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29/05/2008

La Comédie du Livre de Montpelier et la BD ont des ambitions régionales

La Comédie du Livre s'offre, à Montpellier tout le week-end 1er juin inclus, un vrai tourbillon de bulles et d'auteurs de BD. Plus de quatre-vingts dessinateurs ou scénaristes vont retrouver le chemin de l'Esplanade et ses platanes. De quoi donner à Montpellier une envie justifiée de devenir, pourquoi pas, le carrefour régional annuel du 9e art et pérenniser un rendez-vous fédérateur.

Si la ville a aussi pris conscience de l'ampleur du phénomène BD, c'est aux libraires que l'on doit la concrétisation depuis deux ans de ce retour. Qu'ils soient généralistes ou spécialistes. Ils en ont été le fer de lance. « L'importance du plateau montre un vrai tournant. Les auteurs sont même plus nombreux que dans les grandes années des débuts de la Comédie. Notre travail a payé », souligne Christophe Régner de la librairie Azimuts.

10de0e9f8ea6ede5b55dfbbef52595b6.jpgDiscours similaire de Dominique Perrin de la librairie Sauramps. « La programmation est ambitieuse et nous avons souhaité privilégier les femmes avec, comme leader, Florence Cestac (notre photo, DR). La Comédie a créé une vraie envie de venir pour les auteurs. Cette année, a été organisé un concours de planches originales sur le thème de l'éclipse. Pourquoi pas ensuite un prix du meilleur album ? ».

Alors à quoi doit-on ce retour en force ? A une programmation ambitieuse des libraires, sûrement. Mais aussi au public. « Celui de la Comédie n'a rien à voir avec celui d'un festival BD. Il y a bien sûr quelques professionnels de la dédicace mais le plus souvent ce sont des lecteurs qui viennent pour le plaisir de la rencontre, par envie de découvertes et les dessinateurs adorent », précise Christophe Régner.

Littérature, BD, même combat ? « Les liens existent déjà comme avec le cinéma. Il nous faut des débats, des expos pour passer à la vitesse supérieure », affirme Dominique Perrin.

C'est vrai que la BD a désormais droit de séjour dans les médias, dans les galeries d'art et affirme son poids dans le monde de l'édition avec près de 10 % des livres publiés en un an. Sans oublier que des Enki Bilal, Marjane Satrapi avec Persepolis ou Sfar avec l'adaptation du Chat du rabbin ou son Gainsbourg en chantier font partie intégrante de l'actualité. Idem pour le plus Montpelliérain des grands prix d'Angoulême Lewis Trondheim, artisan et défenseur du renouveau de la BD sur l'Esplanade. Ce qui n'est pas non plus étranger au bilan.

Pacte avec le diable

694b809e080cbee1fac0e4bfe4249c70.jpgEt si le diable, le vrai, le méchant, passait un pacte avec les humains afin de ne pas faire les frais d'une lutte à outrance que se livrent les anciens dieux ? Le Céleste noir est une nouvelle série qui a la force des grandes sagas. De nos jours, une équipe de chercheurs tentent de déchiffrer un manuscrit de magie dans un environnement protégé de tous. Sauf de Lõnson, le grand manipulateur. Cordurié au scénario, le dessinateur serbe Laci (les pays de l'Est ont des talents redoutables) ont mis en place le décor et les personnages d'un thriller réaliste et fantastique auquel on adhère. "Le Céleste noir", T 1, Delcourt, 12,90 €

Voyages

8c1aff8621f71096e312ff802d68fb1d.jpgLoustal est un vrai voyageur. Quand il brosse ses paysages, ce sont autant de coups de coeurs qui ne peuvent que donner envie de le rejoindre. Avec ces vues de Porquerolles, île magique, Loustal dans un album carré signe un vrai retour aux sources. Cette île, il la connaît bien mais jamais assez. A chaque pas, il en découvre une saveur supplémentaire. On sent l'odeur des pins, on entend le bruit des vagues. Aquarelles ou fusains, il n'y a pas d'exclusive dans la technique. Seule l'envie et le bonheur sont les maîtres de cette nouvelle promenade qui explose de joie. "Porquerolles", Nuages éditions, Comptoir des Indépendants, 25 €

 

25/05/2008

Des bobos en mal d'identité

Ils font partie désormais du paysage. A tous les niveaux, les bobos font recette, consommateurs branchés, désinvoltes et futurs seniors grincheux.

