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22/01/2010

Le père d'Alix, Jacques Martin, est décédé

BD MARTIN.jpgIl avait travaillé avec Hergé. Il était le créateur d'Alix et du journaliste Lefranc. Jacques Martin est décédé hier en Suisse à l'âge de 88 ans. Né à Strasbourg en 1921 d'un père pilote de chasse, ce qui lui vaudra sa passion pour l'aviation, il avait fait ses études en Belgique.

Entré au journal Tintin dès 1948, Jacques Martin avait travaillé pendant près de vingt ans avec Hergé et Edgar P. Jacobs, auteur de Blake et Mortimer. Maîtres de ce que l'on appelle aujourd'hui la ligne claire. Martin a collaboré à de nombreux albums de Tintin avant de créer le personnage d'Alix en 1948 qui paraît d'abord en feuilleton. Le succès sera rapidement au rendez-vous et Martin peut être considéré comme le créateur de la BD historique. Pour Alix, Martin avait choisi la Rome antique au temps de Jules César. Ce dernier deviendra même le protecteur du jeune Romain et de son compagnon Enak. Au bout de trois albums d'Alix, Martin préférera revenir à une BD contemporaine et donnera vie aux aventures du journaliste Lefranc, une transposition finalement de nos jours de son héros Alix. Les albums d'Alix et de Lefranc réalisés désormais en alternance vont s'accumuler.

Le dessin de Martin est brillant, fouillé, plein de vie et historiquement toujours bien cadré. Martin se passionnera ensuite pour la guerre de Cent Ans avec Jhen, l'épopée napoléonienne avec Arno dessiné au départ par André Juillard. Il créera d'autres personnages comme Orion ou Kéos dessinés par Pleyers mais qui n'auront pas la même notoriété qu'Alix.

BD ALIX.jpgAu total Jacques Martin a vendu plus de quinze millions d'albums dont sept millions d'Alix traduit en dix langues. Martin avait peu à peu passé la main à de jeunes dessinateurs conservant l'écriture des scénarios et la supervision de son oeuvre. Il avait aussi lancé la série des Voyages dans laquelle Alix était le guide du lecteur à Rome ou à Athènes. De passage à Montpellier il y a quelques années il revendiquait « d'avoir toujours eu en particulier pour les aventures de Lefranc les yeux d'un reporter en bande dessinée » et affirmait « que la BD a un besoin vital de vedettes ». Avec sa disparition peu de temps après celle de Tibet et à une semaine de l'ouverture du festival d'Angoulême, la BD a perdu deux de ses plus grands noms.

21/01/2010

Tous à la campagne

BD CAMPAGNE.jpgIl y aura bien des pinailleurs qui verront dans cette saga campagnarde d'un couple et de sa fillette comme un petit air de retour à la terre. En fait, on est hormis le cadre dans un autre registre avec ce Coin de ciel bleu signé par Jarry et Paolo Delplano au dessin. Le papa Eric est un gros ours sympa, la maman la voix de la raison lucide et énergique. Enfin, la petite Annaelle un bijou d'humour et de tendresse. Il y a quand même la voisine aux airs de sorcière, les chasseurs et les retraités qui deviendront les protecteurs bougons de la petite famille. Un premier album drôle, tout en fraîcheur et gentillesse. Un coin de ciel bleu, Delcourt, 10,95 €

Ah les femmes !

BD FEMMES.jpgElles sont l'avenir de l'homme. En traçant des portraits en quelques planches de femmes aussi différentes que Yolande Moreau, Michèle Bernier, Maria Pacôme, Amélie Notomb ou Florence Cestac, Julie Birmant et Catherine Meurisse nous offrent de superbes moments d'intimité et d'humour. Tout est parfait, authentique dans ces rencontres. On tombe sous le charme. La franchise d'Anémome, le parcours insolite de Sylvie Joly, les souvenirs de Tsilla Chelton, on craque pour ces femmes d'exception. A noter qu'on avait beaucoup aimé le précédent livre de Meurisse, Mes Hommes de lettres. Drôles de femmes, Dargaud, 19,50 €

 

20/01/2010

Le dernier voyage de Valérian et Laureline ?

Valérian et Laureline formaient le couple mythique de la science-fiction en BD. Mézières et Christin signent leur ultime aventure au moins en album. Un sacré pincement au coeur, voilà ce que les « vieux » compagnons de route, ceux des débuts dans Pilote au milieu des années soixante, ressentent à la vue du mot fin des fins qui ponctue l'ultime case de l'Ouvre Temps (Dargaud), dernier album de la série Valérian qui vient de sortir le vingt- deuxième de la série.

