Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

30/05/2007

A Montpellier la BD rejoue la Comédie

Et si la Comédie du Livre de Montpellier s’imposait comme le premier rendez-vous régional de la BD? C’est un retour en force que va y faire le Neuvième Art, de vendredi 1er juin et jusqu’à dimanche 3 juin, après divers trous d’air.

Les bulles et les cases retrouvent droit de cité non seulement grâce à la perspicacité et la sagacité des libraires spécialisés mais aussi à leur côté incontournable dans l’univers commercial du livre et de l’édition. Enfin, l’implication d’un Grand Prix d’Angoulême, en la personne du Montpelliérain Lewis Trondheim, présent sur la Comédie, n’est pas non plus étrangère à ce renouveau. 

Une soixantaine d’auteurs seront donc en rencontres et en dédicaces sous les platanes de l’Esplanade. Il y en aura pour tous les goûts, de l’aventure à l’humour, du manga au fantastique. Romans graphiques, jeunes talents, BD jeunesse, grands noms; Azimuts, Sauramps, Album, Gibert ou Ikoku, le choix des libraires a été volontariste et intelligent.

medium_BDBILAL_LIVRE07_011.jpg

On retiendra en particulier Anne Simon (notre photo avec à ses côtés Emile Bravo)  qui, avec son album les Petites Prouesses de Clara Pilpoile, chez Dargaud, aventures rocambolesques d’une écrivain public amoureuse d’un roi de la F1, est l’une des découvertes de l’année. « Chaque planche devait se suffire à elle-même. Et la vie de Clara n’est pas une autobiographie. J’ai glané des anecdotes. C’est une fille de son époque mais je n’aurai pas vraiment aimé lui ressembler», confiait récemment Anne Simon..

Et puis, il y aura aussi Jacques Ferrandez pour le tome 9 de ses Carnets d’Orient, chez Casterman, chronique de la présence française en Algérie. Franck Bourgeron, habitué de la Comédie, sera lui présent avec son adaptation tout à fait réussie et poignante de Pierre Loti, Aziyadé chez Futuropolis. Matthieu Lauffray pour Long John Silver (Dargaud) pourra raconter comment, avec Dorison au scénario, ils ont finalement donné une suite remarquée à l’Île au Trésor. Olivier Berlion, avec Tony Corso détective atypique, rencontrera Krassinsky et son émouvant Singe qui aimait les fleurs sur le même stand.

On peut dire encore qu’Émile Bravo qui a illustré Ma maman est en Amérique, sera aux côtés de Jim, Igort, Eric Corbeyran ou l’ex-Nîmois David Sala dont la série chez Delcourt, Nicolas Eymerich inquisiteur , s’est imposée. Un clin d’œil encore à un dessinateur flamboyant, fou de Lautrec, Gradimir Smudja. Son Bordel des Muses (Delcourt) est une ode à l’impressionnisme bourrée de talent et d’humour. Tronchet, Lapeyre, Nhieu, Gaston et Fenech entre autres pour les régionaux, c’est vraiment la plus belle affiche que la Comédie pouvait proposer. La BD fête son retour en fanfare sur la Comédie. Cela lui était dû.

Des records et un constat

La BD fait des envieux chez les éditeurs de littérature. En 2006, 124 albums dont 40 mangas ont été tirés à plus de 50000 exemplaires et 44 ont dépassé les 100000. Et il y a les stars avec Titeuf et ses 2 millions pour le dernier album, Astérix, 3 millions, ou, parmi les meilleures ventes toutes catégories, le dernier Bilal.

Ce que la plupart des classements officiels se gardent de préciser en ne mélangeant pas les chiffres de vente BD et littérature. Comme le disait dernièrement un mensuel spécialisé c'est au moins la garantie que le milieu de la BD restera encore convivial et n'ait pas de grosse tête comme en litérature avec ces auteurs branchés qui font le tour des plateaux télés en étant parfois ridicules. Si on y ajoute que la BD touche à tous les genres, cinéma compris avec par exemple le prix du Jury à Cannes pour le fim de Satrapi la BD ne pourra pas rseter encore longtemps le parent pauvre du livre.  4130 titres ont été publiés en 2006.