Avec Bienvenue à Boboland (Fluide Glacial, 11,95 €) Dupuy et Berberian, duo élu grand prix d'Angoulême 2008, signent à deux mains un album vérité grinçant et drôle, agaçant sûrement pour la tribu dont ils recensent tics de langages, phobies mais aussi spontanéité et naturel frôlant une naïveté très soixante-huitarde.

68641a825d97f4056c7aa11aa6cdf102.jpgCourtes scènes que l'on sent prises sur le vif, couples en crises de nerf, copines et copains déjantés qui se regardent le nombril en se croyant ouvert sur le monde, de Jean-Jean à Franze-Olivier Lombard Dupuy et Berberian portraitisent et constatent en faisant sourire.

Aude Picault a lancé son héroïne Eva dans une recherche désespérée. Célibataire au coeur en bandoulière, Eva recherche le garçon de ses rêves, se déchaîne au boulot, part en vacances vers des destinations tendance avec sa meilleure amie. Elle est seule, Eva, et elle commence à en avoir assez. Liberté chérie mais partagée si possible. Aude Picault résume les angoisses d'une génération trentenaire qui se demande où ses pas la mènent (Glénat, 10,90 €).

Même profil pour Gloria en vacances de Marianne Maury Kaufmann (éd. Gawsewitch, 15 €). Elle vit en couple mais aime la solitude, voyage pour se vider la tête ou découvrir les joies du shopping à Rome sans visiter le Vatican. Toujours bobo, Gloria se moque gentiment d'elle-même avec tendresse.

Open Space

253be9970ea5b73160b580893376dc78.jpgLa vie au bureau pour un jeune stagiaire non rémunéré bien sûr c'est la seconde grande aventure de la vie après la naissance. James a concocté un premier album, Business Circus, qui, en détails et sous la forme de personnages animaliers, raconte la vie d'entreprise. Il y a le chasseur, les gazelles, le taureau, le loup, le coq et le locataire du placard, un quinquagénaire qui attend la retraite. Le patron est un rhinocéros indestructible.

Le petit jeune va en baver mais découvrir la vraie vie, celle de la machine à café et des coups tordus. Des textes vécus de l'intérieur et une ambiance torride très réaliste. T1, Dargaud, 10 €

Coeur en berne

f72cc6bb0190347f8f540173307edf70.jpgAvec cette suite, Krassinsky continue à explorer les déboires sentimentaux, les failles imprévisibles qui jalonnent la vie à Londres de son héroïne Rose-Mary. Mère célibataire, Rose a un patron qui se prend pour Sean Connery. Elle s'embarque systématiquement dans des histoires compliquées qui tournent court et dans lesquelles les hommes n'ont pas le beau rôle. Un peu ronde, Rose tombe amoureuse d'un soit-disant chirurgien déguisé en lion et ils se la jouent Belle et le clochard. Avec un dessin souple et expressif, Krassinsky maîtrise sa série de plus en plus. On y croit. (T3, Dargaud 13 €).

