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05/07/2012

Des vacances inoubliables avec Reiser

Reiser, Oboulot, GlénatIl était incontournable, génial, abrupt, iconoclaste, drôle, méchant, dévastateur, tendre. Quand Reiser, à la demande du journal Le Monde créé dans les années 80 les aventures de la famille Oboulot il n'y va pas de main morte.

Le père, la mère et les deux fgamins sont des monstres en puissance qui partent en vacances, Français moyens, beaufs complets mais finalement pour le moins crédibles. Sauf qu'au Monde on ne rigole pas avec l'humour décalé et que la publication estivale de le famille Oboulot s'arréte vite.

D'où cette sortie en album de la totalité des aventures épiques et démoniaques de nos vacanciers. Campings, bouchons, météo, charters, la totale et les quatre immondes s'en donnent à coeur joie pour notre plus grand plaisir.

Humour noir et toujours d'actualité, à mourir de rire (La Famille Oboulot en vacances, Glénat, 12,75 €).

01/07/2012

Cyclisme et Tour de France: des hommes et des légendes

Tour de France, cyclismeOn colle à l'actualité. Avec le départ du Tour de FRance 2012 cet album qui recense toutes les grandes gueules du cyclisme tombe bien. Préfacé par Geminiani ce one shot signé Roger Brunel au scénario et par Michel Janvier et Jean-Marc Borot pour les illustrations est une vraie machine à remonter le temps.

On retrouve avec tendresse un Robert Chapatte, journaliste mythique du cyclisme, Coppi, Bobet pour les "vieux" des années cinquante et ensuite tous ceux qui ont fait la joie et le bonheur des amoureux de la petite reine.

On plonge à la suite de Poulidor, Guimard, Anquetil, Merckx, Hinault. Sans oublier les plus jeunes, Lemond, Pantani avec une pensée émue pour Laurent Figon. Un beau catalogue de vainqueurs (Les légendes du cyclisme, Vents d'Ouest, 12, 75 €)

24/06/2012

Aviation : quatre albums de rêve au bout des ailes

BD HELICES.pngLa totale. En quatre albums les éditions Paquet ont ravitaillé en vol et de belle manière leur collection Cockpit. On commencera par un album hommage, Le Temps des hélices, au meeting de la Ferté Alais, lieu de rencontre incontournable pour tous les fans d'aéronautique. 40 ans déja que la famille Salis récupère, remet en état de vol ou rassemble une fois par an les plus prestigieux avions de notre histoire.

Avec des fiches techniques consacrés au P 38 comme au Caudron, Dewoitine 501 au Me 109 ou au Skyrader l'album a aussi donné carte blanche pour le dessin aux maîtres du dessin d'aviation. Hugault à la couverture puis Vincent, Perinotto bien sûr (on va en reparler ensuite), Marin, Ortiz, Olivier Dauger, que du bonheur pour cet album référence et souvenir (15 €).

BD SPEED.jpgDeuxième arrivée groupée, deux albums consacrés aux Speedbirds réédition en fait d'un volume paru en 2009. Signé par Laurent Négroni le premier recense tous les hydravions qui se sont battus pour la Coupe Schneider. Du Sopwith bricolé au Supermarine on est estomaqué par la finesse mais aussi la puissance de ces modèles d'aérodynamisme.

En parallèle sont aussi montrés quelques-unes des voitures qui ont marqué cette époque. Du tout beau complété par le tome 2 qui lui se projette dans ce que pourrait être les hydravions de course de demain. Un superbe travail qui fait rêver (19,50 € chaque album).

BD PERINO.jpgEnfin la cerise sur le gâteau. Le tome 2 Artbook de Perinotto est le summum en matière non seulement de qualité iconographique, de dessin maîtrisé, d'environnement. Et puis le Constellation, le DC6 ou le Bréguet Deux Ponts, le Ju 52, le DC3, tout y est. Le mythe à l'état pur et pour ceux qui ont eu la chance (et oui) de voler à bord de ces légendes c'est un merveilleux voyage, une cure de jeunesse légèrement teintée de nostalgie (19,50 €).

09/06/2012

Ferrandez au Musée de l'Armée : l'Algérie de 1830 à 1962

Ferrandez, Musée ArméeJacques Ferrandez est le pilier sur lequel repose la superbe exposition du Musée de l'Armée à Paris consacrée aux cent trente ans de présence française en Algérie.

Algérie, 1830 - 1962 reprend en objets, textes, illustrations de Ferrandez un parcours difficile, qui ira de la conquête à l'indépendance.

Cinquante après le départ de la France d'Algérie cette exposition qui se veut à juste titre historique marquera cet anniversaire qui a ravivé parfois des plaies qui ne sont pas encore cicatrisées. Un million de pieds-noirs partira à l'été 1962. La tragédie des Harkis mais aussi les années d'insouciance ou de colonisation, rien n'est oublié dans cette exposition. 

Enfin que la BD à travers le travail de Jacques Ferrandez soit la charnière de cette exposition montre combien le 9e Art a désormais droit de cité er d'expression à tous les niveaux, grande Histoire comprise. L'exposition est ouverte jusqu'au 29 juillet prochain aux Invalides à Paris.

