23.11.2008
De la Bible à Ben Hur
La Bible en BD, un beau pari que prennent les éditions Delcourt. En deux tomes c'est le texte le plus important, le plus incontournable de l'histoire de l'humanité qui est mis en images. Il y avait déjà eu des tentatives, mais d'illustrations plus que de BD. Cette fois, planche après planche, les auteurs ont adapté le texte en réalisant le tour de force de ne pas trahir l'esprit de l'original, tout en lui gardant sa puissance, mais aussi en le rendant accessible à tous, croyants ou pas. Préfacée par Frédéric Lenoir, directeur du Monde des Religions, le premier tome nous amène de la création du monde au rêve de Jacob. Adam et Eve, Cain et Abel, l'arche de Noé, Babel, Sodome, Abraham et le sacrifice, tous les chapitres sont repris par Damir Zitko dont le dessin précis et chaleureux colle à la plus grande histoire de tous les temps. Michel Dufranne et Jean-Christophe Camus ont travaillé ensemble sur le découpage de l'adaptation de ce premier livre de l'Ancien Testament, la Genèse. On se prend avec beaucoup de facilité à suivre ces événements dont on a tous en mémoire au moins les grandes lignes. Le tome 2 sortira en avril prochain (La Bible, Delcourt, 14,95 €).
Un peu dans la même lignée, le premier tome de Ben Hur, Messala (Delcourt, 12,90 €), sous la plume de Jean-Yves Mitton. On y retrouve les deux amis qui deviendront rivaux à l'aube du christianisme. A Jérusalem, Ben Hur et Messala vont s'affronter dans un combat que le cinéma a immortalisé. Mitton est dans son élément.
Madila, une ville revisitée
Après une absence de quelques années et la disparition de Sterne, son compagnon père de la série Adler, Chantal de Spiegeleer est de retour. L'intégrale de son oeuvre, Madila, regroupe quatre albums parus et un inédit. Avec charme et tendresse, d'un trait rond et cassé, zébré, Chantal a tracé les contours d'un monde dans lequel tout n'est qu'apparences. Dépression et manipulation, Madila raconte des destins qui se choquent, très en avance dans les années 80 sur ce que nous vivons aujourd'hui. Des interviews et des dessins originaux complètent cette superbe intégrale. Madila, intégrale, Lombard, 47 €.
Beau Masque, un aventurier
Il a du charme et a su se rendre utile à celui qui n'est encore que le Premier Consul Bonaparte. François dit "La Torpille" a fort à faire dans ce tome 4. Fouché est de retour mais va avoir besoin de son aide pour sauver l'honneur de sa fille. "La Torpille" se retrouve une fois encore mêlée à une intrigue comme seul Jean Dufaux en a le secret. Un traître, un complot, des jeunes filles en danger, le duc d'Enghein sacrifié, un consul qui se voit empereur, on jubile à cet assemblage savant que met en dessin Jamar de plus en plus maître de son personnage. Une belle série historique, ficelée à souhait. Double Masque, T.4, Dargaud, 11,50 €.
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20.11.2008
Gus, un cow-boy solitaire qui aimait les femmes
Il est de retour le cow-boy solitaire. Gus Flynn, regard perdu et long nez au vent, est le héros des quatre aventures pittoresques du tome 3 que signe Blain rassemblées sous le titre générique d’Ernest.
Un caractère cet Ernest que Gus va rencontrer pendant sa folle jeunesse. Chef d’une bande d’outlaws qui se déguisent en Indiens pour faire porter les plumes à d’autres, Ernest sent vite que le vent va tourner. Devenu tenancier d’un bordel de luxe dont il choisit les femmes avec délectation Ernest embauche le jeune Gus qui a des dispositions naturelles à être un roi de la gâchette. Commence alors entre Ernest et Gus une association qui va mal tourner. Histoire de femme bien sûr et puis Gus finit par en savoir trop. Beaucoup de force, de sentiments, dans cette histoire d’hommes typique de l’univers du western que Blain s’est appropriée en lui apportant finesse et relief.Gus poursuit son chemin dans les autres épisodes.