BD VALERIAN.jpgMais pour le dessinateur Jean-Claude Mézières et son éternel complice Pierre Christin, « on ressent le syndrome de la femme enceinte, le bébé est enfin posé dans le berceau ». Un soulagement pour Mézières qui, depuis trois ans, planchait sur l'album : « On savait que cet album serait le dernier et bouclerait les aventures spatio-temporelles de Laureline et Valérian. Ils ont été avec nous des précurseurs qui ont ouvert la porte de la science-fiction à des jeunes lecteurs pas familiarisés avec le genre à l'époque. Et à bien d'autres auteurs. » Alors, pour cet album, l'Ouvre Temps, Mézières et Christin se sont offert une apothéose en forme de rappel de tous les personnages qui ont scandé les aventures des 22 albums. Un final à l'italienne dans la tradition des grands opéras, gentils, méchants, improbables créatures qui ont fait rêver, sourire ou angoisser les lecteurs. Mais quand même une porte entre-baillée vers d'autres horizons à découvrir.

« Il fallait que je passe à autre chose, que je recharge les batteries » s'empresse d'ajouter Mézières qui renchérit : « On ne dit pas avec Christin que nous abandonnons Valérian mais, à 70 ans, j'ai d'autres envies d'expériences comme sortir du cadre de la BD, passer à l'illustration, expérimenter d'autres formes de récit. » C'est vrai que Pierre Christin, scénariste de la série, a écrit pour Mézières, pour son style. « Nous avons trouvé le bon équilibre entre Valérian et Laureline, premier héros féminin qui se soit imposé en BD. Christin me sert des plats et je me régale de les réaliser graphiquement. » Et c'est vrai que Valérian a été un laboratoire extraordinaire où certains n'ont pas hésité à aller se servir.

BD LAURELINE.jpgAlors quel avenir pour Valérian et Laureline ? « Sûrement pas de déclinaison à partir des personnages secondaires, tous sont trop solidaires, l'ensemble est trop cohérent », affirme Mézières. Et les lecteurs, eux, comment vont-ils vivre cette fin ? « Il faut savoir arrêter une série, ne pas tirer à la ligne, le lecteur n'est pas dupe », ajoute en souriant Mézières.

Une exposition à la galerie des Gobelins à Paris, un voyage à Tokyo et une tournée dans dix grandes villes, Mézières et Christin vont accompagner leur dernier bébé mais ne prennent pas, bien sûr, pour autant leur retraite.

14/01/2010

De Corto Maltese à Valerian, Pratt et Christin, ces voyageurs

BD PRATT.jpgDeux talents, deux bourlingueurs qui ont donné à la BD de belles pages dessinées ou écrites, Hugo Pratt et Pierre Christin méritaient bien une association basée sur de beaux albums dont on vous rappelle la sortie. A Pratt, la première valse en musique bien sûr avec un superbe coffret, Notes de Voyages, les musiques de Corto Maltese (Casterman, 39 €). Les pages du livre au format CD se scandent au son des trois disques qui soulignent les étapes mouvementées du marin aventurier. Des chants de bienvenue aux Maldives aux musiques traditionnelles somaliennes, on est avec Corto et Pratt sous la houlette de Alain Tercinet et François Lê Xuan, chefs d'orchestres de cet ouvrage envoûtant... On reste avec Corto pour Les Helvétiques remises en forme et complétées dans une nouvelle édition (Casterman, 18 €). Entre conte philosophique et mystères, ce Corto Maltese se singularise. Dernier Pratt moins connu, Sergent Kirk tome 3 (Futuropolis, 25 €), une oeuvre riche et trépidante, prolifique qui est désormais traduite et publiée en français. Place à Pierre Christin avec l'intégrale des Correspondances (Dargaud, 39 €), textes ciselés mis en scène par Bilal, Cabanes, Guarnido, Mézières, Denis, Ferrandez, Goetzinger, tous ses brillants complices. Christin rêve dans cet album qui se savoure comme un grand vin. Annonce pour finir : celle de la sortie du dernier Valerian, L'Ouvre Temps qui sera l'ultime de la série, pas la fin de la collaboration si fructueuse de Christin et Mézières. On y reviendra. 

