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28/05/2009

A Sérignan, les héros sont toujours les bienvenus

Une 14e édition les 30 et 31 mai sous le signe des héros et des antihéros de BD, le festival de Sérignan près de Béziers s'est choisi un thème pas banal. Le héros est-il toujours un preux chevalier blanc sans faille ou un paumé à qui le hasard donne sa chance ? A vous de le découvrir avec le très beau plateau d'auteurs en dédicace qui dévoileront les mille et une facettes de leurs personnages.

BD HARDY.jpgAnnie Goetzinger sera la présidente 2009. A elle la conception de l'affiche et l'arbitrage final si besoin est qui désignera, c'est une tradition, le meilleur premier album paru en 2008. Il sera choisi parmi cinq jeunes lauréats nominés. Mais Goetzinger, c'est avant tout la brillante dessinatrice de La Sultane Blanche, Paquebot, la complice du scénariste Pierre Christin. Elle signe aujourd'hui avec lui chez Dargaud la série Agence Hardy, une héroïne de charme et de choc qui au début des années cinquante devient détective privée, femme solitaire antihéros dans un milieu de héros masculins.

Un regret, celui lié au forfait de dernière minute d'un autre grand nom que l'on voit très rarement en festival, Vittorio Giardino, dessinateur et scénariste italien. A rencontrer sans faute également Jean-Claude Denis aux talents multiples. Auteur de Luc Leroi ou du magistral Quelques mois à l'Amélie, du Sommeil de Léo il vient de sortir Nouvelles du monde invisible (Futuropolis) dans lequel il s'est mis lui-même en scène. Des petits moments de bonheurs, les nôtres, les siens. Toujours tendre et pudique, Denis nous mène par le bout du nez et on aime ça. Parmi la vingtaine d'auteurs présents sous les platanes de la Promenade de Sérignan vous pourrez aller à la rencontre de Pierre Duba, de Matt Konture, Killofer, Reno Lemaire, Ptiluc, Salim Kafiz. Behem, Mélaka, Laurence Tramaux seront aussi de la fête.

Côté animations, le festival a recentré ses choix, a enrichi ses offres avec originalité et volonté. Un atelier d'écriture en BD le samedi 30 puis de manga le dimanche 31, une table ronde sur les héros et ces fameux antihéros, une lecture théâtralisée, un café d'art, une projection du film d'animation L'Ile de Black Mor, Sérignan, l'espace du week-end de Pentecôte, va s'imposer comme lieu de rencontres pour tous. Deux expositions seront inaugurées. La première consacrée aux planches originales d'Annie Goetzinger à la Médiathèque et celle qui rassemblera les dessins de Julien Cassignol.

L'humain, un drôle d'animal

Des personnages à corps humain et à tête d'animal, héros à part entière, une tendance qui s'affirme en BD même si elle n'est pas nouvelle. Deux albums viennent d'adopter ce principe avec talent.

BD GRANT.jpgC'est Alexis Nesme, présent à la Comédie du Livre de Montpellier, qui ouvre le bal avec son adaptation des Enfants du Capitaine Grant. « Je voulais travailler dans l'univers du XIXe siècle dont j'aime les récits de grands voyages lointains, d'expéditions. Et les textes de Jules Verne sont parfaits dans ce domaine ». Pour ajouter une saveur supplémentaire à son travail Nesme a donné à ses héros des têtes d'animaux, « un autre univers que je voulais explorer. Chaque animal symbolise le caractère du personnage. Une grenouille pour le géographe français de l'histoire par exemple ».  Au total un travail riche et graphiquement très élaboré, des couleurs qui s'imposent, une couverture dans la tradition des Verne de l'époque, la série sera publié en trois volumes (Delcourt, 9,95 €).