On le retrouve moustachu à une table de poker. C’est peu de temps après qu’il ait quitté ses deux compères Clem et Gratt. Toujours les femmes, porte-bonheurs de sa réussite au jeu. L’œil noir, gilet brodé, il est une légende. Un dessin qui colle au cadre. On se rapproche du personnage de Wyatt Earp ou de Doc Holliday. Ambiance garantie. Et, vlan il tombe amoureux d’une « littéraire ». Il s’y croit Gus sauf que la belle est frigide. Comme une étoile de sheriff. Superbe. Plus dure sera la chute et la suite. Dans les deux dernières nouvelles Gus perd la main. A tous niveaux. Son point faible, les femmes qui le transcendent quand il joue, est découvert. En prime il n’est plus le roi du Colt. Paumé le Gus et à la merci de petits crétins qui voudraient se faire une réputation en le flinguant. Il finit embauché par des fermiers originaires d’Europe centrale pour les défendre contres des éleveurs de bétail dans un patelin perdu. Son seul copain sera un gamin à lunettes, Anton, un élève qui pourrait dépasser le maître.Sauf que … On vous laisse découvrir la fin.
Dire que la maîtrise de Blain est totale est une évidence. Tout y est. Les attitudes, les petits détails comme on les aime ou les grands espaces. On est plongé dans le vieil Ouest mais à la sauce Blain, c'est-à-dire enlevée, colorée, enjouée parfois, toujours subtile et le trait concis. « Gus, T3 Ernest » Christophe Blain / Dargaud / 14 E
17:52 Publié dans Parutions BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : blain, gus, western
Jusqu’au bout sur leurs Messerschmitt
A noter que Olivier Dauger sera en dédicace avec Romain Hugault à Montpellier le jeudi 18 décembre à la librairie Azimuts et le lendemain à Toulouse. A ne pas manquer.
1945, en ce mois de janvier l’Allemagne nazie va perdre la guerre. Pourtant ses ingénieurs travaillent encore d’arrache-pied sur des armes miracle dont une nouvelle génération d’avion de chasse à réaction. L’un d’eux, le Messerschmitt 262, un biréacteur au profil de requin, est presque invulnérable. Il détruit en vol à plus de 800 km/h avec une facilité déconcertante les B 17 américains qui pilonnent le Reich.Nikolaus est un jeune pilote allemand qui vole sur le Me 262. Pas une sinécure car l’oiseau de métal est un capricieux.
Après l’arrestation de sa sœur pour activisme antinazi et la mort de son frère, un as de la chasse, Nikolaus a été muté dans la même escadrille que lui pour découvrir que le diable n’est pas que nazi. Il peut aussi avoir pris la forme d’un chien, Fisto la mascotte des pilotes, qui passe des pactes de mort et d’enfer avec les humains. Méphisto et Faust sont revisités.Dans le tome 2 de « Ciel en Ruine » on retrouve Nikolau. Son frère s’est donc suicidé pour échapper à l’emprise de Fisto. Nikolaus sera rapidement pris au piège. Il deviendra le jouet du diabolique chien qui lui a promis en l’échange de son âme la vie de sa sœur. Et comme cela ne suffit pas à son malheur il continue à voler sur Me 262 pour lequel les chercheurs allemands mettent au point des accessoires terrifiants : fusée téléguidée pour faire exploser les bombardiers ennemis, missiles divers.
A la fois protégé par Fisto et par ses talents naturels de pilote Nikolaus accumule les missions de guerre et devient même la vedette d’un film de propagande pour la Luftwaffe dont il va rencontrer les plus grands noms (authentiques), de Galland à Steinhoff.Voila un véritable manuel de vol du Me 262 et une superbe reconstitution historique sans concession qui raconte aussi les abominables expériences allemandes sur des déportés pour reconstituer les conditions de vol en haute altitude. Il ne manque pas non plus un rivet ni un détail d’équipement ou de camouflage.
