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11/05/2011

Bilal et Baru chez Sauramps à Montpellier

BD Bilal 09 004.jpgCes deux Grand Prix d’Angoulême sont, le 13 et 14 mai, avec leurs nouveaux albums en rencontres chez Sauramps Polygone

A eux deux, ils forment une sorte de synthèse de la bande dessinée. Enki Bilal -photo prise dans son atelier - et Hervé Baru - à Angoulême en janvier dernier - sont des incontournables du 9e art.

Dans des registres certes différents, plus esthétiques, graphiques, cinématographiques évidemment pour le premier ; réalistes, narratifs, sociaux pour le second, ils apportent leur talent de témoins d’un monde qui part en vrille, souvent injuste.

BD ANGOULEME 2011 008.jpgLeur passage à Montpellier, vendredi pour Bilal, samedi pour Baru, est un événement rare. Vingt-quatre heures chrono pour assister à deux rencontres exceptionnelles.

lire aussi dans Midi Libre du 12 mai


BD JULIA.jpgEnki Bilal revient à Montpellier peu de temps après avoir réalisé, en avant-première au théâtre de Lattes, la mise en scène de Suspicion, la pièce de Fabienne Renault. Une bouffée d’oxygène comme il le confiait à l’époque. Bilal apporte demain avec lui son dernier album, Julia et Roem (Casterman). Il aurait pu faire une pause, lui le créateur, le cinéaste, l’auteur. Comblé finalement, reconnu aussi dans le monde très fermé du marché de l’art. Et pourtant, après le superbe Sommeil du monstre, il s’est aventuré sans hésiter dans une nouvelle trilogie dont Animal’z a été le premier opus. Bilal s’essaye à un dessin différent, aux couleurs appuyées, tranchées, retour aux sources sur papier jaune.
 
Un monde dévasté par un coup de sang climatique, des survivants qui errent vers une terre promise, Bilal ne cultive pas le désespoir. Avec Julia et Roem c’est une histoire d’amour qu’il nous offre. Il revisite Roméo et Juliette, « le mythe absolu », et a décidé qu’une belle histoire ne finissait pas toujours mal.
 
Il y a, chez Enki Bilal, de la prémonition ou, mieux, une compréhension viscérale du monde, une anticipation éclairée. Il travaille aujourd’hui sur l’adaptation en film d’animation d’Animal’z et prépare le troisième album de sa trilogie.
 
BB BARU.jpgHervé Baru, le second B de cette fin de semaine, c’est la tendresse, le dessin coup de poing, l’amour des autres, le témoignage aussi. Et l’humour narquois, sans grande illusion, de l’auteur de Fais péter les basses Bruno (Futuropolis) qui remet en selle une poignée de malfaisants sympathiques à la Audiard.
 
Avec sa silhouette d’éternel jeune homme, rocker inconditionnel, Hervé Baru a signé plus de vingt albums. L’Enragé, un jeune boxeur qui ira au bout de ses rêves, Vive la classe rééditée, portrait au vitriol de l’époque pas si bénie du service militaire, Baru frappe toujours juste. D’origine italienne, il rêve d’écrire l’histoire de l’immigration transalpine. Le cœur en bandoulière, passionnée, Baru vit à Nancy, dessine à la fois en force et en douceur un monde pas vraiment des plus joyeux.
Sensible, révolté, Baru, président de l’édition 2 011 du festival d’Angoulême, Hervé Baru, a un talent à la mesure de sa sensibilité. Énorme.
jltruc@midilibre.com

Enki Bilal, le 13 mai, signature à partir de 15 h rayon BD Sauramps, rencontre à 18 h Médiathèque Emile-Zola.
Baru, le 14 mai, dédicace à partir de 14 h 30 rayon BD, rencontre à 17 h à la Médiathèque Fellini.

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