Sorge l'espion oublié

BD ESPION.jpgIl a fini ses jours exécuté par la police secrète japonaise en 1944. Richard Sorge est le plus brillant agent de renseignement de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. C'est lui en poste au Japon qui préviendra Staline de l'attaque allemande en 1941. Il ne le croira pas. Sorge était farouchement communiste tout en menant une double vie au sein même de l'ambassade allemande de Tokyo. En lui consacrant un album qui retrace sa vie et ses amours divers, Isabel Kreitz dévoile avec talent les facettes de Sorge l'inconnu, farouche antinazi, chef d'un réseau qui aurait pu changer l'Histoire. L'Espion de Staline, Casterman, 16 €.

Vent debout

BD VENT.jpgUne adaptation encore d'une oeuvre littéraire célèbre. C'est Joseph Conrad dont Le Nègre du Narcisse sous le titre Vent debout est mis en images par Renaud De Heyn. On embarque sur l'un de ces grands voiliers qui passaient le Cap Horn à la fin du XIXe siècle avec un équipage de marins de tous horizons. Un Noir est à bord, malade et devenu la mascotte du bord. Une vie de galère, la promiscuité, la violence des officiers pour tenir leurs marins, les éléments déchaînés, De Heyn rend bien le ton et l'ambiance du roman de Conrad. Le dessin est complet. Il manque pourtant un soupçon de cohérence à l'ensemble. Vent Debout, Casterman, 23 €.

 

12/01/2010

Jeudi et samedi 16 janvier chez Azimuts, Makyo, Calore et Bouzard en dédicace

BD CATHARE.jpgDeux rendez-vous cette semaine à la librairie Azimuts pour des dédicaces très différentes. Le premier aura lieu jeudi avec un duo rarement vu à Montpellier, Pierre Makyo et Allessandro Calore, auteurs de la série Je suis Cathare pour leur tome trois, Immensité retrouvée (Delcourt). En prenant pour cadre la tragédie cathare et la répression sans pitié mise en oeuvre pour en faire disparaître toute trace, Makyo et Calore ont réussi à redonner vie à un monde et à une époque qui passionne toujours. Leur héros est un Parfait, un jeune Cathare Guilhem qui, depuis son initiation et un combat contre un chevalier fantôme, a des pouvoirs étranges de guérisseur. Bien que devenu amnésique, à lui les aventures les plus mouvementées et étranges sur fond d'Inquisition et de persécutions. C'est à Carcassonne en 1312 que se retrouve Guilhem. Il doute de sa foi et, accompagné de celle qu'il aime, est pourchassé par ceux que ses pouvoirs étranges intéressent. Le dessin de Calore est réaliste, fin et prenant. Makyo, à qui l'on doit aussi des incontournables comme Elsa, Le Maître de peinture ou Balade au bout du monde, sait séduire ses lecteurs en leur apportant action et réflexion, cadrer son sujet et faire la part belle aux sentiments.

Le deuxième rendez-vous de la semaine ouvre les portes d'Azimuts samedi à Bouzard. Autre registre, celui de l'humour, des situations décalées. En se lançant sur les traces de son père à travers son Autobiography of a mitroll Bouzard a signé deux albums dont le dernier, Is dad a troll ? (Dargaud), va enfin lui permettre de savoir qui est son géniteur. Avec Bouzard, il faut s'accrocher aux branches, éclater de rire et de surprise à chaque planche, savourer un délire sérieux jusqu'au bout au point de ne plus savoir où on habite. Bouzard et son fidèle chien qui parle, Flopi, sont en Bretagne, pays de sortilèges, de fées et de trolls bien sûr. Un joyeux monde où avec Bouzard, à la Monty Python, on est pris au piège de cette histoire édifiant, vivante et nerveuse. Dédicaces jeudi 14 et samedi 16 janvier, Azimuts, rue Saint-Guilhem à 15 h 30.

Avec Pixi la Bd a mis du plomb dans ses bulles

BD PIXI3.jpgC'est une vraie saga, celle de la firme Pixi, qui depuis plus de vingt-cinq ans enchante tous les amateurs de figurines en plomb. Mais il n'y a pas de petits soldats dans le catalogue. Le fondateur de Pixi, Philippe-Antoine Guénard, a pris pour modèles les héros de BD. Tintin bien sûr mais aussi Gaston ou Astérix, Blake et Mortimer, Lucky Luke, les héros du 9e art, le tout en série limitée et peint à la main. Du coup, les collectionneurs très fidèles comme Louis Nicollin s'arrachent les Pixi. Philippe-Antoine Guénard s'est juré de toujours les satisfaire.
Philippe-Antoine Guénard est un homme à idées. Et celle de se lancer dans la figurine en plomb date de 1983, « histoire de créer une entreprise simplement. Et comme mon beau-père Alexis Poliakoff était sculpteur et passionné par les soldats de plomb anciens, cela m'a semblé être cohérent. J'ai voulu aller plus loin avec lui et Pixi est née. » Un vrai têtu, Philippe-Antoine, à une époque où le plastique était roi. Pour commencer, il veut raconter des histoires avec ses figurines. Dans la plus pure tradition il présente ses sujets dans des boîtes qui servent de décor. Il choisit 1900, la Belle Epoque, comme thème de ses premières productions avec une épicerie ou un atelier d'artiste. « Sauf que tout le monde aimait mais que les ventes ne décollaient pas », avoue, sourire en coin, le créateur de Pixi.