17/05/2008

Mai 68 : sous les pavés les bulles d'un 40e anniversaire

L’occasion était trop belle. Un 40e anniversaire, encore plus celui de ce mois de mai de 1968 qui avait l’espace d’un printemps fait croire à une génération que rien ne serait plus pareil, cela se devait de générer à posteriori quelques bulles de plus dans l’univers en surproduction de la bande dessinée. Et même si on n’a pas croulé sous le nombre il y a dans le lot de ces spéciaux 68 une poignée de beaux albums qu’il aurait été dommage de passer sous silence.

ad879075edf7a25b51112362355b756e.jpgA Tardi la première place car sa mise en images des chansons de Dominique Grange vaut tous les rétrospectives du monde. 1968-2008, N’effacez pas nos traces (Casterman) est l’association non seulement de deux cœurs généreux mais aussi de deux talents subtils. Dans un format qui rappelle celui de nos « vieux » disques 45 T Tardi capte les phrases de Grange qui chantaient Grève illimitée, Chacun de vous est concerné, reprenait Le Temps des cerises ou La Commune est en lutte, chante de nouveaux titres pour l’occasion. Il y avait de l’utopie dans la démarche et de la générosité, une certaine absence de réalisme qui avait le sourire des jolies filles. C’est l’un des vrais et rares legs de cette époque. Un CD audio est joint à l’album.

 

9c0f4899618edeb6652b90ea337db328.jpgUn collectif ensuite est à signaler chez Soleil, Mai 68, Le Pavé de bande dessinée (19,68 €). Des auteurs de tous âges ont fait un panorama assez subtil et sincère de ce que 68 pouvait représenter pour eux aujourd’hui. Et on comprend que 68 c’est « avant » et très loin pour ceux qui n’avaient pas entre 16 et 30 ans à l’époque. Des frères Bramanti au montpelliérain Gaston, Chabouté, Rossi, Vatine, Lidwine ou Herenguel ils signent des planches, des histoires courtes sérieuse ou drôles, un peu tristes mais qui rendent justice à l’envie de liberté de l’époque. L’ensemble suit une logique chronologique des évènements.

 

2098379b94831e6e9985d8da727b3fd3.jpgEnfin Mai 68, Histoire d’un printemps (Berg International, 19,68 €) a été préfacé par Daniel Cohn-Bendit. Cette fois encore on suit sur un dessin très sobre bien cadré la chronologie. L’album de Alexandre Franc et Arnaud Bureau raconte avec clarté et objectivité les faits, fait parler les principaux témoins, présentent les controverses en donnant à l’ensemble une vraie dimension historique. Avec pour conclusion : Mai 68, une mutation et sûrement pas une révolution.

Pour la bonne bouche, il ne faut pas manquer évidemment l’édition spéciale de Pilote, le journal qui s’amusait en mai 68 à réfléchir et qui cette année s’amuse à lancer un pavé de 160 pages (7,90 €). De BD bien sûr.

11/05/2008

Spirou, enfant adoptif, de Bravo, un père attentif

Quand on annonçait il y a a peu la sortie (et les qualités) du Spirou d'Emile Bravo il n'était pas attendu si vite en visite dans la région. Comment donc résister à la tentation de lui consacrer une nouvelle note pour annoncer qu'il sera bientôt à Montpellier ? On ne résiste pas. En avant la musique.

b86bf831cb3d32ac8a9489a866a13040.jpgÉmile Bravo (aux côtés d'Anne Simon au Salon du Livre à Pari, photo dr) qui sera en dédicace samedi 17 mai chez Azimuts a eu du courage. En racontant les débuts de Spirou, le petit groom, et de Fantasio, le reporter "people" il prenait un risque. Il a signé sans décevoir un album qui désormais offre un vrai passé, intelligent et surprenant, impossible à réécrire à un personnage mythique.

Quand à la fin des années trente un petit groom devient le héros d'un journal belge pour enfants personne ne se serait douté que soixante-dix ans plus tard Spirou serait encore un personnage incontournable de cette BD qui a désormais pignon sur rue et s'offre le luxe d'avoir conquis sa place sur le marché de l'art moderne.

