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27/07/2006

Des dessinateurs d'aviation en août à Perpignan

La BD s’offre un week-end au Mas Palegry. En 30 ans le Mas Palegry près de Perpignan a su imposer son Conservatoire du Patrimoine Aéronautique. Marc Noetinger pris le relais de son père aujourd’hui disparu, ancien, pilote de chasse et fondateur du centre du Mas Palegry reconnu aujourd’hui au niveau national.

Des collections enrichies, des avions en statique, un site Internet, le Mas qui a voulu fêter en beauté son anniversaire recevra samedi 12 et dimanche 13 août un festival BD dont les auteurs sont bien sûr des spécialistes de tout ce qui vole. Des pluies de bulles et de dédicaces vont pleuvoir sur le Mas avec une escadrille de "moustachus" de la BD aéronautique. Parmi eux l’héraultais Christophe Gibelin qui signe chez Delcourt Les Ailes de Plomb dont le tome 4 vient de sortir. Des avions bien sûr mais aussi une sombre histoire de barbouzes sur toile de fond des années cinquante. « C’est la série qui m’a le plus amusé ».

Une évidence pour Gibelin qui en a repris seul le scénario et le dessin car Barral son précédent dessinateur en avait assez du dessin réaliste. Trop de contraintes pour cet inconditionnel du dessin d’humour. « Moi, je ne voulais pas que Les Ailes de Plomb s’arrête et j’en ai gardé au moins dans cet album le côté un brin caricatural avec des dialogues qui louchent gentiment sur ceux du cinéma de ces années là, à la Audiard. Le prochain album sera plus sérieux dans un contexte d’espionnage classique » confie Gibelin.

Et quand on demande à ce spécialiste comment lui est venu sa passion de l’aviation on tombe sur un os.« C’est vrai qu’enfant à Saint-Martin-de-Londres les planeurs passaient au dessus de ma tête mais sincèrement il n’y a pas eu de déclic ».

En un mot Gibelin ne s’est jamais pris pour Guynemer ou Saint-Ex. Idem pour la BD car Gibelin n’en lisait que très peu dans sa jeunesse. Tout juste Hergé et Franquin. Cela ne l’empêchera pas, une fois pris pas la passion des objets volants toujours identifiés de passer son brevet de pilote de planeur ou d’illustrer la Une du mensuel Le Fana de l’Aviation. Pointilleux quand on lui parle de découpage « peaufiné à l’extrême » Gibelin qui pourtant à un dessin superbe est persuadé que « la satisfaction du dessinateur par rapport au dessin est du court terme ». L’informatique lui apporte toute sa souplesse. Pas de papier hormis pour le story-board.« C’est beaucoup plus pratique. La reproduction seule compte, l’impression. Je n’ai pas d’attrait pour l’original ».Ce qui ne l’empêche pas d’écumer les bouquinistes ou le net pour compléter sa documentation : « mes personnages vivent à travers la justesse des objets qui les entourent ». Et on lui souhaite que cela dure.

A ses côtés Azara signera son Takatakata, Jean Barbaud ses Gueules de Zinc, Eric Loutte sa reprise de Biggles, Félix Molinari dédicacera Les Tigres Volants, Francis Nicole sera là pour Missions Kimono, Manuel Perales rappellera le souvenir de Clostermann avec Le Grand Cirque sans oublier le talentueux et sympathique Francis Bergèse avec Buck Danny et la première adaptation de Biggles.

Pour tout renseignement, Mas Palegry tél. : 06 18 92 64 14

25/07/2006

Des scénaristes qui sont aussi des romanciers

Ils sont scénaristes de BD. Pourtant ce sont des romans ou des recueils de portraits qu’ils nous offrent cet été. Le premier est Pierre Christin qui signe aussi en bulles de qualité Valérian ou l’Agence Hardy dont la dessinatrice Annie Goetzinger sera la présidente du festival de Fabrègues en septembre. Christin a aussi formé quelques générations de brillants journalistes, on en connaît, à l’école qu’il fonda à Bordeaux.