« Ciel en Ruine » est dans la lignée des grandes collections Paquet consacrée à l’aviation. Le trait est dans la plus pure des lignes claires et regarde nettement vers par exemple un Jacobs. Il colle parfaitement à l’ambiance. Le scénario est novateur même si le côté fantastique peut dérouter au départ. On s’incline devant le travail et l’efficacité du duo Pinard – Dauger qui marque après Hugault le retour en force des belles séries aéronautiques. " Ciel en Ruine", T2, Alarmstart, Philippe Pinard, Olivier Dauger, Paquet
17:46 Publié dans Parutions BD | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : aviation, paquet, me 262
11.11.2008
Le jeune Catalan de Gibrat pris au piège des tranchées
Jean-Pierre Gibrat signe le premier tome d'une saga en quatre époques, Mattéo (Futuropolis). Après 1939 et la Libération, l'auteur du Sursis et du Vol du corbeau a choisi la guerre de 14 comme point de départ des aventures de son héros.
Et ce n'est pas un hasard, comme le confirme Gibrat. « L'influence de mon grand-père maternel a été capitale. Il avait échappé à Verdun mais fait les Dardanelles. Il en parlait très peu. Mattéo, c'est bien sûr un hommage à tous ces hommes qui entre 1918 et 1939 vont vivre deux fois l'horreur. C'est court, vingt ans dans une vie », soupire Gibrat. « Mattéo est un Espagnol réfugié en France, fils d'un anarchiste. Rien ne l'oblige à aller au front et pourtant il s'engage. Beaucoup par dépit amoureux mais aussi par amitié. » Gibrat, qui revendique ses origines catalanes, a planté le décor de Mattéo en 1914 dans la campagne du Roussillon, sur les hauts de Collioure. Pacifiste, Mattéo est amoureux de la belle Juliette. Elle lui préfère, ascension sociale oblige, le fils des de Brignac, les "riches" du coin.
« J'ai voulu montrer un jeune de vingt ans qui va se retrouver mêlé sans le vouloir vraiment à des conflits qui le dépassent : à 14-18, mais aussi dans le prochain tome à la révolution russe, à la lutte entre anarchistes et communistes. Puis à la guerre d'Espagne et enfin à la Seconde Guerre mondiale. » La totale pour Mattéo. Pour ne pas laisser tomber son meilleur copain, il se retrouve baïonnette au canon et est gravement blessé. « N'en parler jamais, y penser toujours. Voilà ce qu'on disait de la perte de l'Alsace-Lorraine aux écoliers pour acérer leur patriotisme », signale Gibrat. « En lisant Tardi (lire note précédente) cela m'a aidé à montrer le côté inhumain de cette guerre, sans esthétisme. Cela dit, avec Mattéo, je n'ai pas fait un livre sur la guerre mais sur un individu seul face à l'inimaginable. »
15:55 Publié dans Parutions BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gibrat, sursis, vol du corbeau, mattéo, futuropolis
Putain de guerre : Tardi : « Des gamins de 20 ans la trouille au ventre »
Jacques Tardi est le créateur d'« Adèle Blanc-Sec » et a adapté en BD « Manchette et Léo Malet ». Il publie « Putain de guerre » (Casterman), chronique sans concession et très documentée de 14-18
Pourquoi Tardi et la Grande Guerre sont-ils devenus indissociables ?
Curieusement, le premier scénario que j'ai proposé en 1972 à Goscinny parlait déjà de la guerre de 14. Il a refusé parce qu'à ses yeux on allait parler d'anciens combattants, de gens âgés. Une sorte de déformation accentuée par la période Vichy. Mais c'est mon enfance ponctuée par les récits sur la guerre de mon grand-père qui a été le déclic.
Aujourd'hui on peut parler autrement de ce conflit ?
Oui, car avec la mort du dernier survivant français centenaire, on est revenu à une image de combattants juvéniles pris au piège dans une boucherie sans nom. On peut désormais essayer, même si c'est difficile, de se mettre à la place d'un gamin de vingt ans la trouille au ventre.Un type souvent lucide comme mon héros, qui comprend vite qu'il est mal barré même si au départ il s'imagine que la guerre ne va durer que trois mois. C'était une armée de paysans déguisés en soldats.
Alors comment expliquer que ces millions d'hommes aient tenu quatre ans dans des souffrances atroces ?