BD VIERGES.jpgLe Bois des Vierges avait connu une première sortie aux défuntes éditions Laffont. Le tome 1 ressort chez Delcourt enrichi d'un très beau cahier de croquis. Les humains et les animaux se livrent une guerre sans merci après avoir rompu leur pacte de paix. Jean Dufaux a écrit un conte fantastique réaliste pour Béatrice Tillier dont le dessin est d'une rare finesse, souple et violent à la fois, prenant. Ces héros à tête d'animaux sont émouvants et humains au possible. Une grande réussite, le tome II sortira en 2010.

Vol sans retour

BD MAYDAY.jpgUn crash inexpliqué en pleine jungle colombienne, un copilote survivant miraculé, le vol des boîtes noires, ce premier volet de la nouvelle série Mayday a du punch. Youssef Daoudi scénariste et dessinateur sait raconter une histoire. Son héros, le copilote sera le fil conducteur de l'enquête qui commence. Sécurité aérienne remise en cause, avions poubelles, politiciens véreux, le thriller est bien ficelé. Peu à peu les éléments du puzzle vont se mettre en place. On assiste à la reconstitution du drame et on découvre que la vérité n'est pas aussi simple que cela paraît. De quoi ne plus prendre l'avion décontracté. Mayday, Glénat, 13 €.

 

A l'abordage

BD MOON.jpgAventure adaptée encore, celle des Contrebandiers de Moonfleet le roman de J.M. Falkner dont Fritz Lang a fait un film devenu un classique. Igor Szalewa au scénario et Marion Mousse au dessin, lui ont donné un relief saisissant en noir et blanc. Un trésor de pirates, un jeune orphelin maltraité par sa tante, une crypte mystérieuse, on baigne dans une atmosphère où aventure, la grande dont on rêve, est reine. Le jeune garçon aura un compagnon de fortune, Bloch le contrebandier, mais finira par atteindre son but. Il y a un bon suspense aussi dans ce roman graphique au format inhabituel. Moonfleet, Glénat, 20 €.

26/05/2009

Retour à la paix au Cambodge

BD ENFANT.jpgAki Ra a été un enfant soldat pendant la guerre du Cambodge à la fin des années soixante-dix. Il vivra l’horreur du régime de Pol Pot et des combats fratricides pour ensuite déminer avec les forces de l’ONU les zones qu’il a lui-même piégées autour des temples d’Angkor Vat. Le dessinateur japonais Akira Fukuya a adapté la vie d’Aki Ra l’enfant soldat, son quasi-homonyme, en manga au réalisme très proche de la BD francophone. Dans ce second volume Aki Ra décrit avec force et émotion son retour à la paix, celle des plaies ouvertes et des larmes mais aussi de l’espoir retrouvé. Brillant. Akira Fukuya, Delcourt, volume 2

 

Un taxi pour Paris

 

En ce début de guerre de 14 la France a du plomb dans l’aile et l’armée allemande est aux portes de Paris. Mais il y a une brèche dans le dispositif ennemi qui pourrait permettre de reprendre l’avantage sur l’abominable « boche ». Un aviateur a réussi à en prendre des photos avant de se faire descendre. Reste plus qu’à aller les chercher mais il a été abattu dans les lignes adverses.

On retrouve dans ce tome 2 des Sentinelles, un commando de sac, de corde et d’acier dont le lieutenant Féraud est le chef. Féraud surnommé Taillefer a été transformé en soldat invincible à la puissance redoutable par un savant génial  mais un brin allumé. Sa famille le croit mort. Il est sans grandes illusions sur cette guerre qu’il croit perdue. Epaulé par son adjoint le colossal sergent Djibouti il prend la tête de la section et part à la recherche des précieuses photos. C’est cette course éperdue en septembre 1914 que raconte ce tome 2.

