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08/08/2011

Interview Margerin: Lucien et ses copains feront la rentrée

BD MARGE.jpgLa retraite, le rock, les filles, la santé et la vieillesse, tout y passe dans le dernier album de Frank Margerin, La bande à Lucien chez Fluide Glacial qui sortira en septembre.Frank Margerin dit tout sur son nouvel album :

Les copains de Lucien sont de retour. Ils vous ressemblent ?

Si vous voulez dire que nous sommes de la même génération, oui. Ce sont quatre vieux ados qui se sont retrouvés. Ils se sentent rattrapés par l’âge mais ils ont gardé leur âme de gamin. Ils ne veulent pas vieillir. Je me projette toujours un peu dans mes personnages. Et dans cet album, dans ces histoires courtes, c’est vrai que je me reconnais assez bien.

Lucien, c’est un rocker, un pur. Ses copains aussi ?

Obligatoirement. Ils font partie de cette génération élevée au rock’n’roll, qui a vécu l’arrivée en France des premiers disques de Presley, puis ceux des Français, Dick Rivers, Eddy Mitchell, Johnny. Comme moi. On a gardé en nous cette musique et elle nous influence encore.

Vous posez dans une de vos histoires une question vitale : quel est le plus grand groupe de rock ?

Je vous vois venir. Vous savez bien que le débat, Beatles ou Stones est, pour notre génération, incontournable. Je raconte en fait dans mon histoire la vie d’un collectionneur compulsif de tout ce qui concerne les Rolling Stones. Il existe. Disques, autographes, journaux, un fétichiste. Et Lucien l’achève après avoir visité son musée en lui assénant que le plus grand groupe de rock c’est les Beatles, bien sûr. Non ?

Vous évoquez aussi la retraite. Lucien est confronté à cette échéance.

Je voudrais d’abord vous dire que c’est un mot que j’ai banni de mon vocabulaire. Pour Lucien c’est autre chose. C’est un thème qui m’avait été demandé pour un dossier du journal Fluide Glacial. Lucien vit bien l’idée de sa retraite. Il idéalise tout ce qu’il pourra faire, se rendre utile. La retraite cela peut être un aboutissement pour certains, un drame pour d’autres. Tout dépend comment on l’a préparée. J’ai un peu l’impression que retraite est un mot qui fait vieillir plus vite.

Vous parlez aussi d’écologie. Lucien retrouve un cousin éloigné qui, avec sa femme, prône un retour à une vie saine mais pas toujours drôle.

Lucien, il est plutôt apéro et chips, cassoulet et steak, moto et ascenseur. Son cousin et sa nouvelle et jeune épouse tout le contraire. Il supporte mal, Lucien, l’écologie. Ce que je raconte sur le sujet, c’est un condensé de choses que j’ai vécu ou entendu.

Lucien, Riton, Ricky, Gillou, ce sont d’anciens rockers qui sont rattrapés par la vie. Cela ne les empêche pas d’être optimistes.

Tout à fait. Ils se souviennent de leur enfance avec par exemple leurs jeux de gamins. Pistolet à plomb, à bouchon, à amorce, ils jouaient aux cow-boys, à la guerre mais pas comme les ados d’aujourd’hui bloqués devant leurs PC. Et seuls. Dans les années soixante on s’amusait dehors, en bandes un comme dans La Guerre des boutons.

Et enfin les quatre copains sont d’éternels amoureux, séducteurs. Enfin ils se croient toujours au top. Nostalgie de leur jeunesse. Ils ont encore le cœur et l’humour en bandoulière. C’est l’essentiel.

Après cet album qui sort en septembre et que Centre Presse a prépublié, quels sont vos projets ?

J’ai des expositions qui vont ouvrir, une à Liège, une autre à Paris. J’expose des originaux et je suis entrain de travailler sur mon prochain album. Il traitera des passionnés de motos Harley Davidson. C’est l’histoire d’un quinquagénaire qui veut se faire plaisir et s’offre une Harley. Normal et humain, n’est-ce pas ?

07/08/2011

Essai Les Schtroumpfs passés au crible

BD BLEU.jpgEt si les Schtroumpfs étaient des phallocrates avoués doublés de staliniens accomplis ? Avec son Petit Livre bleu (Hors Collection, 12,90 €), Antoine Buéno a jeté cet été un pavé dans la mare.

Avec parfois un sens du raccourci plus ou moins contrôlé, il reprend chaque page, chaque album de la célèbre saga de Peyo. Les petits hommes bleus, héros désormais d'un film en 3 D, seraient un condensé de tous les extrêmes possibles. En se voulant crédible dans ses exemples et drôle par son humour, l'auteur analyse le modèle social des Schtroumpfs, une utopie selon lui, dans laquelle le Schtroumpf à lunettes serait par exemple une caricature de Trotski et le Grand Schtroumpf, le petit père des peuples. Autant dire que cet opus suscite des réactions en chaîne.

On y trouvera quelques pistes amusantes comme la comparaison des Schtroumpfs à des élèves dans une salle de classe. Pour les côtés plus durs, cette analyse de la société des Schtroumpfs agace un peu et surtout jette un léger voile gris sur la très belle œuvre de Peyo. Qui n'a sûrement jamais pensé qu'on pourrait un jour attribuer à ses Schtroumpfs autant d'arrière-pensées politiques ou sociales.