24/05/2007

A Sérignan Dany présidera un festival grand public

Un président qui a su avec malice et talent toucher à tous les styles, un président qui a un faible pour les belles héroïnes, en choisissant Dany pour présider son édition 2007, le festival héraultais de Sérignan, qui se tiendra ce week-end de Pentecôte, a fait le choix d'un auteur qui manie charme, aventures et humour.

C'est avec un couple devenu mythique, la douce Colombe et son fiancé Olivier Rameau que Dany a eu son premier succès. Clin d'oeil très personnel à Lewis Caroll ou au Magicien d'Oz, cette série qui avait pour cadre le monde enchanté de Rêverose a séduit en onze albums plusieurs générations de lecteurs jusqu'en 1987.

medium_BDDANY.jpgUne série qui aura aussi donné l'occasion à Dany de montrer toutes les facettes de sa palette et de travailler avec les plus brillants scénaristes. Il signera Arlequin avec Van Hamme, mélange d'humour et d'action, un polar avec Jo Nuage et Kay Mac Cloud pour Greg, reprendra avec lui Bernard Prince pour deux épisodes. Mais c'est Histoire sans héros, les péripéties d'une poignée de survivants d'un crash dans la jungle, qui permettra à Dany de s'affirmer encore plus comme auteur réaliste. Il faudra attendre pourtant avant que Dany ne donne une suite à cet album devenu mythique. Vingt ans après apportera quelques clés aux destins des personnages dont aucun n'est un héros au sens BD du terme.

Grand amoureux devant l'éternel Dany a su aussi donner aux femmes sous son crayon la place qu'elles méritaient. Sous le titre Ça vous intéresse et Humour coquin il signe des planches drôles et gentiment érotiques. Enfin tout récemment Dany est parti pour un album unique Sur les traces de Dracula. Un voyage mouvementé au trait toujours aussi séduisant et élégant.

Mais quand on est président du jury de Sérignan il faut aussi choisir le prix de la ville parmi une sélection de premiers albums. Cette année sept titres sont au rendez-vous. Nicolas Bara est nominé pour l'excellent Chant des mapas (Dargaud), Thierry Nouveau pour Léo et Lola (Le Lombard), Paul Drouin pour l'étonnant Moustique (Glénat), Hallain Paluku pour Miss Elliott, Elvire de Cock pour Tir Nan Og, Alexandre Clérisse pour le charmant Jazz Club (Dargaud) et Lük Déma pour Syst. Réponse dimanche soir pour le palmarès d'un festival qui, avec l'exposition Crumb, ses cinquante auteurs en dédicaces, ses expos, est incontournable et grand public. Le festival se déroulera les 26 (à partir de 15 h), 27 et 28 mai.

Labiano entre guerre froide, mafia et CIA

Hugues Labiano est l'un de ces auteurs dont on savait, dès le début, qu'il ne pourrait que progresser, touchant à tous les genres avec talent. Il sera vendredi 26 mai, à la Fnac (1), pour dédicacer le tome 3, dernier opus en date de la série Black Op qu'il signe avec l'un des plus prolifiques scénaristes actuels, Stephen Desberg.

medium_BDLABIANO.jpgVrai thriller bien concocté qui flirte avec l'espionnage, la guerre froide, la mafia russe et la CIA réunis, Black Op a tous les ingrédients savoureux des bonnes recettes. Mais Hugues Labiano, comme il avait su le faire déjà pour Dixie Road ou Mister Georges, s'est totalement approprié le destin du héros, Floyd Whitman, qui a repris le flambeau familial après la mort de son père, agent de la CIA. Et c'est la montée en puissance de Floyd, capable de s'allier avec le diable, que Labiano a mise en images sur la musique écrite par Desberg. Le destin de Floyd au fil des ans ne sera pas non plus des plus calmes. Face à la mafia russe, dont la CIA a favorisé l'implantation aux USA, il faut aujourd'hui faire appel à l'ennemi héréditaire, des ex-agents du KGB, pour faire le ménage. Labiano découpe ses planches, ses plans avec de plus en plus d'efficacité. Son dessin a désormais la puissance et le poids des meilleurs. (1) à 15 h 30, dédicace à la Fnac (Polygone).

