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31/10/2011

Veyron pour un drôle de marivaudage urbain

Il a du talent bien sûr (et beaucoup) mais aussi une classe incroyable. Tout au long de ses albums, de ses histoires, Martin Veyron nous balade avec parfois nonchalance et toujours esprit pétillant. Cette fois avec ce Marivaudevilles de jour, Veyron adopte en BD le plan séquence. Une charmante blonde ouvre la bal de cet album qui va dérouler en temps réel des tranches de vie apparemment sans liens entre elles et pourtant. 

Une chaine humaine se construit peu à peu et on la suit à la découverte de cas divers soutenus par des dialogues ciselés. Petits travers, tromperies bien humaines, Veyron constate, mélange ses personnages, jeunes ou vieux, angoissés et fatalistes. Une belle digression légère et sérieuse à la fois. Dessin clair et net, Veyron nous bluffe encore une fois avec brio. Marivaudevilles de jour, Dargaud, 13, 95 E

30/10/2011

Jour J L’Empire joue les prolongations

BD EMPEREUR.jpgC’est une série qui tient la route. En réécrivant l’Histoire, Jour J s’attaque cette fois aux années vingt, avec la France toujours sous l’Empire. 1925 : Napoléon V va être couronné et l’armée possède une arme électrique terrifiante. Mais un complot se trame.

Mata-Hari est à la solde d’une puissance étrangère. Nerval, brillant officier, va tenter de déjouer le complot et son cousin inventer la bombe atomique. Pas délirant du tout, cette histoire pleine de rebondissements, bien dessinée par Gess sur un scénario très feuilleton de Pécau et Duval. Jour J, Vive l’empereur, Delcourt, 13,95 €.

 

29/10/2011

Spirou : Zorglub, un vrai méchant ?

BD SPIROU FACE.jpgIl a toujours été le méchant mais surtout le dindon de la farce. Zorglub - merci Franquin - est l’archétype du savant fou, jobard mais génial, frustré par Champignac et mis en échec par Spirou.

Dans ce nouveau “one shot”, la face noire de Zorglub réapparaît sous les plumes de Yoann au dessin et du talentueux Fabien Vehlmann au scénario. Direction la Lune, où Zorglub a construit un club grand luxe pour milliardaires.

Sauf que Spirou, décalé, prend un coup de Lune, devient loup-garou et que le traître n’est pas celui que l’on croit. Du grand art et un Zorglub terrible. La Face cachée du Z, Dupuis, 10,45 €.

 

Peyo aux enchères: 100. 000 Euros pour la couverture de La Flûte à Six Schtroumpfs

BD FLUTE.JPGUn record, la BD n'en finit pas de faire monter sa côte sur le marché de l'art aux enchères. Après Hergé bien sûr mais surtout Bilal c'est au père des Schtroumpfs de battre des records. Le dessin original de la couverture de l'album La Flûte à Six Schtroumpfs, lot majeur de la vente d'oeuvres de Peyo, le créateur des petites gnomes bleus, a été vendu aujourd'hui samedi 100.000 euros, a annoncé la maison d'enchères Artcurial.

L'album de Johan et Pirlouit La Flûte à Six Schtroumpfs a été publié en 1960 aux éditions Dupuis, deux ans après la naissance des petites créatures dans le journal de Spirou. Le dessin de sa couverture était estimé de 100.000 à 120.000 euros. Un record mondial pour une planche de Peyo a été battu pour Les Schtroumpfs Noirs, à 68.000 euros sans frais.

Une planche de La Schtroumpfette a été vendue 52.000 euros. Un dessin à l'encre de Chine rassemblant tous les personnages des 13 albums de la série Johan et Pirlouit, se rendant à la messe de minuit, a été vendu 70.000 euros, au profit de l'Unicef. Au total, 33 oeuvres ont été écoulées aujourdh'ui 29 octobre dans une fourchette de prix, sans les frais, située entre 50.000 et 90.000 euros.