0ee2fecea5c77c6cfc976b5a1dfc58ce.jpgAvec Spirou, Le Journal d'un ingénu que signe Émile Bravo chez Dupuis au dessin et au scénario on sait enfin pourquoi Spirou est Spirou, le nom de l’hôtel où il est groom, que son meilleur ami est Spip l'écureuil qui a une conscience, que Fantasio est un reporter en mal de scoop, que Spirou plaît aux filles, les embrasse et qu'en prime il aime la liberté et la démocratie. Avec un dessin dans la ligne de Rob-Vel premier dessinateur en 1938 de Spirou Émile Bravo, dont l'album qu’il a illustré Ma Maman est partie en Amérique, un vrai bonheur a été primé à Angoulême cette année, a avec talent, humour et beaucoup d'idées donné sa carte d'identité à Spirou.

On est dans une Belgique qui devient pour l'occasion en 1939 la plaque tournante des tractations qui vont aboutir au dépeçage de la Pologne et à la seconde guerre mondiale. Le tout avec des références tout à fait volontaires au vrai héros de l'époque un certain Tintin reporter qui des culottes de golf. Sans oublier des bases historiques évidentes qui n'alourdissent en rien le scénario bien au contraire. Et puis Spirou va être amoureux comme on l’est adolescent d’une soubrette qui n’a pas froid aux yeux. Seccotine avant l’heure ?

L'action est bien menée par Bravo. Il respecte le côté nostalgique et a su apporter sa propre vision de cet ingénu de rouge vêtu et qui le restera ensuite avec Franquin, sommet jamais vraiment revisité par un dessinateur hormis par Tarrin avec son récent Tombeau des Champignac.Le pari pour Bravo était osé, voire difficile car on sort avec son album du simple cadre de la jeunesse du héros qui sera selon Fantasio «le plus ridicule avec son costume rouge de tous les héros présents et à venir». Bravo a su séduire avec intelligence. Son découpage et son trait y sont aussi pour beaucoup. Pudique, souriant, émouvant, Bravo a désormais Spirou pour fils adoptif. On ne pouvait choisir un meilleur père. Dédicace librairie Azimuts, rue Saint-Guilhem, Montpellier, à partir de 15 h 30.

Catel et Bocquet à la Fnac de Montpellier pour Kiki et Quatuor

En venant à la Fnac vendredi 16 mai prochain la dessinatrice Catel et l’écrivain Jean-Louis Bocquet apporteront avec eux le souvenir de celle qui fut l’égérie des surréalistes dans les années trente, Kiki de Montparnasse.

5406061ffaa34aea5bcfc544b4248ab1.jpgC’est en effet avec la biographie superbe qu’ils lui ont consacrée que Catel et Bocquet ont été à juste titre récompensés au dernier festival d’Angoulême. Avec leur Kiki de Montparnasse (Casterman) Catel et Bocquet ont tracé le portrait d’une femme hors du commun, une touche à tout de génie qui comme le dit Catel « n’est jamais allée au bout de ses envies et de ses projets ». Modèle de femme émancipée - ce qui à son époque était inacceptable - Kiki a posé pour les plus grands peintres de Picasso à Modigliani ou photographes. Elle sera la muse et la compagne de Man Ray. Catel et Bocquet ont ait un authentique travail de biographes, complet et qui donne à leur ouvrage dessiné de 400 pages une force indéniable tout en montrant quel roman incroyable est la vie de Kiki.

24388c73cc967fd34de54d9097c7cfb1.jpgCatel viendra aussi avec son dernier album, Quatuor, une adaptation de quatre nouvelles amoureuses, légères, tendres ou graves. Histoires de couples, de passions, Catel trace en détail les faces multiples du cœur masculin dont Bocquet est aussi l'auteur pour l'un d'entre-eux. Une belle rencontre avec un couple atypique dans le milieu de la BD. Dédicace Fnac Polygone à partir de 15 h 30.

09/05/2008

XXI: Ferrandez et Stassen dessinent leurs reportages

C'est un vrai succès d'édition. Le second numéro du trimestriel national XXI a été tiré à 50 000 exemplaires. Le numéro un sorti en janvier s'est vendu à 45 000 exemplaires. De passage à Montpellier à la librairie Sauramps pour un débat Patrick de Saint-Exupéry, rédacteur en chef de XXI, était accompagné des dessinateurs Jacques Ferrandez et Jean-Philippe Stassen. Ils ont signé les BD reportage de XXI.