Il y avait la notion de revanche inculquée depuis la défaite de 1870 par les instituteurs comme par l'Eglise, d'où le patriotisme qui a généré cet immense mouvement de foule. Et puis il y aura les copains du front, une solidarité authentique. Les motivations sont très différentes selon chacun. Enfin, ils sont allés au bout de l'horreur avec l'insensibilité que cela a produit. Il y a eu aussi en 1917 ce que l'on appelle les mutineries, qui étaient en fait le refus de remonter au front se faire tuer inutilement. Je me suis interrogé. Qu'est-ce que moi j'aurais fait à leur place ? J'ai beaucoup de compassion pour ces hommes.
Vous avez travaillé avec Jean-Pierre Verney, un historien.
Verney a une documentation très poussée sur le conflit. Il me donnait les dates clés, les grands événements de chaque année de guerre. Le défi a été de raconter en quinze pages par année de 1914 à 1919 l'essentiel, une histoire tout simplement. Et toujours à travers le regard d'un seul homme qui n'a pas toutes les données de ce dont il est le héros malgré lui. Il va subir comme ses camarades et n'être qu'un pion dans cette boucherie incroyable.
Futur probable
Il y a de quoi avoir peur. En signant cette recherche éperdue d'un monde lointain sur lequel la vie est possible Oscar Herrero et Parrondo au dessin jouent la carte vérité. Une expédition de spationautes partie en mission de sauvetage découvre une planète similaire à la Terre sur laquelle il fait bon vivre et où en 2196 on pourrait s'installer. Sauf que les habitants du coin ne sont pas des conviviaux. La petite équipe aura à surmonter ses propres démons et à se battre contre des adversaires qui en fait les attendaient... De bons débuts nerveux et bien mis en dessin pat Parrondo pour une série très réaliste. Home T1, Soleil, 12,90 €.
Devoir de mémoire
On ne peut qu'être ému, et révolté, par ces destins d'enfants juifs qui ont survécu à la déportation, aux camps de la mort. En racontant huit de ces destins dans un album bourré d'émotions préfacé par Simone Veil et Tomi Ungerer un collectif d'auteurs a fait acte de mémoire. On suit Alik, Abraham, Alisa, Fredzia, Sylvain, Tsofia, Rachel, Mireille qui par la volonté et le courage d'une poignée de femmes et d'hommes réussiront à échapper à la mort. Pas à l'horreur, celle d'être dénoncé, étiqueté, méprisé ou battu par des bourreaux souvent ordinaires. Bouleversant. Les Enfants sauvés, Delcourt, 14,95 €.
15:51 Publié dans Parutions BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tardi, tranchées, grande guerre, armistice, casterman
02.11.2008
Lulu, un bref moment de bonheur
Elle a une bonne quarantaine, Lulu, et ne sait plus où elle habite. Au vrai sens du terme. Partie passer un examen d'embauche on lui a fait clairement comprendre qu'à son âge l'espoir de retravailler ne faisait plus partie du programme. Un mari grande gueule et alcoolique, trois gosses, un physique pas vraiment facile, elle a le bourdon Lulu et décide de ne pas rentrer chez elle, s'offrir une pause à ses risques et périls au bord de la mer.C'est sa course sur la plage, vers un bonheur impossible qu'Etienne Davodeau raconte dans Lulu, femme nue.
Avec tact et intelligence Davodeau revient à sa première passion, la chronique du quotidien, la vie de gens qui n'ont pas l'étoffe des héros. Son récit commence sur une terrasse. Les copains de Lulu sont rassemblés pour une veillée funèbre. De Lulu ? Peut-être. A tour de rôle ils racontent leur amitié pour elle, sa vie pas drôle, sa course d'obstacles, sa rencontre avec la passion brutale, physique qu'elle fait au détour d'une dune. Deux êtres brisés ont la chance de vivre enfin pour eux un moment de bonheur qu'ils savent instinctivement très court.
Et puis il y a la galerie de seconds rôles, les frères de l'amoureux de Lulu, deux bizarres et gentils garçons qui le protègent, Xavier le meilleur ami de la quadra fugueuse, la fille ainée un brin rebelle du haut de ses seize ans.