Un remarquable album catalogue de l'exposition, Algérie 1830-1962, avec Jacques Ferrandez a été édité par Casterman (29 €). Il rassemble textes, objets présentés, chonologie et bien sûr les dessins de Jacques Ferrandez dont nombreux sont ceux tirés de sa série Carnets d'Orient chez Casterman.

03/06/2012

DMZ, les USA en pleine guerre civile sous l'oeil des caméras

dmz,vertigo classiques,urban comicsUn jeune journaliste stagiaire accompagne un présentateur vedette sur le terrain. La guerre fait rage aux USA. Des états ont fait sécession, New York est un ghetto sur lequel règne des factions et où tente de revenir l'arméee régulière.

On est dans quelques années, un futur proche, et Matthew Roth, le stagiaire, va se retrouver propulsé au devant d'une actualité dont il ignore la gestion. Quand son patron disparaît, il doit, seul journaliste sur place, assurer la couverture des évènements après avoir récupéré le matériel de tournage.

C'est son périple que l'on suit dans DMZ. Roth apprendra vite, se fera des copains ou des ennemis, sera manipulé par l'extérieur. Il aura du mal à sauver sa peau dans un univers chaotique, urbain et sans pitié. Il finira par prendre fait et cause pour ces habitants d'un New York dvasté.

Avec Brian Wood et Riccardo Burchielli au dessin on se retrouve plongé dans une série qui décoiffe, prend aux tripes. On y croit. Les décors sont d'un réalisme superbe. L'action, toujours des histoires courtes, est très maîtrisée. Un mélange de BD européenne et de comics très réussi.

Les deux premiers tomes viennent de sortir. Un conseil : plongez à la suite de Matthew, vous ne pourrez plus vous en passer. Avec cette nouvelle édition d'un must incontournable on est dans la qualité absolue. A découvrir ou à redécouvrir (DMZ, Urban Comics, Vertigo classics, 14 $ l'album).

30/01/2012

Angoulême 2012 : Jean-Claude Denis pour la quarantième

BD MATHA.jpgJean-Claude Denis a reçu, hier soir, le Grand Prix de la ville d’Angoulême. Il sera le président de l’édition2013, quarantième du nom. Un futur anniversaire qui se devait d’être sous la houlette d’un maître de la BD. Denis est reconnu non seulement par les siens mais aussi par le public qu’il a toujours su émouvoir avec des histoires tendres, sensibles, à l’humour tout en finesse.


En passant le relais à Jean-Claude Denis, Art Spiegelman,«soulagé», a marqué une sorte de retour aux sources. La ligne claire et élégante de Denis s’est imposée, comme son sens de la narration, à l’écriture sobre mais soignée, émouvante souvent. Ce récent sexagénaire, qui privilégie l’autofiction, est, depuis leurs débuts, le complice de Juillard ou de Martin Veyron, ancien Grand Prix, qui nous avait confié que Denis faisait partie de ses favoris. Même approche de Florence Cestac: « Ce serait bien que ce soit l’heure de Jean-Claude.» C’est fait et Jean-Claude Denis, s’est modestement demandé « si je méritais ce Grand Prix. J’ai passé une grande partie de ma vie à éviter la compétition. Mais hormis une liberté totale, la BD m’a surtout donné mes meilleurs amis.»

Un bel hommage à Fred

De Pilote au mensuel À suivre , Denis a fait progresser, évoluer son talent sans jamais se renier. Avec son héros, Luc Leroi, un naïf chronique, pas très doué mais sympa, Denis a toujours privilégié le bonheur des rencontres. Présent il y a deux ans au festival montpelliérain Autour de la Bulle, il y avait présenté Nouvelles du monde invisible (Futuropolis), une digression très personnelle sur sa vision du monde qui nous entoure.

De Denis, on retiendra, par plaisir, Quelques mois à l’Amélie (Dupuis), un auteur en quête d’inspiration. Il croisera la route d’une femme qu’il ne pourra aimer vraiment. Toujours un brin de désespoir chez Denis dont le dernier diptyque, Tous à Matha (Futuropolis), lui ressemble tellement par sa sensibilité. Il y raconte les aventures romanesques d’adolescents à la fin des années soixante. Enfin, dans la course au Grand Prix, à noter que Lorenzo Mattotti faisait partie du trio final. Ce n’est que partie remise.

BD CHANTEUR.jpg

Du festival, on se souviendra de l’hommage au dessinateur Fred lors de la cérémonie de clôture menée au pas de course, horaires ministériels obligent. Une émotion vraie que Fred, auteur du mythique Philémon, a fait partager au public.


Pas de fausse note. Angoulême est toujours un lieu de rencontres. Avec Le Gouëllec et Balez dont Le Chanteur sans nom (Glénat) aurait mérité un prix, on part sur les traces de Roland Avillis. Dans les années trente, il chantait masqué. Ami de Piaf ou d’Aznavour, sa vie est un roman incroyable.

BD LIONNE.jpgUne belle découverte aussi: La Lionne de Laureline Mattiussi et Sol Hess (Glénat), dans une Rome fellinienne digne du Satyricon sur laquelle on reviendra.