9d7b44b2fb187657dfde51d8fee0a28c.jpg« Nous voulions un journal avec un format réduit qui retrouve la capacité de raconter l'actualité, sans pub et qui se vende dans les librairies ». Un pari risqué qu'assume Saint-Exupéry en ajoutant : « XXI devait pouvoir se lire comme un livre, un journal du récit qui décline tous les genres, photos, illustrations et BD ». D'où l'entrée en scène de Stassen avec un récit de 30 pages, Les Visiteurs de Gibraltar, qui traite de l'immigration dans le numéro un : « Je connais bien le Maroc. Pour XXI je m'y suis baladé un mois. J'ai pris des notes. De retour en Belgique j'ai raconté par le dessin ce reportage de contacts et de rencontres. Tout est vrai et cela a été un vrai plaisir ». Un récit fort, percutant, émouvant.

Au tour ensuite de Jacques Ferrandez dont on connaît Les Carnets d'Orient sur la guerre d'Algérie. C'est Cuba que Ferrandez a choisie après un premier périple touristique. Il y reviendra avec son fils Pierre à Noël dernier. Ils signent à quatre mains Cuba Père et fils dans le dernier XXI. « Des rencontres, la confrontation de deux générations. Le père est un vieux révolutionnaire. Le fils aspire à partir et vivre mieux. Notre histoire est à deux voix ». Ferrandez a mélangé les aquarelles et les croquis, bâti son scénario. Son fils a créé le personnage du jeune cubain. Le tout parfaitement construit et vivant sera d'ailleurs complété et édité en album en septembre. La BD a donc définitivement rejoint avec brio et pertinence le monde fermé du grand reportage. Elle lui apporte un autre souffle.

Romain Hugault au zénith pour les fans d'aviation

Il étatit en dédicace à Nîmes ce week-end. En deux albums Romain Hugault est devenue une référence dans un genre à succès certes mais qui s'essoufflait un peu, la BD à thématique aviation.

Ce fils de pilote militaire est lui même breveté. Comme sa mère ou son frère. C'est une passion familiale l'aviation et Hugault avec simplicité avoue que « comme tout gamin j'aimais dessiner et adorais les avions. Je n'étais pas plus doué que les autres sauf que j'ai voulu faire des études d'art pour apprendre à bien les dessiner, acquérir de bonnes bases ».

Ensuite c'est aussi une histoire de rencontre et de feeling : « J'avais une histoire courte en quelques planches sur un pilote kamikaze pendant la guerre du Pacifique. J'ai rencontré l'éditeur Paquet qui y a cru et on a décidé que serait le point de départ d'un album, Le Dernier envol. On en est à six rééditions de ce titre aujourd'hui ».

42cafbafa3e46c85c23df6892e2d6e74.jpgHugault va confirmer avec un second album tout autant réussi, Au-delà des nuages, l'histoire de deux pilotes de records dans les années trente : « Curieusement les auteurs de BD n'aiment pas dessiner les machines, avions ou voitures. Moi c'est le contraire et ce sont les personnages que j'ai dû travailler ».

Comme dit Hugault il aime dessiner des avions que « l'on pilote avec ses fesses ». Dans les deux albums on retrouve l'aristocratie des années quarante, du B 17 au Thunderbolt ou au Spitfire. Et dans le prochain, Le Grand Duc, Hugault racontera en trois tomes le destin d'un avion mythique, un chasseur de nuit allemand sur le front russe qu'affrontera une pilote soviétique. Le tout avec Yann, pas moins, au scénario. Hugault est aussi illustrateur bien sûr. Le Fanatique de l'Aviation lui doit des Unes. Hugault enfant avait Buck Danny, Tanguy et Laverdure pour héros. Aujourd'hui c'est lui qui fait rêver les lecteurs fans d'aviation.

