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11.07.2008

Le marquis d'Anaon a ouvert la porte de Khéops

Certes, l'Égypte a déjà son classique en BD, Le Mystère de la Grande Pyramide. Souvenez-vous. Les incontournables Blake et Mortimer découvraient un trésor, le méchant Olrik devenait fou. Jacobs avait mis tout son talent au service de l'un des plus grands albums du 9e art.

caf84bf2d75dea95ceb7be8f0181fda5.jpgEt pourtant, deux jeunes inconscients ont relevé avec bonheur le défi. Ils ont envoyé en balade leur héros, le marquis d'Anaon, une valeur sûre des bons tirages de l'été, en plein XVIIIe, vers ses rivages lointains. Jean-Baptiste Poulain, le marquis, va recueillir en Egypte un héritage pour le moins étonnant et au passage tenter de résoudre le fameux mystère de La Chambre de Khéops (Dargaud), au centre de la pyramide qui donne son nom à cet épisode.

On savait le scénariste Fabien Vehlman imaginatif et curieux. Suivi par Matthieu Bonhomme au dessin, il a embarqué leur héros, qui en général n'attire que les ennuis, dans une aventure plus décontractée. « Ce brave marquis a connu des tueurs, des monstres, un bateau fantôme, il a cette fois dans le tome V une aventure au soleil au ton plus léger », confirme Bonhomme en souriant.

« Nous voulions de la fantaisie et qu'il décide de son sort, de son destin. On a cassé la dynamique du marquis solitaire et victime ». Ce n'est pas tout. Le marquis va découvrir une société coloniale, celle des expatriés français au Caire vers 1720. Il y arrive parce qu'un inconnu le désigne comme héritier d'une petite fortune. Son généreux donateur se serait fait dévorer par trois crocodiles, pas un de moins, en Egypte. Bonhomme de préciser que « le marquis est un voyageur, un curieux et un aventurier. Il va au Caire par envie et il est soupçonné de connaître le secret de la pyramide qui lui aurait aussi été légué ».

Un univers foisonnant de couleurs, des intrigues machiavéliques voire politiques, Bonhomme a mis en scène un scénario atypique. « Le marquis va être confronté à l'esclavage, tombe amoureux d'une jeune noire qu'il ramènera en Europe et bien sûr va découvrir le fameux trésor, dévoiler le mystère. Vous verrez. C'est étonnant ».

Un vrai bonheur cette expédition égyptienne. Bonhomme n'a pas d'idée précise pour la suite des aventures du marquis. « Tout est ouvert. Je vais aussi travailler avec une nouvelle approche de dessin sur un scénario d'un Montpelliérain, un certain Lewis Trondheim. Vous connaissez ? »

Adler, l'intégrale et des regrets

2d21fd6a8ceb49e5851996b1dd32e2be.jpgRené Sterne était un brillant dessinateur. C'est lui qui aurait dû reprendre Blake et Mortimer. Le destin en a décidé autrement. Cet adepte éclairé de la ligne claire avait lancé l'un des héros les plus chevaleresques de la BD. Adler, dont le premier volume de l'intégrale sort en ce début d'été, raconte les aventures d'un pilote allemand qui a déserté en 1942 pour se mettre au service en Asie des populations persécutées. Midi Libre avait publié dans ses pages deux albums de Adler qui sont repris parmi cinq autres dans l'intégrale. Un beau dessin, des personnages cadrés, des avions parfaits. Et beaucoup de regrets pour Sterne. Adler, T 1, Le Lombard ; 47 €.

De main en main

64b122321e7a0cb99fc10917d7a5d8a4.jpgAnna Miralles, sublime dessinatrice de la série Djinn avec Dufaux, est revenue à son scénariste préféré, Emilio Ruiz avec lequel elle signe l'édifiante histoire d'un billet de vingt euros. Un vrai destin que celui de cette petite coupure qui va passer de main en main dans une Espagne contemporaine où se bousculent des personnages très proches de nous. Miralles a fait évoluer son dessin, toujours aussi fort, adapté aux ambiances, aux décors, subtil. Une bonne idée de scénario déjà exploitée certes mais bien menée. A noter la sortie de l'intégrale A la recherche de la licorne des mêmes auteurs. Mano en Mano, Dargaud ; 12,35 €.