Coups de coeur

Sept psychopathes

medium_BDSEPT.jpgDes vrais jobards mais qui ont tous une spécialité capable de leur permettre d'atteindre leur but, tuer Hitler et abréger la guerre. Sur cette base un brin simpliste Fabien Vehlmann a développé un scénario culotté et qui tient la route même si on peut lui reprocher quelques situations ou personnages un brin tirés par les cheveux. Sean Phillips a le dessin qu'il faut pour décliner cette histoire qui s'inscrit dans une série thématique dont le chiffre sept est le lien. On aura des voleurs pour succéder aux psychopathes. A chaque fois dessinateur et scénaristes changeront. 7 Psychopathes, Conquistador Delcourt, 13,95 €.

Cassio et Rome

medium_BDCASSIO.jpgLes débuts d'une série qui associe Reculé et Desberg à travers le destin perturbé d'un jeune romain, Cassio, tombé sous les coups de quatre assassins. On est en 145 après le Christ et Cassio, flanqué de ses amis dont Livion le sénateur, sont de tous les mauvais coups. Jusqu'au jour où par dépit Cassio est assassiné. Quand de nos jours la belle archéologue Grazzi retrouve sa tombe elle a la preuve que Cassio a survécu et a pu semble-t-il punir ses meurtriers. Mais comment a-t-il fait ? Un mélange subtil de fantastique et d'intrigues diverses avec un très beau dessin de Reculé. Ce premier tome promet. Cassio, Le Lombard, 9,50 €.

17/05/2007

Nic Oumouk à la ferme

A force de faire le pitre et de se prendre pour un dangereux révolutionnaire, un casseur de banlieue et un vrai bouffon, Nic Oumouk a gagné le gros lot. Il est puni par la société à qui il commence à casser sérieusement le moral à défaut d’autre chose.  Bien fait. A lui les travaux d’intérêts généraux dans un bled pourri de la France profonde. Dans La France a peur de Nic Oumouk Manu Larcenet amène donc son jeune héros à la ferme tendance Retour à la terre assaisonné d’un zeste de Combat ordinaire. Et on rigole ferme.

 

medium_BDNIC.jpgIl a un bon fond le Nic même si il ne le sait pas. Il sème la panique partout où il passe sans le faire vraiment exprès. Un anormal du comportement, un perturbé du destin, Nic débarque chez les ploucs et la fantasia peut commencer. Avec son air de ne pas y toucher Nic devient garçon de ferme chez Monsieur André, un vrai, un pur, une synthèse du Bové moyen qui vous fabrique des kebabs bios au goujon de la Durance. C ’est un mutilé du cervelet le Monsieur André avec des poules agressives, un potager que Nic va transformer en terrain vague vite fait mal fait. Nic aura aussi ses premiers émois campagnards avec une jeunette mais il y aura dérapage.

