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07.07.2008

Léo et Rodolphe pour la saga africaine de l'été

Des animaux préhistoriques disparus qui réapparaissent en 1947, un safari qui tourne mal au pied du Kilimandjaro, des services secrets qui s'affrontent en pleine guerre froide, Kenya est la saga par excellence, chaude et colorée, qu'il va faire bon lire cet été. D'autant que le dernier tome, le cinquième, Illusions (Dargaud), vient de sortir et permet de s'embarquer d'une seule traite dans ces aventures épiques signées Léo au dessin et Rodolphe au scénario. Ils se sont retrouvés côte à côte exceptionnellement pour en dire plus sur leur série. « L'Afrique était le point de départ incontournable. Un titre qui "claque", des points géographiques forts avec un lac, le Victoria, un sommet, le Kilimandjaro, pour asseoir le décor et la crédibilité, Léo et moi avons d'abord échangé nos idées, fait bouger nos neurones. » Rodolphe écrira ensuite cette histoire dans laquelle le fantastique apporte une saveur particulière.

c260d256575320edda9ebeb971609816.jpgLes deux auteurs qui cosignaient Trent, un western dans le Grand Nord canadien dont l'intégrale vient de sortir, voulaient changer d'univers, d'ambiance. « Nous avons la même sensibilité avec Rodolphe. Nos personnages sont un mélange de nos influences, le grand chasseur à la Hemingway, une femme héroïne solitaire Kathy Austin, un monde disparu à la Conan Doyle où il peut se passer beaucoup de choses », renchérit Léo.

Et de l'action, il y en a dans Kenya. Quand des gros bestiaux pas vraiment sympas se mettent à parcourir la savane et se font les dents sur les membres d'une partie de chasse aux fauves - un juste retour des choses - les espions des grandes nations se penchent sur le sujet. « L'époque à la veille de la création de l'Etat d'Israël est très riche esthétiquement. Les avions ont encore des hélices et j'adore les dessiner. » Un plaisir donc pour Léo même s'il faut conserver le suspense. Ce tome V donne les clés du mystère avec l'hypothèse que nous ne sommes peut-être pas seul dans l'univers. Banal comme conclusion ? Pas quand mis à la sauce Léo et Rodolphe, dont l'imagination sait reposer sur une bonne dose de réalisme.

Leur histoire se referme mais elle n'est pas verrouillée comme ils disent. Avec ce trait qui a fait le succès de ses deux autres séries, Aldébaran et Bételgeuse, Léo apporte relief et souffle. Il ne sera pas le dessinateur de la suite de Kenya qu'a déjà écrite Rodolphe, Namibie, tout en restant un peu le gardien. On y retrouvera la jeune miss Austin bien sûr, espionne discrète de la perfide Albion.

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