45. Mais avec Le Pilote à l’Edelweiss le duo se frotte aux débuts de l’aviation de guerre en 14-18.

Chapeau pour l’authenticité, la qualité de la reconstitution. Rien ne cloche et on est embarqué dans la lutte sans merci auquel se livrent les As français et allemands. Deux frères, un pilote des Cigognes et un tankiste, sont les héros de cette série. Il y a aussi une jeune femme qui trouble le jeu.

Les tranchées, les combats, l’ambiance du front et des escadrilles, tout y est. Le dessin d’Hugault est bluffant. Le Pilote à l’Edelweiss, T1 Valentine, Paquet, 13, 50 €.

30/09/2011

Polar Coups tordus à la cubaine

BD ADIOS.jpgUne jolie fille dont le vélo a des faiblesses, des touristes dans un Cuba où règne la débrouille, les conditions sont réunies pour quelques coups tordus bien ficelés. Alicia et sa maman chassent le gogo. C’est une “cavalière” prostituée à l’occasion. 

Quand elle tombe sur Juanito, gérant d’une grosse affaire d’immobilier, elle pense avoir touché le gros lot. Erreur et début des embrouilles. Un roman de Chavarria, une adaptation de Matz (Le Tueur) et le dessin de Bacilieri, un trio gagnant pour ce polar à la cubaine d’une réjouissante immoralité. Adios Muchachos, Rivages Casterman, 18 €.

22/09/2011

BD Quelle vie de pub, drôle et percutant

BD PUB.jpgFormé à  l’école de graphisme publicitaire Brassart à Tours, Fabien Manuel a commencé sa carrière comme graphiste-illustrateur. Directeur artistique dans une agence de publicité à Paris, il est également créateur du blog Quelleviedepub qui relate son quotidien farfelu, celui bien sûr, d’un DA dans un agence de publicité. On découvre en gros tout ce qui se cache derrière les pubs que nous voyons à la télé.

Alors comme dit l’auteur dans une interview accordée à minute buzz en juin dernier :" tout le monde prend  dans Quelleviedepub mais le but est de démontrer que la réalité est bien éloignée des personnages de 99 Francs de Beigbeder ".

Le ton utilisé est tellement léger et les dessins si superbement colorés qu’on ne peut qu’apprécier, même si l’on travaille dans ce milieu, la vision de ce directeur artistique aux multiples talents qui a travaillé en collaboration avec Florian Bossard.

La BD issue du blog est en vente depuis le 13 septembre sur le blog Quelleviedepub. Editée dans un format se rapprochant plus des comics que de la BD traditionnelle, elle offre à ses lecteurs 86 pages de gags en partie issus du blog et 40% d’inédits. Une plume acéré et un dessin fluide, cet album est à découvrir pour un bon moment de détente et une forte dose de bonne humeur.

Auteur « multi-tâche » puisqu’il réalise à la fois les dessins, le scénario et même l’édition de sa BD, Fabien Manuel fait partie de ces petits nouveaux dans le milieu de la BD qui gagnent à être connu. C’est tous le mal qu’on lui souhaite. Quelle Vie de Pub, 12, 90 euros, Auto-édition

Sidney TRUC

15/12/2006

Trondheim et Angoulême

Lewis Trondheim, Montpelliérain d'adoption et auteur complet, talent en recherche perpétuelle, est aussi le président en titre du prochain festival BD d'Angoulême de janvier prochain. La sélection officielle des albums en course a été officialisée hier à Paris (voir ci-dessous).

A quelques semaines de l'édition 2007 d'un festival qui a fait plus ou moins d'Angoulême La Mecque de la BD, Lewis Trondheim s'est exprimé sans détours sur les limites d'un festival alors « qu'il y a encore un mois, on ne savait pas s'il aurait lieu. 2007 sera une année décisive ».

« Problème de budget, de lieu, car le festival contraint et forcé abandonne le centre-ville, une municipalité qui ne comprend pas qu'Angoulême n'est finalement reconnue que par la BD, la Région qui soutient du bout des lèvres une manifestation qui a lieu dans une ville de couleur politique différente, les éditeurs qui voulaient à tout prix être ensemble sous le même chapiteau et ne pas être répartis dans la ville » : Trondheim égrène les écueils qui ont failli faire couler définitivement le paquebot festival et qui pourraient bien le faire s'échouer sous les remparts de La Rochelle. Et d'ajouter : « les auteurs sont exclus des prises de décision. Ils sont pris en otage entre les financiers et les organisateurs. Ce n'est pas pour rien qu'un syndicat d'auteurs toutes tendances confondues va voir le jour ». Lewis Trondheim, grand prix 2006, est un président qui a toutefois totalement joué le jeu et a apporté ses idées. Côté exposition ou manifestations, il avoue « avoir privilégié le spectacle comme les 24 h de la BD pendant lesquelles des auteurs dessineront en public, ou la réalisation d'une planche en direct par des Davodeau, Sapin ou Sattouf. Il y aura aussi dans des endroits divers de la ville les 7 Merveilles de la BD, une autre vision de l'exposition, un match d'improvisations, un concert de BD ». Mine de rien, Lewis Trondheim a accroché. Comme il a aussi dans l'idée « qu'il n'y a pas de raison que la BD soit exclue de La Comédie du Livre de Montpellier, boiteuse sans elle. On va en discuter tous ensemble car la fascination pour le dessin est inaliénable, magique. On sait dessiner enfant avant d'écrire ».

Pour l'heure, Trondheim se prépare à la sortie chez Delcourt de son dernier ouvrage, une saga sur l'Ile Bourbon au XVIIIe siècle. Mais c'est une autre histoire.

Une sélection atypique

Au total, cinquante albums sont nominés cette année dont six pour le prix du patrimoine, rééditions de classiques introuvables. On sent la patte du président sur les choix qui donnent la part belle à une majorité d’éditeurs indépendants et à des albums peu connus auxquels un prix apporterait notoriété et impact. Cette sélection limite les albums grand public. Éternel dilemme d’Angoulême pour qui le succès est un défaut. On retrouve pourtant Loustal avec "Le Sang des Voyous" (Casterman), Loisel et Tripp avec "Magasin général" (Casterman), "Le Photographe" (Dupuis), l’excellent "Marquis d’Anaon" de Bonhomme et Vehlmann (Dargaud), le bouleversant "Pourquoi j’ai tué Pierre" d’Alfred et Ka (Delcourt) sur lequel on reviendra.