 

Pas sa faute cette fois à la terreur. Le racisme peut aussi être champêtre. Il serait bien redevenu un petit garçon à part entière. Mais comme il a un côté évangélisateur le Nic Oumouke et que son Larcenet de créateur lui pourrit la vie il va pas prêcher dans le désert. Il va laisser des traces dans l’inconscient campagnard. Les paysans grâce à lui vont entamer leur révolution, découvrir un complot à l’échelle mondiale et prendre le pouvoir.  La France a peur de Nic Oumouk. Bien fait pour elle mais il est craquant le bougre. Drôle, des dialogues savoureux, Larcenet sait y faire. ( La France a peur de Nic Oumouk, Manu Larcenet, Dargaud, 12,90 €)

 

Luuna côté pile ou face

On a eu tort de trouver à ses débuts des petits airs de Pocahontas à la belle Luuna. Certes Keramidas son dessinateur sortait des studios Disney mais la comparaison s’arrêtait la. Keramidas, dont Luuna était la première expérience en BD, a pris ses marques au fil des albums. La jeune indienne aventurière et maudite, prise au piège entre ses deux totems, côté pile un loup blanc gentil et côté face un loup noir qui la transforme en furie, a grandi et bien. On pouvait aussi faire confiance à Crisse au scénario pour apporter tous les ingrédients nécessaires au bon fonctionnement de l’intrigue : une jolie fille, une bonne dose de fantastique dans le style légendes et coutumes, des personnages secondaires soit rigolos, soit  sur lesquels Luuna pouvait se reposer. Et en prime un story-board déjà assez élaboré dans le découpage de l’histoire.

 

medium_BDLUUNA.2.jpg On en est à ce jour au tome 5, Le Cercle des Miroirs, qui vient conclure un cycle riche mais qui a eu à subir des hauts et des bas, des intrigues parfois en dents de scie. La quête de Luuna pour retrouver sa bonté naturelle touche à sa fin. Crisse l’embarque donc dans une rencontre avec des aztèques qui lui reconnaisse un statut de princesse. Elle ne laisse pas indifférent un beau brun du coin. Il va l’accompagner dans un monde magique où Luuna sous l’emprise de son méchant totem disjoncte un brin mais finira par faire un sort à son moi négatif. Ce qui va relancer le débat pour la douce enfant qui se demande quand même si elle a bien fait pour la suite.

 

Ce tome 5 est nettement plus nerveux, concis et efficace. Le dessin est parfait. Il ouvre de nouveaux horizons à Luuna même si Keramidas très occupé par son Donjon Monster avec Trondheim – les premières planches sont étonnantes – attendra un peu avant de relancer le second cycle. Reste que Luuna est une héroïne très attachante que l’on reverra avec joie. (Luuna, Keramidas et Crisse, Soleil, 12 €).

Antarès, un Léo dans la lignée

Décollage immédiat pour une nouvelle planète, Antarès, en compagnie de Léo, un commandant de bord qui a fait ses preuves. La petite Kim que l’on découvrait dans Aldébaran a bien grandi depuis l’époque où amoureuse de Marc elle allait savourer les vertus de l’immortalité grâce à la mantrisse, entité pondeuse de pilules miracles.

 

Avec Kim comme fil d’Ariane Léo nous faisait partir à la découverte d’un monde original, celui des pionniers et des colonies humaines paumées à des millions d’années lumière de notre Terre au XXIIe siècle. Animaux, végétation, Léo a fait mouche dès le premier album par la diversité et l’originalité de ses ambiances. Son renouveau du fantastique et de la science-fiction en BD, même si il marchait parfois dans les pas de Bourgeon, avait de quoi en imposer. On retrouvait par contre des personnages assez conventionnels, la copine, l’amoureux transi ou le vieux malin. Mais Léo a su faire évoluer son héroïne, Kim, elle encore, afin de lui permettre de prendre peu à peu la première place. On apprendra aussi à la fin du cycle que d’autres voyageurs ont précédés les Terriens dans l’espace.