Les Schtroumpfs, au départ personnages secondaires de la série Johan et Pirlouit, et Peyo, né en 1928 à Bruxelles, ont été à l'honneur cette année avec l'exposition rétrospective Pierre Culliford, dit Peyo à Paris et le film en 3D Les Schtroumpfs sorti cet éte. C'est le fils de Peyo, Thierry Culliford, qui a poursuivi l'oeuvre de son père après son décès en 1992. Les planches de Peyo sont très rares sur le marché, les collectionneurs privés n'en possédant pas, à l'exception de cinq pour la série Johan et Pirlouit et quelques planches des albums tardifs des Schtroumpfs. Ce qui explique ces records d'enchères.

28/10/2011

Craig Thompson réinvente les Mille et Une nuits

BD HABIBI.jpgUn pavé de 672 pages. Craig Thompson, rencontré à Montpellier pour la sortie, à l’époque, de Blankets, y a habitué ses lecteurs. On part sur les traces d’une petite fille qui épouse à 9 ans un scribe. 

Il lui apprend à lire et à écrire, à déchiffrer le Coran. La suite, c’est un roman noir. La jeune fille se sauve et adopte un jeune garçon, Habibi. Devenue la favorite du sultan, elle se reproche d’avoir abandonné celui qu’elle considère comme son enfant. Craig Thompson a bâti sa saga en chapitres bien distincts, très structurés. Il mélange avec facilité, sans jamais perdre de vue ses personnages, contes, réalité et songes. Son talent de narrateur fait qu’on accroche au fil des pages, séduit par une œuvre philosophique et humaniste. 

Le dessin de Thompson est enlevé, calligraphié et volontairement noir et blanc. Tout est étonnant dans ce travail qui est à nul autre comparable et génial. Habibi, Casterman, 24,95 €.

 

27/10/2011

Munuera dédicacera samedi Fraternity chez Azimuts à Montpellier

BD FRATERNITY.jpgIl est un des rares dessinateurs à avoir su maîtriser une influence à la Disney, à avoir apporté à son dessin un talent personnel très fort, inventif. Munuera sera samedi en dédicace chez Azimuts pour la sortie chez Dargaud du tome II de Fraternity.

Un autre Espagnol en signe le scénario, Juan Diaz Canales, à qui l’on doit aussi celui de Blacksad, pas moins. Cela montre toute l’étendue créatrice de l’école ibérique en BD.

Dans une Amérique ravagée par la guerre de Sécession, une petite communauté, Fraternity, repliée sur elle-même, tente de survivre. Tous partagent leurs biens, troquent et ne portent pas d’armes.

Jusqu’au jour où dans la forêt apparaît une curieuse créature et qu’une poignée de soldats noirs se réfugient à Fraternity. Le projet utopique va se lézarder peu à peu. Les intérêts aussi bien sentimentaux que personnels ou économiques vont prendre le dessus. La violence fera le reste et seul un enfant et l’étrange géant mi-animal, mi-humain sauront préserver une certaine forme de paix pour le futur. Munuera a désormais un dessin d’une belle ampleur, bourré de vie, enlevé, très ample. Fraternity lui doit son émotion.

Dédicace librairie Azimuts samedi 29 octobre dès 15 h.

26/10/2011

Photo La saga espagnole de Capa

BD CAPA.jpgArles vient de lui consacrer une exposition de ses photos retrouvées. Avec cet album, c’est la BD qui rend aussi hommage au plus grand photographe d’actualité du XXe siècle.
Capa, c’est les photos du 6 juin, des plages normandes mais surtout celles de la guerre d’Espagne aux côtés de sa compagne Gerda Taro qui sera tuée. La BD en noir et blanc signée par Mikel Begona et Inaket retrace en détail les débuts du photo-journalisme.
Histoires courtes sur fond bleuté, on plonge dans les tragédies humaines du siècle dernier et Capa se raconte. Capa a été tué en Indochine en 1953. “Tristes Cendres”, Cambourakis, 18 €

25/10/2011

Presse Le quotidien à “Libération”

BD LIBE.jpgL’idée est étonnante. Non pas sur la forme, Mathieu Sapin a pris son crayon pour raconter comment le journal Libération se prépare chaque jour.  Il l'avait fait pour le film Gainsbourg de Sfar.