Cette fois il s’offre des Petits Crîmes contre l’humanité (Editions Métailié, 10 E), un polar savoureux qui a pour cadre le monde feutré mais en délabrement chronique des universités françaises.

Son héros, Simon, est un demi-solde de ces facs où se font et se défont nos élites. On en rit mais jaune car Christin manie avec humour mais précision le bistouri sans pitié de la satire. Ces mails anonymes et cette mort suspecte qui lance son roman ont un joyeux parfum de vérité. Et puis Christin le romancier écrit avec bonheur et justesse. Son roman est bien ficelé, écrit avec brio. Le ton est juste. On adhère à cette intrigue où les comptes se règlent à grande allure.

Le second du genre est tout autant connu. François Rivière est le scénariste de la Trilogie anglaise dont les héros Olivia Sturgess et Francis Albany ont vu le jour sous le crayon de Floc’h.

Avec ses Chroniques d’Oliver Orban (Robert Laffont, 19 E), Rivière s’offre un élégant exercice de style qui va à merveille à ce spécialiste de la littérature anglaise.

Il signe trente-neuf portraits de Kipling à Natalie Wood ou Diana Rigg, Marguerite Yourcenar tous bien sûr illustrés par son complice Floc’h. De l'après guerre aux années soixante-dix Rivière fait écrire cet Olivier Orban qui n'est rien d'autre que le pseudonyme de Sturgess et Albany. Rivière a toujours aimé la mystification. Il a cette saveur des mots employés à bon escient, cette pointe d’humour ironique qui font de chaque chronique un bijou qu’il faut savourer en prenant son temps. Ce à quoi l’été se prête à merveille. A noter que ce dernier ouvrage ne sera disponible que vers le 20 août.

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17/07/2006

A éviter : SAS , une adaptation pour quoi faire ?

Un coup de sang, pas de cœur. Adapter les aventures érotico-policières du prince Malko Linge pouvait à la rigueur s’accepter à condition que la qualité soit au rendez-vous. Pour ce premier volet de SAS version BD on se retrouve avec des pages glacées qui essayent tant bien que mal de raconter la traque d’un criminel de guerre yougoslave. La CIA a décidé de lui faire la peau, Malko Linge débarque à Belgrade et commence par déchaîner avant tout sa libido.

Le scénario est faiblard. Quant au dessin il est très froid comme déjà dit, parsemé de scènes érotiques assez violentes aux dialogues éloquents.

Andréa Mutti est le dessinateur de SAS mais aussi de Section Financière scénarisé par Richard Malka. On suivra les prochains albums de cette saga SAS avec attention mais la première impression est négative. Marketing avant tout (Glénat, 9,40).

16:17 Publié dans Editeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Bande-dessinée |  Facebook |

12/07/2006

Ligne claire...

medium_i_truc_180.jpgUne passion, la BD. Spirou, Tintin, Pilote, j'ai été élevé dans le monde des bulles depuis toujours. Et le virus ne m'a jamais quitté. Journaliste à Midi Libre, j'ai eu la chance de pouvoir en plus de mes responsabilités de rédacteur en chef technique de choisir et d'acheter pendant des années les droits de reproduction des BD que Midi Libre publiait au quotidien.
L'âge d'or : XIII, Blake et Mortimer, Alix mais aussi Cartland, Titeuf, Le Chat, Floc'h et Rivière, Dick Hérisson.
Très claire la ligne, certes, mais grâce à des amis libraires montpelliérains un brin "azimutés" Larcenet, Blain ou Trondheim et bien d'autres sont venus peupler mon univers.
Alors je me suis mis à écrire dans Midi Libre rubrique BD. Evènements, interviews dans les pages Midi Plus, annonces de rencontres et aujourd'hui après aussi quatre ans de rubriques mensuelles d'internet sur Midilibre.com j'ouvre ce blog, LIgne claire, pour vous faire partager ce qui restera à vie un plaisir immense, ouvrir un album et plonger vers l'inconnu de la découverte avec gourmandise, vers ces auteurs, scénaristes, dessinateurs et coloristes qui m'ont tant apporté et qui sont devenus pour beaucoup des amis.
Jean-Laurent TRUC

