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21.12.2006
L'exorcisme pudique d'un enfant perdu
Ils ont signé l'album le plus courageux, le plus réussi de l'année. Et sur un sujet grave, difficile, dérangeant, celui de la pédophilie. Une histoire vraie, celle d'Olivier Ka scénariste de Pourquoi j'ai tué Pierre (Delcourt) sélectionné parmi les nominés du prochain festival d'Angoulême avec des chances de prix.
Au dessin Alfred, qui a vécu jour après jour, case après case l'exorcisme d'Olivier Ka, un ami proche. « Une vraie thérapie pour Olivier. Enfant il vivait dans un milieu ouvert, mélange de hippies libérés et de personnages hors normes, sans vraies frontières morales. On est au début des années soixante-dix. Et il lui est arrivé le pire, un accident peut-être mais dans un milieu favorable à cela ». Premier constat d'Alfred qui plante le décor du drame qu'Olivier va vivre en toute innocence, l'arrivée d'un nouveau copain de ses parents, un prêtre, Pierre, qui l'amènera en colonie de vacances et deviendra pour le petit garçon un héros, un ami, un grand frère. Dérapage un beau jour. Alfred colle au récit. Olivier culpabilise et se tait pendant plus de vingt ans. Jusqu'au jour, précise Alfred, « où sa fille a eu douze ans en attente de l'aide des adultes. Le déclic. Olivier a fait le choix de raconter. A moi ensuite de trier, d'élaguer dans le scénario, succession d'anecdotes. Olivier a voulu créer la surprise en adoptant une chronologie, une progression, un compte à rebours ».
Ultime remède, Olivier Ka et Alfred vont retourner sur les lieux sans savoir que Pierre que l'on croit mort vit encore et y habite toujours. L'incroyable rencontre se produit. Olivier dit à Pierre qu'il va raconter son histoire, sans haine ni mépris, voire avec un reste de tendresse du petit garçon trompé pour son ami devenu un vieux monsieur voûté. « Une tension insupportable, l'enfer. On ne s'attendait pas à cette confrontation. On voulait finir le bouquin où il avait commencé. On n'était pas préparé à cette rencontre. Pierre a essayé de se justifier, a demandé pardon à Olivier ».
Pas évident de sortir intact d'une telle aventure, pour le lecteur non plus d'ailleurs : « La pagaille dans la tête. Olivier s'est senti libéré. Il avait résolu quelque chose. Je sais désormais qu'on a fait ce bouquin pour nous. Je sais aussi que je suis un dessinateur qui ne veut plus époustoufler le public ». Pas sûr car Alfred a pourtant bluffé, apporté toute sa créativité, son talent à cet album atypique et si vrai, émouvant. Une belle page d'écriture authentique.
09:01 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
salut Jean-Laurent,
c'est Giulio, je m'excuse pour le retard pour la dedicace que je t'ai promis faire sur le tirage OC de Wisher. Je n'ai pas oublié.
je t'envois l'album à travers Diane, ou si tu veux directement à ton adresse après les fêtes.
je profite pour te souhaiter des bonnes fêtes.
giulio de vita.
Ecrit par : giulio | 28.12.2006



