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29/11/2010

Bois des Vierges, une suite imparable

BD BOIS.jpgUne suite qui tient les promesses du premier volume. C’est le scénariste Jean Dufaux qui est à la manœuvre et on le ressent dans la trame dramatique de cette histoire. Humains et animaux s’affrontent dans un conte fantastique et réaliste. Au dessin Béatrice Tillier séduit, enchante.

On retrouve la belle Aube qui a fait assassiner son époux. La guerre fait rage et Aube se réfugie dans le Bois aux Vierges auprès de Clam qui l’aime. Mais Clam entouré des faunes de Pan est un personnage qui doit choisir entre sa peau d’humain ou le poil animal.

Une balade violente et sentimentale, superbe. 

Le Bois des Vierges, Loup, Delcourt, 13,95 €.

15:10 Publié dans Parutions BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dufaux |  Facebook |

28/11/2010

De drôles de crabes qui ne veulent plus marcher droit

BD CRABES.jpgArthur de Pins change de registre une nouvelle fois. Après Péchés Mignons pour lequel il était venu à Montpellier, après Zombillenium, et son parc d'attractions de morst-vivants il sort le premier tome d’une trilogie dont un bien curieux crabe philosophe est le héros. Le crabe carré n’a jamais évolué depuis 400 millions d’années.

L’heure de la révolte a sonné. Dans l’estuaire de la Gironde le crabe carré a décidé de ne plus marcher droit et de s’offrir des virages malgré les tourteaux qui l’accusent de trahison. Avec deux autres compères le crabe s’attaque au système au risque d’y laisser des pattes. Un album qui ouvre un cycle drôlissime mais finalement assez sérieux. Tout en finesse.
La Marche du crabe T 1, Noctambule, Soleil, 17,95 €.

15:21 Publié dans Parutions BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : de pins |  Facebook |

27/11/2010

Sacrés Dieux, toujours présents

BD DEI.jpgIl y a du rififi chez les Dieux de l’Olympe. Vénus, Bacchus et Mars font de l’audience sur Terre et jouent aux super-héros. Voila le départ de cette nouvelle série très colorée à tout point de vue et bien tournée sous la plume de deux auteurs italiens, Alex Cria et Emmanuelle Tenderini.
L’Olympe et son patron Zeus doivent faire face aux mini-dieux issus des réseaux sociaux soutenus par leurs millions d’amis. Zeus doit à son tour s’engager et faire de la téléréalité, un comble, mais les affaires l’y obligent. Drôlissime, un dessin très cartoon et beaucoup d’humour.
Dei, T1 In vino veritas, Ankama, 14,90 €.

15:13 Publié dans Parutions BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dei |  Facebook |

26/11/2010

Marie-Antoinette, un destin d'exception

BD MARIE.jpgUne histoire tendre mais dure, celle de la reine Marie-Antoinette que se sont appropriée Françoise-Sylvie Pauly et Pascal Croci au dessin. Les deux Aveyronnais reprennent le parcours connu et tragique d’une femme dépassée par son époque, frivole mais avec des circonstances atténuantes.

Départ du récit, le témoignage de deux jeunes anglaises qui auraient vu le fantôme de Marie-Antoinette hanter Versailles. Croci dessine un recueil de portraits, de souvenirs, de saynètes splendides et touchantes qui envoûtent le lecteur sur les textes de sa scénariste. L’ouvrage est unique, bourré de talent.
Marie-Antoinette, sweet lolita, Emmanuel Proust. 22 €.

15:06 Publié dans Parutions BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : proust |  Facebook |

25/11/2010

Nury, Vallée : la France à l’état brut

BD IL ETAIT 2.jpgIls ont à eux deux apporté un vrai souffle à la BD dite historique. En prenant pour sujet le parcours atypique et authentique de Joseph Joanovici, Sylvain Vallée et Fabien Nury ont réussi à créer une série remarquable, haletante, Il était une fois en France (Glénat), mais aussi à rendre objectivement compte de la période trouble de l’Occupation.

« Nous savions que ce tome 4 serait le plus noir de la série » confirme Fabien Nury. « Joanovici est au-delà de toute rédemption. Il doit sauver sa peau et celle de sa famille après avoir été un collaborateur servile par goût du pouvoir » rajoute le dessinateur Sylvain Vallée.

