Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

31/01/2012

Angoulême 2012 : du blog au papier, les succès de Pénélope Bagieu

BD BAGIEU.jpgPénélope Bagieu est un auteur (Joséphine) qui a débuté sur un blog et a ensuite publiée sur papier,succès en prime, de l'un à l'autre et vice-versa.

Avec La Page Blanche (Delcourt), belle découverte du festival, elle signe, avec Boulet au scénario, « ’histoire d’une jeune femme devenue amnésique qui décidera de prendre un nouveau départ après avoir mené une enquête qui lui démontre la banalité de sa vie».

Une recherche d’identité très bien vue, intelligente, générationnelle? « Peut-être, mais universelle aussi. On a tous eu envie de tirer un trait sur notre vie, de repartir à zéro », estime Boulet. Et côté blog pour Pénélope? " Je le vois en dédicace. Ce n’est pas le même public. Le blogueur n’est pas vraiment un lecteur papier. Le blog parle de lui avant tout, il s'y retrouve, la BD il s’en fiche. Mais il peut quand même il y avoir des transferts ", conclut Pénélope Bagieu qui prépare un album qui se passera dans l’espace avec Sfar au scénario.

30/01/2012

Angoulême 2012 : fauve d'or du meilleur album pour le Montpelliérain Guy Delisle avec ses Chroniques de Jérusalem

BD JERU.jpgUn vrai bonheur que ce Fauve d’Or, prix du Meilleur album 2012, qui récompense e Montpelliérain d’origine canadienne Guy Delisle.Avec Chroniques de Jérusalem (Delcourt),Guy Delisle a fait acte de témoin au quotidien de la vie de l’autre côté du mur érigé par les Israéliens.

Un récit au dessin sobre, percutant, une vision intelligente et sincère. Midi Libre avait annoncé dans son édition de jeudi 26 janvier les chances réelles de Guy Delisle, ému, qui avouait « l’effet fort et l’honneur ressenti à ce prix » et comment Spiegelman lui avait montré « avec Maus, comment on pouvait faire encore plus avec une BD ».

Dans un palmarès très ouvert, on remarque, pour l’éditeur régional 6 Pieds sous terre, le prix Révélation avec TMLP. À Pedrosa revient, pour Portugal (Dupuis), le prix Fnac.

Un joli clin d’œil avec le Fauve du Prix Jeunesse à Zombillénium, tome II Arthur de Pins (Dupuis).

Le jury a affirmé sa volonté de récompenser de jeunes auteurs et des éditeurs courageux, Association, Requins Marteaux ou Ki-Oon pour Bride Stories.

Angoulême 2012 : Jean-Claude Denis pour la quarantième

BD MATHA.jpgJean-Claude Denis a reçu, hier soir, le Grand Prix de la ville d’Angoulême. Il sera le président de l’édition2013, quarantième du nom. Un futur anniversaire qui se devait d’être sous la houlette d’un maître de la BD. Denis est reconnu non seulement par les siens mais aussi par le public qu’il a toujours su émouvoir avec des histoires tendres, sensibles, à l’humour tout en finesse.


En passant le relais à Jean-Claude Denis, Art Spiegelman,«soulagé», a marqué une sorte de retour aux sources. La ligne claire et élégante de Denis s’est imposée, comme son sens de la narration, à l’écriture sobre mais soignée, émouvante souvent. Ce récent sexagénaire, qui privilégie l’autofiction, est, depuis leurs débuts, le complice de Juillard ou de Martin Veyron, ancien Grand Prix, qui nous avait confié que Denis faisait partie de ses favoris. Même approche de Florence Cestac: « Ce serait bien que ce soit l’heure de Jean-Claude.» C’est fait et Jean-Claude Denis, s’est modestement demandé « si je méritais ce Grand Prix. J’ai passé une grande partie de ma vie à éviter la compétition. Mais hormis une liberté totale, la BD m’a surtout donné mes meilleurs amis.»

Un bel hommage à Fred

De Pilote au mensuel À suivre , Denis a fait progresser, évoluer son talent sans jamais se renier. Avec son héros, Luc Leroi, un naïf chronique, pas très doué mais sympa, Denis a toujours privilégié le bonheur des rencontres. Présent il y a deux ans au festival montpelliérain Autour de la Bulle, il y avait présenté Nouvelles du monde invisible (Futuropolis), une digression très personnelle sur sa vision du monde qui nous entoure.

De Denis, on retiendra, par plaisir, Quelques mois à l’Amélie (Dupuis), un auteur en quête d’inspiration. Il croisera la route d’une femme qu’il ne pourra aimer vraiment. Toujours un brin de désespoir chez Denis dont le dernier diptyque, Tous à Matha (Futuropolis), lui ressemble tellement par sa sensibilité. Il y raconte les aventures romanesques d’adolescents à la fin des années soixante. Enfin, dans la course au Grand Prix, à noter que Lorenzo Mattotti faisait partie du trio final. Ce n’est que partie remise.

