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31/01/2011

Un palmarès à Angoulême riche et ouvert sur le monde

BD 5000.jpgIl y a toujours dans un jury des surprises de dernière minute, des évidences qui s’imposent alors que rien ne les laissait vraiment présager. C’est l’album de Manuele Fior, 5 000 km par seconde (Atrabile) qui a reçu le Fauve d’Or, prix du meilleur album 2011.

Rien à dire sur les superbes qualités narratrices pour cette aventure amoureuse hors normes d’un couple très actuel, un brin paumé, sans vrais repères. Chaleur humaine, tendresse, réalisme, Manuele Fior, auteur italien qui réside à Paris, a, sans le moindre doute, signé une œuvre qui méritait sincèrement de s’imposer.

BD ASTERIOS.jpgExit cependant l’album de Christophe Blain, Quai d’Orsay (Dargaud) qui ne figure pas au palmarès. Dommage et un regret en tant que membre du jury (ce qui n'est pas, désormais on le saura, une place facile mais cependant passionnante)  pour cette absence qui sera remarquée. Le très encensé Asterios Poly (Casterman) déjà primé a eu le prix spécial du jury. Donné largement gagnant comme meilleur album cela a pu le desservir.

 

BD IL ETAIT 2.jpgGrand plaisir à voir enfin figurer le nom du scénariste Fabien Nury au palmarès pour le prix de la série avec Vallée. Nury avait trois titres retenus et c’est bien sûr pour Il était une fois en France (Glénat) que son talent a été récompensé. Rigueur d’écriture, personnages forts, action, Nury avait tous les atouts dans son jeu. Le prix intergénérations est allé à un manga, Pluto chez Kana.

Un plaisir, avoir attribué le Prix du Patrimoine à Bab El Mandeb de Micheluzzi (Mosquito)

Exceptionnellement le jury 2011 a nommé deux albums ex æquo pour le prix révélation, La Parenthèse d’Élodie Durand et Trop n’est pas assez d’Ulli Lust.

Une première qui montre la richesse de la sélection pour un palmarès 2011 unanime mais débattu avec fougue, raison et passion. Le tout avec des yeux grands ouverts sur le monde.

Art Spiegelman a reçu le Grand Prix de la ville d’Angoulême et président du festival 2012

BD SPIE.jpgUn festival consensuel, ouvert sur une pléiade de jeunes auteurs, voila le bilan fait à l’annonce du palmarès de cette 38e édition. Bravo aux anciens Grands Prix qui ont désigné l’Américain Art Spiegelman pour succéder à Baru.

Un Grand Prix de la ville qui ne peut prêter à aucune critique. Spiegelman avec Maus a raconté le destin de ses parents rescapés d’Auschwitz. Il a eu pour ce titre en deux volumes le prix Pulitzer. Exceptionnel pour une BD. Cet auteur au talent rare est le créateur du roman graphique, une forme éditoriale et créatrice adoptée et revendiquée souvent par d’autres aujourd’hui.Spiegelman était en direct au téléphone depuis les États-Unis, hier soir, sur la scène du théâtre d’Angoulême. Très ému, il avouait « que ce prix était la reconnaissance et la récompense ultime pour un auteur ». Hormis Maus, Spiegelman a signé le remarquable À l’ombre des Tours mortes après le 11 septembre 2001.

Figure emblématique de la BD underground US, fervent défenseur des auteurs français comme Tardi sur le sol américain avec sa revue Raw, il est le mari de la Française Françoise Mouly, directrice de la revue New Yorker dont il est l’un des illustrateurs vedette. Le Montpelliérain Lewis Trondheim, ancien Grand Prix lui-même, était « ravi de ce choix avec la certitude de l’apport exceptionnel de Spiegelman à l’édition 2 012  ». Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture présent à la cérémonie, était tout autant satisfait de cette nomination.

En remettant le prix du meilleur album à Manuele Fior il a souligné « le tassement économique de la BD malgré la floraison d’albums publiés ». Le ministre s’est engagé à travailler avec les éditeurs sur les droits d’auteur, le piratage et le numérique.Pour cette cérémonie de clôture très rock, le dessinateur Fred qui a remis le prix de la révélation a été très applaudi, hommage naturel à l’un des derniers grands maîtres de la BD.

