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28.12.2007
Le Poilu au masque de fer
Allons enfants. On est en 1914. La France éternelle jamais au bout de l’idée de génie qui va lui permettre de décrocher la timbale a inventé le combattant de l’an 2000, un petit gars survitaminé à la robotique bien huilée. L’homme qui valait son pesant de francs or en cette veille de premier conflit mondial est le chef-d’œuvre d’un clone des docteurs Mabuse et Frankenstein réunis, du lourd et du violent. Et d’un colonel drapé dans le drapeau tricolore sur lequel déteint en larges flaques son ambition et le sang de ses cobayes humains.
Un poilu indestructible est donc le héros de cette nouvelle série. Un brave type qui a inventé une pile à l’énergie illimitée se retrouve sans bras ni jambes après avoir pris un obus mal placé en partant à l’assaut. D’une pierre deux coups. Il devient le poilu au masque de fer, un Superman avant la lettre, charcuté par un toubib cinglé et protégé par un sergent qui a fait les colonies. Pour cette nouvelle série Dorison a mis la dose maximum dans ce scénario qui mélange allégrement les genres sans exclusive.
Fantastique, grand guignol dégoulinant d’hémoglobine ce qui pour l’époque est de mise, et même un brin de nationalisme qui donne une impression d’alibi, romance à deux sous, on a un sentiment de malaise au final de ces pages dont on attendait autre chose au départ. Le dessin n’y est pour rien. Breccia assure même si il en fait parfois un peu trop dans le regard figé ou grimaçant sur la ligne bleue des Vosges. Et finalement, si c’était le sujet, la guerre de 14, qui n’était pas évident à manipuler en particulier en surfant sur une dérive aussi violemment fantastique ? Emprunter les chemins de l’Histoire n’est pas sans danger. « Les Sentinelles, T 1, Les Moissons d’acier » / Dorison et Breccia / Robert Laffont
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