BD CHANTEUR.jpg

Du festival, on se souviendra de l’hommage au dessinateur Fred lors de la cérémonie de clôture menée au pas de course, horaires ministériels obligent. Une émotion vraie que Fred, auteur du mythique Philémon, a fait partager au public.


Pas de fausse note. Angoulême est toujours un lieu de rencontres. Avec Le Gouëllec et Balez dont Le Chanteur sans nom (Glénat) aurait mérité un prix, on part sur les traces de Roland Avillis. Dans les années trente, il chantait masqué. Ami de Piaf ou d’Aznavour, sa vie est un roman incroyable.

BD LIONNE.jpgUne belle découverte aussi: La Lionne de Laureline Mattiussi et Sol Hess (Glénat), dans une Rome fellinienne digne du Satyricon sur laquelle on reviendra.

28/01/2012

Angoulême 2012 : le cauchemar d’un auteur iranien persécuté

BD IRAN.jpgC’est plus qu’une tendance. La BD devient témoignage, reportage. Joe Sacco, Spiegelman, Delisle nominé, Satrapi bien sûr, Emmanuel Guibert, ils sont nombreux les auteurs à avoir fait ce choix.

Arrive un Iranien, Mana Neyestani avec un album choc, bouleversant. Dans Une Métamorphose iranienne (Arte Éditions, 20 €) il raconte son combat. Pour un dessin innocent, un mot qui, aux yeux des autorités, risquent de vexer les Azéris minorité iranienne du nord, Neyestani est emprisonnée, interrogé pendant des semaines à Téhéran.

Au jour le jour, Neyestani, exilé à Paris, raconte en dessin son calvaire dans un univers kafkaien, incroyablement déroutant. Son dessin est vif, percutant. On plonge avec lui dans un monde d’angoisse, écrasant, celui de l’Iran d’aujourd’hui.

Neyestani a profité d’une libération provisoire pour s’enfuir. Sa cavale est aussi un témoignage. Un album coup de poing et de cœur.

 

27/01/2012

Angoulême 2012 : Hugault et Yann pour un superbe Pilote à l'Edelweiss

BD EDEL.jpgOn savait Romain Hugault et Yann maîtres de l’air. Leur série Le Grand Duc l’a prouvée pour 39-45. Mais avec Le Pilote à l’Edelweiss le duo se frotte aux débuts de l’aviation de guerre en 14-18.

Chapeau pour l’authenticité, la qualité de la reconstitution. Rien ne cloche et on est embarqué dans la lutte sans merci auquel se livrent les As français et allemands. Deux frères, un pilote des Cigognes et un tankiste, sont les héros de cette série. Il y a aussi une jeune femme qui trouble le jeu.

Les tranchées, les combats, l’ambiance du front et des escadrilles, tout y est. Le dessin d’Hugault est bluffant. Le Pilote à l’Edelweiss, T1 Valentine, Paquet, 13, 50 €.

26/01/2012

Angoulême 2012 : Spiegelman et son MetaMaus

BD META.jpgPrésident de l’édition 2012, Art Spiegelman a installé pour l’occasion à Angoulême son musée privé de l’histoire de la BD. Exposition rare, subjective, de 400 œuvres de 116 artistes. Elle durera trois mois, signée par l’auteur de Maus (l’histoire de ses parents déportés primée par le Pulitzer), suivie par une rétrospective à Beaubourg.

Spiegelman publie aussi un ouvrage sur les questions posées par Maus. Dans MetaMaus (Flammarion, 30 €) Spiegelman se livre, explique, comment Maus est née et a changé notre vision de la Shoah et de la BD comme support de témoignages.

Le livre contient un DVD de l’intégrale de Maus. Incontournable.

 

25/01/2012

Angoulême 2012 : des chiffres, des albums et des auteurs

5 327 : C’est le nombre de BD publiées en 2011 dont 3 841 nouveautés. Une augmentation de 3,04 %. Un petit coup de frein par rapport à 2010 avec ses 5,85 %. Crise oblige, les éditeurs font attention aussi bien pour leurs choix de publications que pour les tirages. Ils préfèrent rééditer.

BD HUGAULT.jpgMais la BD (selon le rapport exhaustif de Gilles Ratier secrétaire général de l’ACBD) manque de locomotives cette année. C’est vrai que hormis un XIII chez Dargaud (500 000 exemplaires) pas d’Astérix, Titeuf ou Largo Winch.

Quatre éditeurs se partagent 43 % des parutions. Delcourt est en tête avec le rachat de Soleil. Le groupe Média Participations (Dargaud, Dupuis, Le Lombard) suit avec, ensuite, Glénat et Flammarion (Casterman, Fluide). Derrière viennent une dizaine d’éditeurs “moyens” et d’autres plus petits qui arrivent à tirer leur épingle du jeu avec quelques titres ou collections qui marchent bien, des régionaux comme 6 Pieds sous terre, Emmanuel Proust, ou Paquet avec l’aéronautique (Le Grand Duc et Le PIlote à l'Edelweiss) et la saga des voitures des années cinquante.