Le public a primé l’album de Julie Maroh, Le Bleu est une couleur chaude. Un album courageux, intime remarqué par Midi Libre. En un mot tout le monde était content. Et c’est vrai que pour une fois à Angoulême, au moins en apparence, flottait un certain parfum de consensualité.

29/01/2011

Pour Angoulême, L’Immanquable nouveau journal de BD prépubliées

BD BOSSER.jpgC’est un mensuel. Il va prépublier des albums, des dossiers, une interview, des visites d’ateliers, L’Immanquable fait ses premiers pas. Frédéric Bosser en est le papa, déjà maître d’œuvre de BD, référence en journal BD que rejoint L’Immanquable.

 

 

 

BD CHASSEUR.jpgWalking dead,  un survivant dans un monde dévasté par un virus

Une série US qui ne cesse de grimper. Les USA sont aux mains de zombies atteints par un virus. Rick, héros de la série, est un survivant. Un voyage sans retour, une terre promise, Robert Kirkman et Charlie Adlard ont visé juste avec leur série qui prend aux tripes. (Delcourt).

 

 

BD WALKING.jpgParker, un joueur trahi qui se venge avec intérêts majorés

Années soixante. Parker rentre chez lui et règle ses comptes. Benacquista a traduit ce polar de Stark et Cooke. Une traîtresse, un chasseur obstiné qui défie la mafia, on est dans le polar noir, au dessin élancé. Un héros à la Bogart. (Dargaud).

 

 

BD CHATEAU.jpgChâteau de sable, une plage où le temps passe un peu trop vite

Ils sont treize. Et se baignent en famille. La plage est belle avec cependant quelques détails inquiétants. Des vêtements abandonnés, un homme au nez qui saigne et puis le cadavre d’une jeune femme qui flotte à la surface. Tout s’accélère et la journée de détente tourne au cauchemar. Frédérik Peeters et Pierre Oscar Lévy ont tourné en ligne claire une drôle d’histoire au parfum de quatrième dimension revue et corrigée. (Atrabile).

28/01/2011

Angoulême au bonheur des femmes

BD CADAVRES.jpgll faut le dire, et le répéter, les femmes sont déjà le présent et évidemment le futur de la bande dessinée. Et dans la sélection 2 011 elles tiennent leur place avec talent souvent auteures complètes, scénariste et dessinatrice.

Comme Manuele Fior avec 5000 km par seconde Pénélope Bagieu a été sélectionnée mais pour une comédie de mœurs bien tournée. Cadavres exquis (Bayou) met en scène une gentille fille manipulée par un écrivain à succès paranoïaque. Rira bien qui rira le dernier, Bagieu venue du blog avec Ma Vie est tout à fait fascinante confirme avec ce premier récit.

BD LO.jpgMême tendance en particulier pour le trait avec Lucie Durbiano. Son conte sur la vie mouvementée de Lo (Bayou) au royaume des Dieux antiques est léger, déluré et bien tourné. Ce n’est pas toujours facile d’être la fille d’une célébrité ni de tomber amoureuse d’un pâtre grec. Un vaudeville avec des traîtres, des gentils et des dialogues dans le vent du jour.

 

 

BD BLEU.jpgUne histoire de femmes, d’amour, de tendresse, émouvante, bouleversante, Julie Maroh était déjà parmi les finalistes du Festival héraultais de Sérignan en 2010. Le Bleu est une couleur chaude (Glénat) est à Angoulême. C’est bien pour cet album qui montre aussi que Julie Maroh a un superbe avenir devant elle.

Enfin une expérience à la fois artistique et graphique. Nikita Fossoul et Dominique Goblet, mère et fille se sont portraitisées pendant dix ans. Le résultat, Chronographie (L’Association) est atypique, authentique et beau.