Dans La Marne, qui évoque bien sûr la fameuse bataille dont les taxis parisiens seront le fer de lance et auquel il adresse un clin d’oeil, Dorison a vraiment donné à sa série une assise incontestable. Le rythme est soutenu et les personnages ont une belle authenticité à laquelle on adhère plus facilement que dans le tome 1. Des soldats du commando avec leurs interrogations au jeune pilote abattu dont on pressent qu’il aura un rôle dans les futurs albums en passant par la plupart des seconds rôles, Dorison offre à Breccia, au dessin parfait pour ce style d’histoire une matière digne des grandes sagas. Plus nettement que dans le tome 1 qui pouvait parfois prêter à confusion, en s’appuyant sur une réalité historique qu’il connaît bien, Dorison brode sa trame, joue avec ses héros et nous embarque ni vu ni connu dans une belle aventure bourrée à la fois d’action, de science-fiction rétroactive et de réflexions intelligentes sur les horreurs de la guerre. Xavier Dorison, Enrique Breccia, Delcourt, Les Sentinelles, T2.

 

 Souffrance et abnégation

 

BD BOUCLE.jpg1910 : ils sont 110 au départ de ce huitième  Tour de France. Quarante seulement seront à l’arrivée des 4735 kilomètres parcourus par le peloton. Et pour la première fois dans son histoire le Tour va gravir les cols des Pyrénées. Un défi incroyable pour l’époque. En racontant étape par étape les péripéties de ce Tour mythique dans lequel vont s’affronter deux « géants », Faber le luxembourgeois et Lapize surnommé Tatane, sous l’œil d’un troisième larron, Garrigou alias le Dandy, Nicolas Debon fait ses débuts en BD. Avec brio et panache comme celui de ces forçats du vélo dont il nous raconte l’épopée faite de souffrance et d’abnégation.

On reste interloqués par les conditions dans lesquelles les coureurs en 1910 s’élançaient sur le Tour. Les vélos commencent à peine à bénéficier des innovations techniques dont les freins, la roue libre et, incroyable, la roue arrière que l’on retourne dans les montées pour démultiplier les pignons. Un seul vélo poinçonné servira à toute l’épreuve. Les contrôles sont draconiens malgré l’absence de signalisation et des routes abominables. Si les coureurs sont aidés ils payent des amendes. A eux de réparer en cas de crevaison.  Sans oublier que déjà fleurissent sur le Tour hormis l’alcool des produits dopants comme l’éther. Une vraie leçon d’Histoire et un grand coup de chapeau aux fous de la petite reine de 1910 dont la plupart seront tués en 1914. Cet album se dévore d’une traite. On en savoure toutes les étapes. Nicolas Debon, Dargaud, Le Tour des géants. 

21/05/2009

La BD ibérique invente, s'impose sans complexes ni états d'âme à la Comédie du Livre à Montpellier

Arriba España, la BD se porte bien de l'autre côté des Pyrénées, une vraie pépinière de talents originaux. Et la Comédie du Livre, en leur ouvrant ses stands, fait acte de reconnaissance. Sur la lancée de Guarnido et son Blacksad c'est une belle palette de dessinateurs et scénaristes espagnols qui sont désormais édités avec succès en France.

Parmi les auteurs ibériques à rencontrer absolument ce week-end à Montpellier, Paco Diaz Luque, dessinateur de comics dont un X-Men vient de sortir. Il sera sur le stand d'Album". Un art difficile que celui des comics, ces aventures de super-héros américains réalisées souvent à plusieurs mains. Autre invité chez Azimuts, Tirso Cons qui, de la publicité, est passé à la BD. Le Manoir des murmures est sa nouvelle série sur un scénario de David Munoz. Un bien bizarre orphelinat abrite l'action de ces planches au ton fantastique certain, un brin gore parfois.

On en arrive à celui qui, en un seul album, s'est fait en 2009 une place de choix parmi les jeunes espoirs de la BD en France comme en Espagne. Un coup de crayon original, des visages empreints de force et d'humanité à la fois, Marcial Toledano est le dessinateur qui monte. Avec ce premier tome de la trilogie Ken Games, Toledano signe un beau suspense basé sur la vie de trois amis qui se mentent comme ils respirent. Polar, tranches de vie, usurpation d'identité... Dans l'attente fiévreuse du prochain épisode, on lui souhaite de confirmer. Une exposition est consacrée à Toledano au stand des "médiathèques" et il participera à une rencontre samedi à 14 h sur le stand de la ville de Montpellier.