1 487 : C’est le nombre d’auteurs qui arrivent à vivre de leur art. Et pourtant ils ont été 1 749 à publier au moins un album en 2011. Pas facile donc de faire de la BD. Les classiques réédités sous forme d’intégrale marchent de mieux en mieux. 1 058 au total.

Enfin, la BD n’a pas encore trouvé son modèle économique sur le web pour l’édition. Par contre c’est sur le net que les lecteurs vont chercher des chroniques et des conseils pour leurs achats. Ou découvrir des auteurs qui ont des blogs, nouveau moyen d’édition, ensuite publiés sur papier.

24/01/2012

Angoulême 2012: crise oblige, un festival de transition ?

La BD se donne rendez-vous à Angoulême. Comme d’habitude au mois de janvier. Une édition qui serait en forme de transition ? Pourquoi pas ? Art Spiegelman est le président d’un festival qui doit, crise oblige, être de plus en plus innovant, prescripteur.

BD ATAR.jpgQuel avenir pour la BD ? Une certitude, la surproduction ne permet pas aux libraires de défendre les albums qui ne font qu’un petit tour sur leurs rayons et disparaissent. Seuls les auteurs les plus forts, les plus connus, s’en tirent au détriment des “petits jeunes” qui mériteraient une chance.La BD serait-elle prise au piège de son succès depuis dix ans, de l’augmentation de sa part de marché face au livre ? Angoulême va en débattre. Comme du net et des bibliothèques sur le web où l’on peut déjà télécharger des albums en payant.

 

BD ILE.jpgLe jury se penchera pour l’occasion de ce festival sur une sélection variée, inégale, consensus assez hétéroclite de près de 60 albums. Deux Montpellierains y figurent en bonne place, on l’espère, pour le prix du meilleur album. Ce sont Guy Delisle avec ses Chroniques de Jérusalem (Delcourt) et Jason pour L’Île aux cent mille morts (Glénat). On retrouve ensuite des poids lourds comme Blutch, Larcenet avec son savoureux Valérian chez Dargaud, Vivès pour Polina bien sûr, album coqueluche chez Casterman, Juillard ou encore Cosey, Bilal pour Julia et Roem, Greg Thompson pour Habibi, les deux chez Casterman, Pedrosa pour Portugal (Dupuis).

BD HABIBI.jpgD’où une concentration assez étonnante de célébrités mais aussi de quelques belles pépites qui ont leur chance si le premier tour du jury ne se focalise pas sur la seule renommée. Atar Gull de Nury et Bruno (Dargaud) rassemble qualités d’écriture et de dessin. Idem pour l’émouvant et tendre Doomboy de Sandoval (Paquet) ou Fables nautiques de Marine Blandin (Delcourt). Sans oublier Le Chanteur sans nom de Balez et Le Gouëffec chez Glénat, Curieusement une sélection polar vient en parallèle s’ajouter à la compétition. Pourquoi l’avoir dissociée ? Mystère. Un clin d’œil pour Tardi avec son adaptation de Manchette, Ô Dingos, Ô Châteaux et Le Perroquet des Batignolles signé avec Stanislas. Sokal y figure pour son célèbre Canardo.

BD PLAN.jpgPour le prix Jeunesse il y a Émile Bravo avec Jules, évidemment et De Pins avec son délirant Zombillénium (Dupuis) ou Waluk chez Delcourt. Reste enfin le Prix du Patrimoine, une réédition d’un classique. Terry et les Pirates ou La Dynastie Donald Duck serait un choix judicieux.

Mais, comme chaque année aussi, Angoulême réserve des surprises à la proclamation des résultats. Pas de raison que cela change en 2012.

 

22/01/2012

Fantastique : Paris, capitale d’un futur chaotique et dévarié

BD ANOMALIES.jpgUne nouvelle série qui a de l’idée et qui fonctionne pas mal. On est dans un futur très proche, encore plus technique, virtuel. Un ancien des Forces spéciales, Frank Braffort, blessé au combat, se retrouve à Paris devenue une technopole.

 Tout se mélange, le passé, le futur et des anomalies, événements ou personnages mystérieux qui déstabilisent le pouvoir en place. Frank Braffort aura pour mission de découvrir le secret de ces anomalies. Sauf que lui-même...

Lehman et Créty assurent une sorte de feuilleton futuriste bien ficelé. Masqué, T1, Anomalies. Delcourt, 13,95 €.

21/01/2012

Thriller La montagne, décor et actrice

BD NEIGE.jpgDeux hommes que rien ne rapproche. Le destin va pourtant les placer dans un face-à-face dont la haute montagne sera le témoin et même l’arbitre. Lucas a une dette de jeu, mortelle, et devra accomplir un contrat pour l’acquitter.

Le second, hanté par la mort de son père sur le glacier, est guide à Chamonix. Leur route va se croiser dans un règlement de compte où il n’y aura qu’un gagnant.

Douay, dont on avait apprécié le Commandant Achab, maîtrise le dessin cadré et efficace. Piatzeck a écrit un polar prenant et plein d’imprévus. Neige et roc. Casterman, 14,95 €.