27/01/2011

Le 38e Festival d'Angoulême ouvre aujourd'hui, la sélection fait le poids

BD IL ETAIT 2.jpgUne 38e édition qui ouvre ses portes aujourd’hui, le Festival d’Angoulême sera présidé cette année par Baru. C’est presque un retour aux sources avec aux manettes de cette édition 2011 un président dont le dernier album, Fais péter les basses, Bruno, est un bonheur d’humour, d’écriture et de dessin, réjouissant.

Jusqu’à dimanche, avec la proclamation du nom du Grand Prix 2011 et du palmarès des meilleurs albums par le Grand Jury, Angoulême sera la capitale mondiale de la BD. Une place incontournable avec des auteurs venus du monde entier BD francophone toujours en tête.

Alors que penser de la cuvée 2011, de la sélection officielle de près de soixante albums parmi lesquels le jury aura le difficile privilège de choisir l’album de l’année ? Il y en a pour tous les goûts certes mais avec une tendance toujours prononcée pour des œuvres plus difficiles, comme s’il fallait toujours être politiquement correct et éviter les titres à gros tirages. Un vieux débat mais qui n’enlève rien à la fête et aux qualités de la majorité des albums sélectionnés qui font le poids.

BD QUAI.jpgAu programme et parmi les favoris on retrouve Christophe Blain avec Quai d’Orsay, une balade étonnante sur les traces d’un ministre des Affaires Étrangères, copie assez conforme d’un certain Villepin. Dans la foulée Asterios Polyp de Mazzuchelli, digression d’un architecte revenu de tout et qui part à l’aventure à la recherche de son destin.

Et il y aura aussi les trois albums d’un scénariste hors norme, Fabien Nury. La Mort de Staline, Il était une fois en France, série incontournable avec l’Occupation en toile de fond, L’Or et le sang, Nury avec Robin, Vallée, Merwan et Bedouel au dessin trace une nouvelle route à l’écriture en BD.

BD ASTERIOS.jpgUn cas, un vrai, complète ces leaders. La jeune garde, Merwan déjà cité et Fabien Vivès, un talent, sont dans la course avec le tome II de Pour l’Empire, une saga à la Buzzati, quête éperdue de frontières pour un empire qui meurt. Un clin d’œil enfin avec 5 000 km par seconde de Manuele Fior, portrait de nos trentenaires indécis et un brin paumés. Vivement dimanche.

26/01/2011

Sherman, une saga mortelle

BD SHERMAN.jpgOn sait le talent pour le thriller de Desberg (IRS). Et celui de Griffo (Giacomo C.). Le duo se retrouve pour une saga, Sherman (Le Lombard, 11,95 €).

Candidat à la présidence, le fils de Jay Sherman est abattu. C’est le premier acte d’une vengeance dont il est la cible. Avec les deux premiers tome de cette série qui en comprendra six, on est dans une fresque à la Sergio Leone.

Quel est le secret de Sherman ? Ce Sherman père ressemble un peu à un certain Joe Kennedy. On remonte dans le passé d’une Amérique bien loin du rêve et où tous les coups sont permis Très efficace et un rythme de publication soutenu avec un dessin de GRiffo toujours aussi volontaire et percutant, bourré de saveurs.

25/01/2011

Vive la famille . . . et les enfants

BD FILS.jpgAh les enfants ! On finit par croire qu’ils sont faits pour faire devenir chèvre leurs parents. C’est ce que doit se dire Michel, un brave type jamais sorti de chez lui, parti en Colombie où son fils a eu la bonne idée de se faire enlever par les Farc.

Du cousu main par Clément Belin et Serge Perrotin que ce premier tome d’Au nom du fils (Futuropolis, 15 €). Michel a la franchise de l’innocence, à la recherche de son garçon qu’il ne connaît pas vraiment. Une belle écriture et une vraie authenticité sur un dessin bien tourné, sans complications, clair. Émouvant.

 

BD VENT.jpgL’enfance n’est pas tendre. C’est l’été de toutes les libertés pour Pierrot, dix ans et ses copains. Une baraque dans les arbres, une copine, deux jumeaux bagarreurs, le décor est en place. Les enfants peuvent aussi être méchants.

Et frôler le drame. Blaise et Robin Guinin ont écrit En attendant que le vent tourne (Casterman, 15 €), une histoire qui accroche et dont la montée en puissance est inexorable. Une belle première histoire d’amour aussi, tendre et sensible.