Sur le fond, on a tendance, à moins d’être du métier, à se demander qui peut être intéressé par les états d’âme des journalistes en conférence de rédaction. Chronique des coulisses, ce petit journal d’un grand journal est sympathique, bien ficelé par Mathieu Sapin en toute liberté.“Journal d’un journal”, Delcourt, 14,95 €

24/10/2011

Tintin au cinéma: Hergé le père génial d'un art total

BD HERGE.jpgUn mythe, une légende, un monument ? Qui dit mieux ? Adjugé . Tintin c’est tout cela. La preuve, la sortie de ses aventures signées par Spielberg au cinéma sont un événement. Spielberg a voulu adapter Tintin. Il avait visité les studios d’Hergé en 1983 peu de temps après sa mort. Hergé, séduit par le travail de Spielberg, avait accepté l’idée même de cette mise en images bien qu’échaudé par les flops des précédentes tentatives.

Mais Tintin c’est avant tout un héros de papier, celui qu’un certain Georges Rémi, dit Hergé, a fait naître un beau jour de 1929. Tintin est un pimpant octogénaire qui n’a pas pris une ride, comme ses rivaux d’ailleurs, Astérix ou Spirou. En BD, on ne vieillit pas. Quand on relit Le Sceptre d’Ottokar, Les Cigares du Pharaon ou Les Bijoux de la Castafiore, un monde unique s’ouvre au lecteur. Aventures et poésie s’associent, le dessin s’identifie au héros pour ne plus faire qu’un. Hergé et Tintin ne sont pas pour autant le reflet l’un de l’autre.

C’est là tout le mystère Hergé. Jamais un auteur de BD n’a été autant décrypté, analysé. Des thèses, des biographies à la pelle, des bouquins thématiques sur son influence de la philo à l’urbanisme, Hergé c’est presque une auberge espagnole où chacun peut trouver ce qu’il y cherche. Tintin est universel.
On en a tout dit et pourtant, excellente surprise, on redécouvre Hergé, dans un portrait intime que signent Benoît Mouchart, directeur artistique du festival d’Angoulême, et François Rivière, romancier, scénariste de BD et biographe qui a souvent côtoyé Hergé.

De ses relations fusionnelles avec sa mère à celles exclusives et passionnées avec ses deux épouses, sa fragilité émotionnelle, c’est le roman d’une vie, celle d’un génie au trait qui invente, révolutionne, crée un art à part entière.

Toutes les phases de création de chaque album sont passées au crible par les deux auteurs. Hergé fébrile, angoissé, se matérialise au fil des pages. Magique Hergé et ses élèves qu’il ne faut pas oublier, Jacques Martin, Bob De Moor, Edgar P. Jacobs, autres stars de la BD qui lui devaient tant.
Hergé, portrait intime, Editions Robert Laffont, 19 €

16/10/2011

Blutch, l'iconoclaste, en dédicace chez Azimuts à Montpellier

BD CINEMA.jpgIl a été Grand Prix d’Angoulême en 2009 et, sous sa présidence, l’imagination y a été au pouvoir. Blutch sera à Montpellier samedi prochain chez Azimuts avec son dernier album au titre iconoclaste, Pour en finir avec le cinéma (Dargaud).
Avec un sens réjouissant de l’appropriation Blutch s’est mis en scène. C’est bien le moins quand on veut s’interroger sur le sens profond du 7e Art. Joyeux mélange autobiographique, d’apparitions de quelques immortels de Burt Lancaster à Piccoli, Deneuve ou Alain Cuny, de remise en perspective, Blutch pose ses questions et se fait donner la réplique.
On aimera particulièrement sa vision de King-Kong ramenée à l’homme singe. Alain Delon n’a pas du vraiment apprécier. Le dessin de Blutch est toujours aussi fin et accrocheur. Deux pages sur Guitry sont peut-être un hommage, celui fait au vieux singe.
Car Blutch remet le cinéma en cause, l’accuse, le décrypte, l’analyse avec humour et tendresse, raison et affection. Cinéphile, Blutch l’est à coup sûr. Il a écrit son album et bien. À lui de s’exprimer désormais en direct face à ses lecteurs. Dédicace samedi 22 octobre, librairie Azimuts à partir de 15 h 30.