BD IL ETAIT.jpgOccupation, Libération et épuration, le tome 4 couvre les deux mois les plus durs de 1944. « On voulait éviter toute nostalgie, montrer que pour des raisons politiques, économiques, l’épuration a eu ses limites et ne pas donner qu’une vision héroique de la Résistance. Pour Joanovici, il ne peut plus y avoir de pardon, il est au summum du double jeu tout en étant le fruit d’une période. » Fabien Nury, scénariste brillant, aura encore besoin de deux albums pour terminer la série dont le tome 4 clôture un cycle. Pour Vallée dont le trait apporte toute sa force descriptive et réaliste à l’histoire « Joanovici est pris au piège de sa fuite en avant. Seule sa femme, Eva, sait qu’ils ne seront jamais plus à l’abri et elle ne le lui pardonne pas. »

Tout est abominablement vrai. Rien ne manque dans le destin de Joanovici qui sera jugé, on le verra dans le tome 5, et sera assigné à résidence à Mende pendant huit ans.

20/11/2010

Les amours insolentes de Loustal et Benacquista

BDTRANCHEES.JPGDes balades amoureuses dont la petite musique s’inscrit en partitions tendres et douces, Loustal et Benacquista ontjoué à quatre mains dix-sept variations sur le couple. Avec Les Amours insolentes (Casterman) ce sont autant de saynètes «subversives bien sûr car atypiques. L’amour peut-il être heureux?» demande Tonino Benacquista. «Défier le cynisme généralisé», poursuit le scénariste et romancier qui a écrit les nouvelles que Loustal a «adaptées avec un grand plaisir. C’est un genre que j’aime et puis nous avions depuis longtemps envie de travailler ensemble.» En six planches de deux cases on sait désormais pourquoi l’amour fonctionne et dure. «J’ai volontairement limité le nombre de cases». Loustal n’a pas signé un album de BD avec ces amours insolentes : «Il n’y a pratiquement pas de dessins d’intérieurs. Mais quel plaisir j’ai ressenti à travailler le graphisme. » Pourquoi insolentes ces belles histoires : «Elles sont à contre-courant aujourd’hui. Ce sont des couples qui jusqu’au bout vont être heureux. Alors les moyens mis en oeuvre sont parfois exceptionnels, romanesques, excentriques.»

Amitié amoureuse qui évite les écueils du couple, passion et destin qui se rejoignent à jamais, confiance et communion intellectuelle, Benacquista trace des portraits chaleureux, drôles aussi, savoureux. Pudique comme ce mari qui consigne soir après soir tout ce qui l’exaspère chez sa femme pour ne pas la blesser par une parole maladroite. Quand il meurt elle brûle le carnet sans le lire. Leur amour demeurera intact. On sort tout ragaillardi de ces balades. Loustal avec ce dessin si humain, ses regards empreints de générosité, Benacquista avec son texte pointilleux, léger et inventif, en finesse, se sont unis pour former un couple pour le meilleur et le bonheur de leurs lecteurs.

11/11/2010

Trois hommes, une femme et des guerres

BD 20 ANS.jpgC’est un album qui marque un tournant, une approche intense par la BD des années quarante à soixante. Avec 20 ans de guerre (Le Lombard, 15, 50) Hervé Loiselet n’a pas « prémédité son sujet, le destin croisé de trois hommes et une femme » qui se sont connus en 1940 puis retrouvés pendant la campagne de France en 1945, ont embarqué pour l’Indochine et finiront leur course éperdue en 1962 en Algérie, point final d’une tragédie. « C’était une vieille envie de proposer un autre axe, une aventure non-stop pour la période » poursuit le scénariste. Il y a le soldat allemand Franz qui affronte Abdel, le spahi algérien en juin 40, et rejoindra la Légion en 45. Roger, lui, est dans le Jura « pas un politique, ni un militant. Il fait passer la ligne de démarcation par goût de l’aventure et s’engagera en 44 dans l’armée de Libération ».

Reste celle qui sera le fil rouge des trois hommes, Jacqueline. Dès le début on sait qu’elle donnera aux trois hommes l’humanité nécessaire, si ce n’est son amour mais sûrement sa tendresse. « Elle finira veuve et abandonnée, partira en 1962 pour la première mission humanitaire », enchaîne Loiselet.

Avec cette histoire bouleversante et dont tous les détails sont historiques, Blary signe son premier album, finesse du trait, aquarelles et puissance des scènes : « Il n’y a aucun parti pris. J’ai toujours aimé dessiné l’Histoire et ses phases guerrières. On m’avait proposé d’illustrer les débuts de la guerre d’Algérie, sans suite. Loiselet a vu mes esquisses et on a foncé ».

Le résultat est convaincant, hors tendance comme le souligne Loiselet : "le parcours de ces quatre personnages est plus compliqué qu'on ne le croit. Ils sont pris dane un engrenage comme des milliers d'autres et font de leur mieux" . Et le duo Loiselet Blary bien parti pour de nouvelles aventures éditoriales plus nordiques.