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La nouvelle ambition du festival de Sérignan

Après douze ans de bons et loyaux services rendus à la BD, le festival de Sérignan, près de Béziers, change de cap cette année. Ce ne sera pas une révolution mais simplement une évolution.

Des dessinateurs, des dédicaces, des expositions, il y en aura toujours autant le week-end prochain de Pentecôte pour la 13e édition du festival sur les rives de l'Orb. Mais rendant aussi hommage à l'éditeur régional 6 Pieds sous terre, les organisateurs ont voulu montrer que le Languedoc-Roussillon était terre de BD, volontaire et innovante, créatrice.

Ce n'est donc pas un hasard si le président 2008 est Edmond Baudouin, auteur reconnu chez cet éditeur et dont les planches du dernier album, Roberto, seront exposées dans le hall de la médiathèque avec une rétrospective des parutions de Six Pieds sous terre. À ses côtés, on retrouvera la plupart des auteurs qui ont contribué par leur talent à asseoir la réputation de la maison d'édition sous la houlette de son directeur Jean-Christophe Lopez. : « Quand Sérignan nous a fait part de son idée de mettre en avant une maison d'édition comme la nôtre avec un président issu du sérail, on ne pouvait bien sûr refuser. Cela nous correspondait tout à fait, et on ouvrait la porte à une pérennisation de cette ambition pour les prochains festivals. » Ensuite, il a fallu aller très vite pour rassembler les auteurs, monter les expos, les ateliers. « Huit dessinateurs de Six Pieds sous terre, et plus d'une vingtaine d'autres horizons, jeunesse (une spécialité de Sérignan depuis le début), manga, et bien sûr grand public », ajoute Jean-Christophe Lopez, « vont se retrouver ».

58ebe29e365bc7f45942726d02ea5029.jpgMatt Konture, Sandro Masin, Pierre Duba mais aussi Gine ou Patrick Jusseaume, David Prudhomme, ils seront sous les platanes de Sérignan. Cerise sur le gâteau, Florence Cestac (notre photo) sera aussi de la fête. Avec son dernier album sur La Véritable Histoire de Futupolis, Cestac grand prix d'Angoulême, auteur du Démon de midi et des Débloks est une incontournable de talent, à l'humour pétillant et à l'émotion à fleur de bulles. Et qui a été publiée aussi chez 6 Pieds sous terre. Pour le grand prix de la ville cinq premiers albums ont été retenus. Leurs auteurs seront présents et le palmarès annoncé samedi soir après la projection du film de Marianne Satrapi, PersépolisDédicaces le samedi 10 mai et dimanche 11 mai, de 10 h 30 à 12 h 30 et de 15 h à 18 h 30.

La série très noire de Casterman

C'est une association, celle de Payot / Rivages et de Casterman pour nous servir, bien serrés et noir à souhait, une collection de polars en images à raison d'une demi-douzaine de titres par an. Des polars encore ? Certes, mais avec ces albums signés par quelques-uns des plus grands noms de la littérature policière et crayons du moment, il y a de la rumba dans l'air, les malfaisants sont de retour. Chacun d'eux nous montre des talents cachés, inattendus et innovants dans un format ramassé et une pagination qui flirte avec les 120 pages (16,95 € le titre).

421145d05e75179a0d4db8d9c6fb19b4.jpgQuatre titres ouvrent ce bal des maudits. Dans le sordide campagnard, Pelot et Baru font forts avec Pauvre zhéros, une somme de méchanceté primaire et de connerie ordinaire. Un orphelinat où il ne fait pas bon vivre, un ancien d'Algérie taquin, un manouche sentimental, des chats voraces et une belle explosion finale, c'est sacrement bien tourné.