24/01/2011

Drôles d'histoires envoûtantes

BD HERITAGES.jpgDeux albums qui flirtent avec réalisme et fantastique. Dans Héritages (Dupuis, 13,50 €) on découvre Nina, une jeune femme héritière de nos jours, sans le savoir, d’une lignée de sorcières.

Nina a le don de sauver les gens et devrait être élue reine des magiciens. Sauf qu’il y a de la concurrence sauvage. Nina fera-t-elle le bon choix ? À quel prix ? Une belle association de deux auteurs Stéphanie Hans et Bénédicte Bourdon. Dessin réaliste, envoûtant bien sûr.

 

BD BARZOON.jpgBarzoon Circus (Glénat, 9,90 €), une bande d’énergumènes sous couvert d’un cirque ambulant, doit résoudre des affaires criminelles et fantastiques.

Cette fois en 1930 les enfants disparaissent pour Halloween dans un village qui a le culte de la citrouille. Un méchant docteur, un virus, des zombies, une ambiance agréablement angoissante.

09/01/2011

Belgique, Chine, Japon, des fresques historiques

BD TEMPS.jpgDeux titres viennent en ce début d’année rejoindre les albums à thème historique, en l’occurrence la Seconde Guerre mondiale et les événements qui l’ont précédée. Avec Les Temps Nouveaux (Le Lombard, 14,95 €), Warnauts et Raives signent le premier tome d’une fresque dont la Belgique est l’héroïne à travers une saga familiale.

Deux frères, en 1939, se retrouvent dans un village où déjà les passions politiques se déchaînent. À la veille de la guerre, Thomas revient chez lui où son frère, fasciné par l’Allemagne nazie, a épousé son amour de jeunesse. Avec une justesse de ton à laquelle ils nous ont habitués, les auteurs de L’Orfèvre ou de La Contorsionniste mettent en scène la montée en puissance des extrêmes.

Les personnages ont pris leur place et choisissent leur rôle. Le dessin à quatre mains est comme d’habitude d’une grande force et beauté, prenant. Le scénario est subtil.

BD SAYO.jpgAvec L’Histoire de Sayo (Dargaud, 19 €), c’est la mainmise du Japon sur la Chine. Des Japonais s’étaient installés en Chine dans le cadre d’un expansionnisme débridé accompagné d’une politique répressive. Quand le Japon perd la guerre, c’est la fuite. Sayo et ses enfants vont vivre l’exode, la violence et la tragédie d’une fuite éperdue.

Giovanni Masi au scénario et Yoshiko Watanabe au dessin réussissent à faire passer l’émotion malgré l’ambiguïté de la situation.


Yves-Marie Labé n’est plus

Un triste début d’année. Journaliste au Monde, Yves-Marie Labé avait su y imposer la bande dessinée. Il avait du talent, de la passion, un humour authentique et une plume souveraine. Yves-Marie Labé a eu la très mauvaise idée de nous quitter le dernier jour de 2010. Et c’est bien triste.

07/01/2011

La sexualité des Français : un vaste programme signé Wolinski

BD SEX.jpgC’est Wolinski, maître en la matière, dont les dessins sur le sujet sont rassemblés dans cette superbe rétrospective. Avec cet humour débridé et si percutant qui le caractérise, avec son sens de la dérision, Georges Wolinski trace le portrait sexuel de la Ve République, des Français sous de Gaulle à Sarkozy.

Et tout y passe, du féminisme au bling-bling, à la femme qui en remontre à l'homme dépassé. Dessinateur croqueur d’actualité, Wolinski est un trublion de génie (Drugstore Arte, 49 €).

À la Recherche de la Mandragore

BD MANDRAGORE.jpgUn vrai grimoire avec des recettes, des dessins, des fées et des gnomes : Pascal Lamour et Brucero à l’illustration nous offrent une balade enchantée. On feuillette les pages et on rêve de magie en découvrant tous les secrets de ces jeteurs de sorts et magiciens. Du rêve et de la poésie dans un monde qui en a bien besoin (Drugstore, 29 €).