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20.10.2006
Le Portail s'est ouvert sur Bakemono et Wisher
Le Portail est donc le nom de cette collection. Ouverture sous-entendue bien sûr vers un monde différent dans lequel fantastique, réalisme, contes vont se côtoyer, se mélanger. Premier dans l'ordre d'apparition au catalogue, Bakemono totalement signé par Jean-Luc Sala. « Je suis parti d'une légende médiévale japonaise. J'avais envie de faire une série plus zen que celle que je terminais. J'avoue que je ne suis pas un dessinateur virtuose mais avant tout un scénariste, pour qui l'écriture prime », concède Sala.
Dans Bakemono c'est un demi-dieu, le Tengu, samouraï de son état qui remet de l'ordre dans un royaume convoité par un empereur malfaisant. Au passage il doit retrouver trois princesses héritières pour assurer l'avenir. « On peut parler de mythologie finalement, la lutte du bien et du mal avec une bonne dose de fantaisie et d'action ». Sala ne cache pas ses influences, les films de sabre made in Hong-Kong, les mangas mais avec cette touche classique et poétique qui lui est propre. Son dessin est souple, très vivant, imprégné de l'art délicat des estampes.
Le Tengu de Bakemono doit maintenir un équilibre précaire entre le terrestre et le céleste. Sala multiplie les clins d'oeil avec humour. Le héros solitaire tombera amoureux et les femmes, princesses ou pas, sauront s'imposer. Sala a donc réussi malgré ses craintes. Son samouraï mi-homme mi-corbeau a de l'avenir et de la prestance.
Second titre, Wisher, avec Sébastien Latour au scénario et De Vita au dessin. Démarrage sur les chapeaux de roue. Un beau gosse aux pouvoirs étranges magouille dans les faux tableaux. Il a aux trousses des tueurs bristish en diable, chapeau melon sur la tête, qui font le vide autour de lui. Londres est le cadre de ce polar fantastique qui, comme le souhaitait De Vita « a bénéficié de toutes les influences qui m'ont nourries, de la BD franco-belge aux comics américains. Je suis une vraie éponge à images ».
De Vita a créé en toute indépendance son Wisher, un djinn qui s'ignore et que le monde des trolls tente de protéger de la trahison des fées manipulées par les humains. Son dessin est superbe, réaliste et pétillant. L'histoire fonctionne à merveille car parfaitement dosée. De Vita sait associer réalisme pur et dur à la fantaisie. Pas de fausses notes et des rebondissements scénaristiques en pagaille appuyés sur un tour demain étonnant : « J'ai de l'espace pour m'exprimer. Je suis capable d'adapter n'importe quelle histoire. Et il y a des passerelles aussi entre BD et télé. Vous verrez. Souvenez-vous du Prisonnier ou d'Amicalement vôtre ». Résultat, on ne décroche pas un instant de ce premier tome qui voit Merlin débouler à la dernière case. Le Portail s'est ouvert et il devrait rester longtemps ouvert pour de la BD novatrice.
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