 

Après Aldébaran et une fin très politique avec destruction des méchants au look de junte militaire sud-américaine (normal quant on connaît le passé de Léo), Betelgeuse prenait le relais.  Cette fois plus de doute, Kim était devenue dans la série une sorte d’icône. Une colonie qui ne répond plus, une mission de secours et une fois encore un monde exceptionnel avec des bestioles qui lorgnent entre le gorille et le yéti mâtiné d’écureuil, un requin qui saute et une autre mantrisse moins sympa que celle d’Aldébaran. On en savait plus sur l’origine de ces curieuses mantrisses, clés de la saga de Léo, et de leurs pouvoirs. Avec en prime un extra-terrestre craquant pour Kim qui avait désormais les appétits de son age. Mais rançon de son immortalité Kim voyait quelques-uns de ses amis mourir tout au long de cette aventure toujours en cinq albums mais plus violente et philosophique que celle du premier cycle.

 

medium_BSANTARES.jpgEt voila le troisième cycle, Antarès,  qui ouvre ses pages avec le premier opus, Episode 1. On fait dans le Stars War peut-être ? Passons et apprécions la nouveauté avec Kim toujours aussi belle. A elle d’aller voir ce qui se passe sur Antarès que la Terre veut coloniser. Elle n’est pas très nette cette planète. Les animaux et les humains disparaissent d’un coup ce qui fait désordre dans le décor pour un gouvernement à tendance en plus extrémiste et autoritaire. Elle va en profiter pour faire amnistier ses copains et mettre au monde un enfant qui respire sous l’eau.

 

Bon, allez, on arrête. Léo ne dévie pas d’un pouce. Son dessin s’est très affirmé. Il suffit de relire Aldébaran. Il aime comme à ses débuts avec Trent, le policier monté canadien, les destins compliqués et tristounets. Un soupçon froid, le trait, mais c’est sa marque de fabrique. Par contre Léo sait toujours aussi bien surprendre, inventer, charmer. On est pris sans trop de réserves dans les filets soyeux de maman Kim. (Antarès, Léo, Dargaud, 10, 90 €).

10/05/2007

Coups de coeur mai 2007

Boris et la rentrée

Une histoire de gosses, d’ados en herbe qui doivent affronter la première grande épreuve de leur vie, la rentrée au collège. Boris est le héros de cette série qui commence. Il y a la bande de débiles profonds, gros bras et grandes gueules, le petit frère qui a une prédilection pour le sirop contre la toux et bien sûr la fiancée, Ivy. Boris a aussi deux copains sympas, un prof de gym taré et des parents qui font de leur mieux.

Guy Michel au scénario et Dranael au dessin tracent avec réalisme et tendresse les débuts dans la vraie vie d’un Boris dont le destin se joue malgré lui. Boris devrait séduire. Boris, Éditions Soleil, 12,90 E.

 

 

Quartier amnésique

medium_BDQUARTIER.jpgL’idée est bonne et séduisante. Des ados vivent dans un quartier où tous les adultes deviennent peu à peu amnésiques. Maël veut s’enfuir mais sans abandonner sa jeune sœur. Mog son ami doit fuguer pour échapper aux coups de son père qui ne le reconnaît plus. Dans cet univers surréaliste et fantastique dans lequel la mémoire est un enjeu politique les deux amis bientôt s’affronteront. Benjo, Zano et Beauverger ont mis dans cette série en trois tomes leur talent et leurs influences en particulier japonaises. On peut être dérouté mais il faut persévérer. Cela en vaut la peine. Quartier M, Empreintes Dupuis, 13 E.

Dillies, Laperla et Willem en tournée

Un joli trio d'auteurs BD du style qu'un éditeur indépendant et combatif comme Paquet sait bien défendre. A juste titre car Renaud Dillies, Artur Laperla et Étienne Willem sont trois figures que la librairie Album reçoit samedi après-midi 12 mai en dédicace. Ce sera aussi l'occasion de présenter la nouvelle collection de Paquet, Tekap, qui les réunit avec d'autres.