Alors il a encore une idée, une vraie bonne idée, difficile à matérialiser certes mais qui fait mouche : « J'ai fait le siège des créateurs de mode, des grands couturiers en leur proposant que chacun crée une figurine en plomb portant une robe de sa marque. J'ai eu au moins trois cents rendez-vous et autant de refus. Jusqu'au jour où Patou a dit oui. Les autres ont suivi. » Commence alors les vrais débuts de la saga Pixi avec Disney France qui lui fait faire des Mickey en plomb et enfin, cerise sur le gâteau, la Fondation Hergé qui lui confie Tintin et Milou, Tournesol, la Castafiore et l'incontournable capitaine Haddock. « C'est un Tintin extrait de l'album Le Lotus Bleu qui a été le coup d'essai. Alexis Poliakoff a réussi merveilleusement à dégager l'esprit d'Hergé dans ses figurines. Le succès était là. Et dans la foulée Gaston, sous la houlette de Franquin en personne, a suivi. Imaginez Franquin découvrir son Gaston en 3D, un bonheur étonnant. Il a lui-même corrigé les maquettes. » Philippe-Antoine Guénard en est encore ému. Mais personne, et encore moins lui, ne pouvait imaginer le marché que la figurine en plomb, le "Pixi", allait devenir.

BD PIXI 1.jpgUderzo rejoint aussi le monde du plomb avec Astérix et Obélix, puis tous les personnages imaginés avec Goscinny, alors que des esprits chagrins avaient prédit que jamais cela ne marcherait pour le petit Gaulois. Reste que, comme le dit avec fermeté Guénard : « On ne sait pas combien faire un Pixi est difficile. Tout est fait à la main, dans notre atelier de Normandie. C'est un travail long et délicat ce qui explique le prix de vente, des tirages faibles et, surtout, il ne faut jamais saturer le marché. » Résultat, ceux qui ont fait le succès, les collectionneurs, sont depuis plus de vingt ans toujours au rendez-vous. Des passionnés (lire ci-contre) qui craqueront aussi bien pour un Lucky Luke ou un Nestor Burma de Tardi que pour le magnifique défilé en plomb tiré de celui de Jean-Paul Goude sur les Champs-Élysées en 1989.

Aujourd'hui, on sait moins que Pixi c'est aussi Plastoy, des figurines en plastique toujours réalisées avec le souci de la qualité. Elles représentent désormais 70 % d'un chiffre d'affaires qui flirte avec les 8 millions d'euros environ. En plus du plomb, Philippe-Antoine Guénard vient aussi de miser sur le bronze avec un superbe duo Corto Maltese et son ennemi Raspoutine d'après Hugo Pratt. Jamais à court d'idées, il a encore des projets plein la tête, avec toujours la BD pour partition.

08/01/2010

Pour Vivès, amour et amitié sont indissociables

BD VIVES.jpgIl avait été l'une des belles surprises d'Angoulême dont la prochaine édition commence bientôt. Bastien Vivès avec ses deux derniers albums, Dans mes yeux et Amitié Etroite (Casterman) apporte une vision novatrice et rafraîchissante à ce qu'il est convenu d'appeler désormais le roman graphique. « Ce sont des histoires de rencontres entre hommes et femmes que j'aime raconter. Et j'ai tenté de le faire en montrant ce que voit le héros, le lecteur prend sa place et regarde la jeune femme dont il tombe amoureux ». Vivès, avec Dans mes yeux, donne aussi au lecteur la possibilité de se concentrer sur ce que dit le personnage, le tout sur fond de pastels et de crayon noir. Avec Amitié étroite, son dernier album, Bastien Vivès continue à surfer sur la vague toujours aussi bien maîtrisée des rapports de couples. « Amour ou amitié, où se situe la frontière ? » interroge Vivès. « J'aime aussi, comme je le montre, avoir des personnages qui grandissent. Cette fois j'ai mélangé les styles graphiques peut-être plus épurés » continue Vivès. Ses deux héros, amis d'enfance, vont mettre du temps à s'avouer leur amour. Ils vivront leurs propres expériences pour enfin se résoudre à l'évidence et se rendre compte qu'ils tenaient l'un à l'autre.

