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21.09.2007
Frank Giroud n'a pas de problèmes d'ego
Frank Giroud est un scénariste heureux. Directeur de collection chez Dupuis, le père entre autres du Décalogue vient de publier deux nouvelles aventures dont les dessinateurs, Pellejero et Faure, étaient edernièrement à Montpellier.
Florent Germaine était à leurs côtés. Il a, avec Giroud, co-scénarisé L'Ecorché sur le dessin superbe de Pellejero. Germaine va d'ailleurs bientôt s'installer dans la préfecture héraultaise et y rejoindre l'importante « colonie » BD. Sur cette expérience rare de travail à deux mains, Giroud, abonné depuis sa création au festival de Vaison-la-Romaine, est intarissable : « C'est un échange permanent depuis le synopsis en quinze pages jusqu'au scénario. Nous nous racontions nos scènes, écrivions en parallèle avec Florent ». Quand on lui demande comment un scénariste comme lui, reconnu, aux centaines de milliers d'albums vendus, accepte les idées d'un jeunot la réponse fuse : « c'est mon succès en BD qui me permet de ne pas me braquer sur des histoires d'ego. Et pour Florent le scénario, l'écriture sont une vraie passion. Nous avons scénarisé L'Ecorché avec un regard pertinent de part et d'autre. Mais on ne va pas plus vite pour autant ».
Un peintre maudit, défiguré, aux origines mystérieuses, le tome II de L'écorché, qui clôt le cycle, vient de sortir. Pellejero appuie le texte de Giroud par un dessin sensuel, empreint de force et de tendresse. Le destin tortueux de Tristan Paulin va donc trouver son épilogue. On se débat dans un drame à la Zola, avec substitution d'enfant pour infirmité non conciliable avec le statut social. Les comptes vont se régler mais « l'anormal », devenu un artiste reconnu, saura ne pas exercer de vengeance, par amour bien sûr. Pellejero, à qui l'on doit, entre autres, le très beau Un peu de fumée bleue, excelle dans ces situations exacerbées.
S'exposer comme c'est le cas dans ce travail en commun, Giroud est un coutumier du fait : « J'ai organisé un cercle de lecture tous les mois chez moi où nous confrontons nos textes, nos idées avec des amis dramaturges, cinéastes, romanciers. Nous soumettons notre travail à la critique des autres. On décortique les histoires, on trie et on tente de trouver la pépite cachée ».
Un vrai filon d'or massif doit être dissimulé parmi les neurones de Frank Giroud. Avec Faure il sort aussi le tome I de Samsara, une saga qui a pour cadre l'Angleterre victorienne, un mélange habile et envoûtant de Dickens et de Kipling mais dont seul Giroud connaît la recette exacte. « Un plaisir d'écrire pour Faure », ajoute Giroud, « avec qui j'avais fait un épisode du Décalogue. Samsara lui convenait à merveille. Nous avons les mêmes goûts ». Ensuite il s'attaquera à Pâques avant les rameaux, une histoire de huis clos avec des héros sortis de la bonne bourgeoisie provinciale. Tout un programme à la Giroud.
Incompréhension
Conciliatrice
Une Mary Poppins qui aurait préféré les bas-fonds à la société huppée de Londres, Miss Endicott en cette fin du XIXe siècle prend la succession de sa mère, la conciliatrice. Juge de paix du petit peuple, Prudence tout en assurant son travail de gouvernante évite les conflits et sait ne pas se laisser marcher sur les pieds. Même par les dangereux habitants des sous-sols londoniens. Beaucoup de fraîcheur dans ce dyptique signé par Derrien et Fourquemin. Les ambiances se choquent. On peut passer de la douceur familiale au fantastique le plus pur. Ce premier volet est une réussite. Miss Endicott, Le Lombard col. Signé, 15 €.
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