BD TOLEDANO.jpgUn grand nom, Ruben Pellejero, sera chez Ikoku. Que ce soit avec Jorge Zetner pour Tabou ou Lapière pour Un peu de fumée bleue, avec Frank Giroud pour les deux tomes de L'Ecorché, Pellejero a un trait inimitable, sensuel, épais. Il travaille sans cesse sur les ombres, la lumière. Dernier opus en date, une chronique mexicaine, L'Impertinence d'un été dans laquelle il retrouve Lapière pour le texte et se remémore les artistes des années vingt qui vont à Mexico créer un Montparnasse hispanisant. Manga aussi avec Nacho Fernandez qui sera de passage. Tous les genres sont finalement déclinés sur la Comédie. Paco Roca sera quant à lui chez Sauramps. Mais sur les soixante-dix auteurs rassemblés n'hésitez pas non plus à aller à la rencontre des régionaux bien sûr (lire ci-dessous).

Allez aussi discuter avec Florence Cestac qui, avec Jean Teulé au scénario, a mis en bulles la vie déglinguée de Charlie Schlingo. Demandez à Winshluss, primé à Angoulême cette année, de vous dédicacer son Pinocchio, bel ouvrage enluminé noir et tendre à la fois. Et si vous avez une passion pour Boris Vian ou pour le découvrir offrez vous Piscine Molitor de Christian Cailleaux et Hervé Bouhris. Cette biographie dessinée redonne vie à l'un des écrivains, musiciens, paroliers, les plus mythiques des années cinquante, disparu à l'aube de la quarantaine (lire page suivante). Un clin d'oeil enfin au jeune auteur du génial Pico Bogue, petit garçon facétieux et philosophe en herbe. Son papa au dessin, Alexis Dormal, avec le deuxième titre de ses aventures, vous fera mourir de rire tout en vous émouvant.

Portrait fantôme

BD AMATO.jpgUne jeune femme pour soigner une maladie chronique s'installe dans un vieux manoir du Val d'Aoste. Elle va y être confrontée aux rescapés d'une famille aux secrets mystérieux et à un univers sombre et angoissant. Entre un simple d'esprit et une vieille femme taciturne, peu à peu Hélène s'amourache du personnage qui figure sur un portrait. Et quand le modèle apparaît, elle succombera. Rien n'est bien sûr aussi évident qu'il y paraît dans ce huis clos envoûtant. Denis Lapière et Aude Samama au dessin ont créé une scène de théâtre où fantasme et réalité se choquent avec talent. Belles ambiances. Amato, Futuropolis, ; 15 €.

Redécouvrir Vian

BD VIAN.jpg

 

En donnant à Boris Vian sa première biographie en BD Cailleaux pour le dessin et Bourhis au texte ont finalement fait oeuvre de mémoire. Témoin d'une époque aujourd'hui un brin oubliée Vian est l'auteur de L'Ecume des jours, roman qui a bercé des générations d'adolescents. Il signera aussi un polar très violent et érotique, J'irai cracher sur vos tombes. Fan de jazz, musicien averti on lui doit la chanson Le Déserteur. Malade il meurt à quarante ans. Tout est précis et vrai dans cet album. Vian a été comme Sartre ou Prévert un incontournable de l'après-guerre mais qu'en reste-t-il ? Piscine Molitor, Dupuis ; 15,50 €.

12/05/2009

Spirou toujours à Bruxelles et ... Berlin

BD VERT.jpgDes reconversions en BD, il y en a. Suites, reprises, les réussites sont souvent à la hauteur des talents réunis du dessinateur et du scénariste. Spirou n'a pas échappé à cette règle. Après le succès d'Émile Bravo (Spirou journal d'un ingénu) ou les débuts à la veille de la guerre de 1939 des aventures du petit groom, Yann et Schwartz prennent le relais. Dans Le Groom vert-de-gris l'action se situe à la suite de l'épisode signé par Bravo. Bruxelles est occupée par l'armée allemande et Spirou est entré en résistance. Par prudence, il ne peut l'avouer à son vieil ami le journaliste Fantasio. Groom dans l'hôtel où siège la Gestapo, Spirou joue en apparence un double jeu sous les yeux amoureux d'une "souris grise" allemande.

