Il y a toujours eu chez Cosey la volonté de s’impliquer politiquement et sociologiquement dans les histoires qu’il livre à ses lecteurs. En signant le Bouddha d’Azur sur une trame finalement très romanesque d’amour fou entre deux êtres que tout oppose Cosey nous a aussi offert à nouveau un pamphlet acerbe sur l’occupation chinoise du Tibet, un pays qui le passionne, la reprise en main hégémonique d’un peuple dont on détruit volontairement toute la culture et auquel on refuse toute reconnaissance. Le tout dans l’indifférence générale sauf quand le Dalaï-lama passe au journal de 20 heures.

On avait donc suivi dans le tome 1 les aventures enneigées de Gilford, jeune adolescent anglais au début des années soixante et sa rencontre dans une lamasserie tibétaine avec la douce et jolie Lhal. Comme Lhal était censée être la réincarnation d’une prêtresse gardienne du mystérieux Bouddha d’Azur, gigantesque statue d’or massif, leur amour naissant était rapidement contrarié, l’occupant chinois s’ajoutant en plus au débat.
C’est sa quête pour retrouver Lhal treize ans plus tard que Cosey dans le tome 2 en 72 pages a tracé mêlant avec beaucoup de subtilité chasse au trésor, amours contrariés, ésotérisme, aventures et grands espaces, coups de théâtre divers et happy end de rigueur. On suit Gilford avec plaisir au fil du dessin de Cosey toujours aussi envoûtant, surfant entre gravité, réalisme et détails ethnologiques. La balade vaut le détour. Elle apporte en plus une bonne dose d’espoir et d’optimisme
(Le Bouddha d’Azur, Empreintes Dupuis, 13,50 €).
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