On passe ensuite à une Nuit de fureur par Matz et Thompson au scénario, sur le dessin de Hyman. Un bled US des années quarante, une "balance" à trucider, un tueur aux airs de premier communiant et deux femmes qui ont du caractère, trop même. Le tout ne peut que mal finir et en couleur en plus. Bel exercice de style qui prend aux tripes. Pierre qui roule, de Donald Westlake et Lax, apporte une jolie touche d'humour, noir certes, mais qui détend. Une poignée de lascars finira par doubler l'escroc qui les emploie. Enfin Sur les quais, on ne présente plus. La version de Rodolphe et Van Linthout a le vrai parfum du cinéma des années cinquante. J

Parfum de thym

6148e080d26a2942713bd5a75514e46b.jpgAutant rester noir et corsé avec ce Garrigue et son parfum de thym qui cache celui, moins agréable, des embrouilles mortelles d'une bande de copains dans un petit village du Sud. Martial, un gendarme à la retraite, se penche sur le passé de son ami Rémi avec lequel il montait des affaires pas nettes. Et il va vite découvrir que personne autour de lui n'a vraiment la conscience tranquille. Étude de milieu, polar, manipulations, suspense, tout y est dans ce premier tome. Corbeyran maîtrise une histoire subtile que Berlion, comme à son habitude, met en musique et cadre avec brio. Garrigue, éditions Dargaud, 13 €.

Depralon en balade

6b572db4ff218914e9f8734b3eed0bde.jpgIl a quitté sa retraite d'Uzès pour parcourir les Boutières près des monts d'Ardèche. Dessinateur, plasticien, Gérard Depralon est l'un de ces rares artistes qui ont la magie de l'émotion au bout des doigts. En accomplissant ce reportage dessiné, Depralon a rendu compte, témoigné à partir des centaines de photos prises par lui sur le vif dans ces petits villages qui parsèment les Boutières, au nord de Privas. C'est dans son atelier qu'il a ensuite, à partir des photos réalisées, créé un superbe album en noir et blanc qui se feuillette comme un merveilleux voyage au pays de l'authentique. On vit le pays qu'on voit, Fabrique du Pont d'Aleyrac.

Mai 68, une belle histoire

d6ba50bf0998daae68231551517fce7a.jpgVéro a dix ans en Mai 68, un grand frère qui écoute du rock et a un portrait du Che dans sa chambre. Véro regarde Bonne nuit les petits et lit Mademoiselle Age Tendre. C'est elle qui est le guide et le témoin de cet album illustré signé par Yvan Pommaux et Pascale Bouchié, Véro en mai, paru à l'Ecole des Loisirs.  On est littéralement plongé dans la vie quotidienne d'une famille française de l'époque. Tout colle dans le moindre détail. Un album souvenir pour les uns et découverte pour les autres.

Hugues Labiano et "Black Op"

Labiano était dérnièrement à mla Fnac de Montpellier. Avec le tome 4 de sa série Black Op (Dargaud), le Toulousain surfe sur un genre qui a le goût savoureux du thriller et de la politique-fiction.  Sur un scénario de Desberg, Hugues Labiano a mis son dessin au service de son héros, Floyd Whitman, un agent qui s'est engagé dans la CIA après la mort de son père tué par les Soviétiques. Et pour se venger, le jeune Floyd va devenir l'un des plus actifs espions, dont la mission sera de déstabiliser l'Union Soviétique en aidant la mafia russe à noyauter le système. 

c9ebed1049a83bfab71faa7ff3eba652.jpgEn réussissant au-delà de toutes espérances, Floyd et son équipe vont en fait se retrouver avec un sacré problème sur les bras quand implose l'URSS. La mafia toute puissante va s'expatrier et devenir un ennemi redoutable sur le sol même des États-Unis. Dernier témoin des manigances de ses supérieurs, Floyd devient l'homme à abattre.

Avec une maîtrise excellente du découpage et du cadrage, qui donne à sa BD un ton sûr et prenant, Labiano, dont on avait aimé dès ses débuts Matador ou, avec Dufaux, Dixie Road, sans oublier l'inquiétant Mister George, affirme avec Black Op sa capacité à traiter tous les genres. Il a, en prime, des ambitions d'auteur complet dont le Sahara pourrait être l'inspiration. Quand il aura terminé le tome six de Black Op.