Dans cet album parfaitement tourné, construit, documenté tout le talent de Yann explose. Il excelle dans le genre historico-comique avec gags et inventions saugrenues. Libération violente, règlements de comptes, collaboration, Spirou est aussi l'acteur et le témoin d'une période terrible. C'est la force et le courage de Yann comme celle de Bravo d'y avoir impliqué Spirou et Fantasio. Le dessin est parfait dans sa ligne claire. Un très bel album (Dupuis, 13,50 €).

On notera pour le plaisir la réédition de Berlin de Jason Lutes. Le premier tome met en place les personnages de ce roman graphique dans l'Allemagne des années trente. Espoirs rouges et peurs du futur noir, Berlin se lit et se retrouve comme un ami oublié (T1 La Cité des pierres, Delcourt, 20 €).

Émotion garantie

BD CHABOUTE.jpgFinalement les rééditions ont souvent du bon. Retrouver dans un format plus ramassé deux nouvelles de Chabouté est une joie. Les vacances mélancoliques et campagnardes d'un petit garçon sont empreintes de bonheurs simples et d'affection tranquille. Des grands-parents par substitution comme ensuite ce clochard barbu sur le banc d'un jardin que l'enfant aidera à retrouver sa dignité, Chabouté décrit avec tact et pudeur nos sentiments. Le petit garçon retrouvera aussi sa spontanéité d'enfant qui le porte à avouer à son père qu'il est fier de lui. Émouvant et si bien écrit. Quelques jours d'été, Un Îlot de bonheur, Vents d'Ouest, 13 €.

Jungle du travail

BD OPEN SPACE.jpgLa vie au quotidien dans une entreprise de pub c'est une jungle pour le petit stagiaire qui vient de signer son CDI. Le rêve a priori de l'emploi garanti sauf que Hubert devient "l'assistante" d'un manager, poste théoriquement féminin. Dans ce tome 2 d'Open Space, James continue en gags strips de nous tracer un portrait fort bien vu du monde de l'emploi. DRH désabusé ou cynique, patron jouissif et stressé, chefs de service sarcastiques, Hubert compte les points en se disant qu'il a quarante ans à tirer. On rit jaune souvent à cet état des lieux corrosif. Et la fiction nous ramène à la réalité. Open Space, T2, Dargaud, 10,50 €.

 Tous des lunettes

BD FLOU.jpgIl ne fait pas dans la dentelle, le camarade Clarke. Avec ses personnages à lunettes, il trace les contours plus ou moins flous d'un monde sans pitié. Clarke manie l'humour comme autant de grenades dégoupillées. Des gags qui font mouche, délectables et cruels. On rit avec la vie compliquée de son héros amnésique ou avec ses chirurgiens qui se trompent d'étage. Clarke sait aussi manier l'absurde, parfois pousser le bouchon assez loin. Il allie un dessin et un sens de l'écriture qui se complètent à merveille. C'est une bouffée d'oxygène, ses héros à lunettes, par les temps qui courent. Le Monde est flou", éditions Dupuis ; 11,50 €.

A la mine

BD VENT.jpgLe Nord de la France et ses mines à l'aube du XXe siècle. Le directeur de la mine face à la grogne de ses ouvriers engage des Tsiganes pour descendre au fond du puits. Mais une vieille malédiction va ranimer les tensions et les haines entre les deux communautés. Un jeune mineur va tomber amoureux de la belle Kheshalya dont les origines sont obscures. Le drame va se nouer à travers plusieurs destins qu'ont particulièrement fignolés Galandon et Cyril Bonin à qui l'on doit la série Fog. Il y a à la fois du Zola et du Dumas dans cette aventure sombre et désespérée. Quand souffle le vent", éditions Dargaud ; 14,50 €.