En faisant ressembler Bruno, le héros d'Amitié étroite à Jacques Brel, Vivès lui a donné la gueule d'un homme qu'il adore. Pas gratuit quand même quand on se souvient des brûlures amoureuses dont Brel a souffert en permanence. « Les grands sentiments sont tragiques » ajoute Vivès qui a revu son trait en soulignant le langage du corps, les attitudes plus que les détails, accentuant les zones d'ombre, apportant l'appui de la couleur vive. A 25 ans, Vivès se concentre sur la découverte des sentiments. Plus que le dessin, c'est l'histoire qui prime. La prochaine, Le Maître de danse, offrira un beau duo, la danseuse et son professeur.

Tueur d'Etat

BD CISCO.jpgAffaires d'état, tueur à gages de la République, Legrain et Benec tracent les débuts d'une nouvelle série qui fait froid dans le dos. Le héros, Sisco, est le bras armé de la Présidence. Un conseiller parle trop et veut témoigner. A Sisco de remédier à ce problème. Sauf qu'une journaliste est témoin et que Sisco met ses commanditaires officieux dans l'embarras. Absence totale de morale pour Sisco qui est un nettoyeur sans états d'âme. Legrain et Benec ne font pas dans la dentelle. On est pris aux tripes par la nervosité de leur histoire violente et sans retenue. Un thriller efficace et très noir. "Sisco", Le Lombard, 10,95 €.

Socialiste, il en reste ?

BD SOCIALISTE.jpgJim est Montpelliérain. Avec beaucoup de tendresse et d'humour il nous livre l'odyssée de Jean qui, caméscope au poing, part à la recherche d'un monde en voie de disparition, celui des vrais socialistes. Et tous y passent dans ce reportage, du chômeur au RMI au CRS qui pose ses RTT à la mère de famille qui fait des ménages. Où est donc passé le peuple de gauche, s'interroge Jim ? Des dialogues qui interpellent, des situations cocasses ou tristes, cette balade dans la vraie vie ne peut laisser indifférent. Il y a même le meeting du PS où on ne comprend rien mais où on est d'accord. Très bien vu par Jim. "Le Dernier socialiste", Vents d'Ouest, 9,40 €.

 

04/01/2010

Avec le décès de Tibet, Ric Hochet et Chick Bill sont orphelins

BD TIBET.jpgNé à Marseille, il était l'auteur de Ric Hochet et de Chick Bill. Il était l'un des grands de la BD franco-belge. Tibet, de son vrai nom Gilbert Gascard, est mort subitement le 3 janvier à l'âge de 78 ans. De Tibet, ce Marseillais bon teint que la Belgique avait adopté, on se souviendra d'un homme chaleureux et d'une grande gentillesse. Et, bien sûr, qu'il a été pendant plus de cinquante ans le dessinateur des aventures du célèbre détective Ric Hochet avec son ami scénariste Duchâteau. Très jeune, Tibet intègre la rédaction du journal Tintin et c'est son autre héros, le cow-boy Chick Bill, qui va lancer sa carrière. « A vingt ans, imaginez ce que cela était pour moi d'être publié dans Tintin. J'appelais Hergé Maître », confiait Tibet lors d'un passage à Montpellier. Avec cet humour qui était sa marque, Tibet donnait « la priorité aux dialogues, comme au théâtre ». Aux côtés de son ami Uderzo pendant l'une des premières éditions du festival BD de Nîmes, Tibet avouait « aimer introduire dans ses histoires des personnages croqués à partir d'amis et jongler avec les calembours ».

Auteur vedette des éditions du Lombard, Tibet avait publié cent vingt-cinq albums de Ric Hochet et de Chick Bill. En mai 2005, à l'occasion des 50 ans de carrière de Ric Hochet, Tibet avait été fait Citoyen d'Honneur de Bruxelles. En 2006, il avait été élevé au rang d'Officier des Arts et des Lettres. Enfin, en 2007, Tibet a changé totalement de registre en publiant, Qui fait peur à Maman ? un recueil de souvenirs de jeunesse sans dessin. Cette chronique douce-amère pudique et drôle racontait ce qu'avait été son enfance et son adolescence. Avec Tibet, la BD perd l'un de ses meilleurs auteurs.

10:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tibet, le lombard |  Facebook |