Grosso mode tout le monde est gentil dans cette affaire. Sauf le mari de Lulu, un vrai con. Toujours aussi concis dans son dessin, précis, humain et réel, Davodeau laisse la suite ouverte. Reste que sa Lulu ressemble à beaucoup de femmes qui nous entourent, anonymes et malheureuses. «Lulu, femme nue, T1 / Etienne Davodeau / Futuropolis
Largo, tourments asiatiques
On l’avait laissé en prison avec un cadavre comme confident à la fin de l’épisode précédent. Et bien en ce début de tome 16 il y est toujours dans sa prison au fin fond du Tibet le beau milliardaire. Et le cadavre nourri les rats. Largo Winch a des soucis. Embarqué par son sens inné de l’honneur dans une sombre affaire de récupération de manuscrit sacré il est allé agacer les Chinois sur leur territoire .
Pas contents les asiates. D’autant que Largo a encore une ardoise non réglée chez eux qui date de sa jeunesse. Là-dessus on ajoute une tentative de rapprochement financier du groupe Winch avec une grosse société du coin aux mains de la famille Tsai, père et fils, on saupoudre avec quelques sociétés secrètes qui avaient filé un coup de main à Largo autrefois, un environnement fabuleux, celui de Hong-Kong et tout roule.
Accrochez vous au fauteuil, vous allez en prendre plein la vue. Pas question de faire une pause. Largo va réussir à échapper à ses tortionnaires aidé par des bonzes karatékas, faire un sort définitif à son tortionnaire, le très méchant capitaine Wole.
Simon Ovronnaz, le fidèle ami de Largo flanqué de quelques pulpeuses créatures aux talents variés, rejoint l’aventure. Un petit coup de turbo au rythme général de l’aventure, une aile volante, un débarquement nocturne dans une île mystérieuse, des meurtres accusateurs, il y a pas à dire Van Hamme et Francq ont fait très fort dans ce tome 16.
Du grand spectacle à toutes les cases, c’est la devise de la maison. On ne lésine pas sur les moyens. Winch indestructible. Bond au rencart, à la retraite.
C’est pour emporter ou consommer sur place ? On flirte avec l’overdose mais ça marche. On se fait plaisir et on ne le boude pas.
Si on connaît la maîtrise scénaristique de Van Hamme le dessin de Francq est toujours aussi bluffant par sa richesse, sa finition, ses cadrages. Francq est le pilier sans lequel le succès de Winch ne serait pas ce qu’il est. On plonge avec lui dans l’action sans retenue.
Du beau boulot. « Largo Winch T16, La Voie et la vertu / Jean Van Hamme / Philippe Francq / Besson / Dupuis
Djinn, une belle "Saga africa"
Un nouveau Djinn c’est la certitude de retrouver un univers sensuel, lourd de sous-entendus, angoissant, parfois un peu alambiqué pour qui n’aurait pas une vraie passion pour soit le dessin de Mirallès, soit pour l’écriture de Dufaux.Cette fois la suite des aventures africaines des deux belles, Jade et Lady Nelson qui a été sacrifiée, Kim et les autres s’offrent une dose de surréalisme qui submerge l’histoire elle-même.
Car on a un peu de mal à suivre les pistes dans cette saga qui mélange ésotérisme, passions sauvages, sacrifices divers et massacres de camps de réfugiés. On récapitule. Jade est devenue une déesse, Anaktu, une djinn pure et dure, adulée par une tribu. Elle va réussir à se libérer de l’emprise maléfique qui la submerge. Deux perles noires mortelles scandent l’aventure. Un gentil blanc, Charles, aime une belle noire, Ebony. Ce qui va très mal finir. Kim a des visions et un penchant naturel pour les joies du corps avec ambiance aquatique. Elle va perdre la vue mais trouver la voie de la sagesse. Allez, régalez vous du dessin de Mirralès dans ce beau livre d’images mais on se demande quand même comment tout va finir au prochain volume. « Djinn T 8, Fièvres / Jean Dufaux / Anna Mirallès / Dargaud
20:47 Publié dans Parutions BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : davodeau, mirrales, djinn, largo winch