Dillies avait conquis Angoulême puis le festival de Sérignan la même année avec ses aventures animalières racontées dans Betty Blues en 2004. Humour et tendresse étaient au rendez-vous. Cette fois, il adapte un conte de Grimm, Frère Joyeux, la balade d'un gentil bonhomme à nez rouge. Il est un peu menteur mais a un bon fond et, comme un bienfait n'est jamais perdu, la morale sera sauve. C'est une autre facette du talent de Dillies qui sait, en fonction du sujet, arrondir son trait, le rehausser, ajouter la bonne touche de couleur.

medium_BDPAQUET.jpgPour Artur Laperla, on embarque avec des pirates dont l'un d'eux n'est qu'une tête sans corps mais pas sans vie. On appréciera le tour de force de donner la vedette à une tête qu'un jeune herboriste découvre sur une île déserte lors d'un voyage vers les Amériques. La tête de Wilson l'enragé est un mélange heureux d'action, de fantastique et de drôlerie. Le malheureux herboriste va servir de véhicule, user ses jambes et ses bras au service d'une tête qui a vraiment un sale caractère. Laperla avait séduit lui aussi avec un premier album Voleurs de chien puis avec Matilda Clark. Son dessin est dans la tendance actuelle tout en conservant sa propre part d'originalité.

Enfin, le troisième de cette tournée sera Étienne Willem pour Le cercueil des souvenirs. Détour pour les Indes sous autorité britannique. Une jeune et jolie cambrioleuse est témoin d'un meurtre, celui d'un archéologue. Accusée à tort et poursuivie, elle va en profiter pour mettre fin aux activités d'une secte et découvrir le secret de ses origines. Aventures encore bien sûr mais parfaitement ficelées et mises en scène. A noter que cette collection ne coûte que 5 € l'album. Samedi 12 mai à 15 h, librairie Album, rue de l'Aiguillerie, Montpellier. Entrée libre.

04/05/2007

De Montpellier à Nîmes, Keramidas a promené Loona

Dessinateur de Luuna, Keramidas à dédicacé à Montpellier et à Nîmes pour le festival BD annuel présidé par Zep Une semaine chargée pour Nicolas Keramidas. Avec Luuna il faisait il y a cinq ans sa première incursion dans la BD, une réussite : « Je venais de chez Disney et voulais m'affranchir de toutes contraintes en particulier graphiques ».

medium_BDLUUNA.jpgAujourd'hui avec Crisse au scénario, qu'il a rencontré grâce aux éditions Soleil, il continue à raconter les aventures d'une jeune Amérindienne dans la forêt et sa lutte contre les forces du mal. « On n'avait pas prévu d'arriver à cinq albums. Au départ nous n'avions pas de synopsis arrêté même si Crisse savait où il allait. Au tome 2, les idées se sont précisées et on a ajouté des personnages secondaires. Au tome 5 la pirouette finale va nous permettre de rebondir sur un autre cycle ». Keramidas ne renie pas qu'inconsciemment « Luuna a du Disney dans les veines mais on est loin de Pocahontas ». Sa collaboration avec Crisse est sereine, « il est aussi dessinateur et me livre un story-board avec une narration impeccable. Je ne vais pas modifier par plaisir mais il m'y encourage si besoin ». Luuna est une belle brune qui peut devenir une furie si la face noire de son totem l'envahit. Toute la force de l'histoire réside dans cette dualité. Mais Keramidas plaide que la documentation ce n'est pas son fort. Alors pas la peine d'espérer avec Luuna une encyclopédie sur la vie indienne : « On raconte une quête avec fantaisie. Je peux donc me permettre ce que je veux et demain les Vikings vont s'inviter dans notre saga ». Mais avant la suite, un break pour Keramidas et un album dans la série Donjon Monster avec Lewis Trondheim qu'il rencontrera lors de son passage à Montpellier.

Il a aussi en projet une collaboration avec Arleston le père de Lanfeust et de Trolls de Troy, un petit tour dans une des régions inconnues qui composent ce monde jubilatoire. Et une certitude pour Keramidas : « Ce qui est moderne ou réaliste ne m'intéresse pas car trop liberticide ».