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30.01.2007

Angoulême 2006, année en demi-teinte et une sélection très ouverte

 Le 34e Festival d'Angoulême ouvre ses portes aujourd'hui et se poursuit jusqu'à dimanche. Présidé par le Montpelliérain Lewis Trondheim, il ponctue une année BD en demi-teinte 2006 ne sera pas l'année de tous les records. Encore qu'avec près de 40,5 millions d'albums vendus et 383 millions d'euros de chiffre d'affaires (sources GFK), le neuvième art n'ait pas vraiment de quoi se plaindre. À Angoulême, on criera encore une fois au surrégime, à l'impossible défense des titres par des libraires submergés d'un trop-plein de parutions perturbant le lecteur, lequel ne sait plus à quelle case se vouer.

medium_BDANGOU1.jpgCertes, la BD marque le pas en 2006 comme en 2005, avec un recul de - 5,4 % en volume et - 4,2 % en valeur, mais elle représente tout de même 12,4 % des ventes du marché du livre. Vive Titeuf, de Zep (vendu à 700 000 exemplaires) ou Lucky Luke, de Laurent Gerra (reconverti dans le scénario) et Achdé qui flirte avec les 300 000. Plus quelques poids lourds qui tournent autour des 200 000 exemplaires, tel l'étonnant Face cachée de Sarkozy, auquel on préférera, peut-être, dans le genre, le succulent Pétillon, L'Affaire du voile. La BD couvre tous les genres, aventure, humour, histoire, jeunesse ou politique. Et le manga est désormais incontournable. Comme on dit chez Azimuts, librairie spécialisée BD de Montpellier : « Le manga nous a fait créer une librairie dans la librairie. » Si la BD franco-belge domine encore, le genre marque des points avec un manga vendu sur trois BD. La série Dragon Ball se vend plus que Tintin ou Astérix. BD jetable, vite mais bien faite, et à dessinateurs multiples, le manga permet une publication presque mensuelle des suites. Ses ventes se stabilisent mais ne régressent pas. Angoulême ne propose que 9 mangas sur les 44 titres sélectionnés cette année. Preuve que la reconnaissance du phénomène n'est pas encore évidente.

Côté sélection 2007, Angoulême a fait dans l'éventail le plus large. Black Hole (Delcourt) de Charles Burns, J'ai tué Adolf Hitler de Jason (Carabas, lire ci-dessus), Le Marquis d'Anaon de Bonhomme et Vehlmann (Dargaud), Le Sang des voyous de Loustal (Casterman), ou La Volupté de Blutch (Futuropolis) sont autant de facettes d'un art qui a su ouvrir ses portes à tous les talents. On y verra aussi la volonté affirmée du président Trondheim de faire évoluer le festival. Le palmarès, samedi soir, dira s'il a vraiment atteint son but.