Christophe Bec, créateur d’univers : Une bio alléchante… mais réservée à un public limité

medium_becchristophe.jpgUne biographie quand on a l’age de Christophe Bec, cela pourrait paraître prétentieux. Mais celle qui vient de sortir en tirage réservé est d’avantage un menu alléchant des talents de Bec auteur sublime de Sanctuaire. On va donc découvrir que le petit Bec pompait des BD depuis son enfance mais qu’il est aussi un talent multiple qui prépare entre autres un Temps des loups pas mal du tout au dessin et au scénario la suite de Carême, une nouveauté Pandémonium et Carthago. Un garçon pressé, Bec, et dans cette bio ses nouvelles séries sont partiellement pré publiées. Toutes les facettes de son art peuvent ainsi s’exprimer, séduire ou pas. On reste convaincu qu’auteur complet, Bec a le dessin avant tout dans la peau. (Humanoïdes Associés, réservé à la presse et aux libraires)
☺☺☺

11/07/2006

Les coups de cœur de Juillet 2006

Achevé d’Imprimer : Un roman noir superbe
medium_acheve.gifUne gifle, énorme, sans appel. Cette descente aux enfers en noir et blanc est un bonheur. Julien est un écrivain raté, paumé. Il vit avec son grand-père qu’il va un beau jour ouvrir en deux. Le début d’une longue série dans une cavale sanglante où le réel va côtoyer le fantasme. Couteau en main Julien trace sa route dans un cercle infernal qui va le ramener à la case départ. Un dessin écrasant, envahissant, angoissant, celui de Mabesoone qui vient du dessin animé et un scénario peaufiné, celui de Olivier Mau auteurs de polars. (Casterman, 14,95 €)
☺☺☺☺

Catwalk : Un tome 1 réussi
medium_catwalk.gif Un monde dans lequel s’affrontent des méchants et des gentils génétiquement modifiés. On est sur Mars où on vit sous un dôme. Les policiers ont des corps aux capacités évolutives et doivent rétablir l’ordre au sein des cités du Dôme. Shadowboxer est l’un des meilleurs éléments de cette police. On y croit à cette brunette de choc qui sait être émouvante pour cette nouvelle série sur un marché pourtant encombré. Pour le reste il faut plonger et se laisser guider par le dessin de Régis Penet qui a du talent et devrait s’améliorer encore. Côté scénario Frédéric L’Homme assure après Marie des Loups. (Soleil, 12,90 €)
☺☺

Mamette : Un Titeuf du 3e âge
medium_memette.gifPas sûr que la comparaison plaise à tout le monde. Mais enfin cette petite vieille, Mamette, qui égaye de ses facéties la nouvelle BD à son nom a un petit air de famille avec Nadia grand-mère. Cela dit on rigole vraiment. Mamette et ses copines sont impayables, tendres et émouvantes. Anges et Pigeons, un titre bien vu pour ce premier album. Nob assure dessin et histoire avec un sens inné du vécu style Vamps ou Carmen Cru mais en plus gentil. Une petite dose de vacherie avec la redoutable Madame Pinsec. Mamette a de l’avenir. (Glénat, 9 €)
☺☺☺

Marius et Jeannette : Belle adaptation
medium_marius.gif C’est un exercice périlleux. Adapter un film qui a connu le succès populaire largement mérité de Marius et Jeannette en BD est une gageure. Et pourtant ils l’ont fait et ça fonctionne à merveille. On retrouve donc le couple attachant sous le pinceau de Sylvain Dorange et les textes de Milesi et Guédiguian. Pas question de pomper les personnages du film au moins graphiquement. Même si un trombinoscope ouvre l’album avec mise en parallèle des acteurs du film et des personnages BD. Ils vivent leur vie à part entière et on peut très bien lire la BD sans avoir vu le film. Ou l’inverse. Le dessin, le découpage, l’épaisseur des traits, le relief des visages et des corps, une belle réussite. (Emmanuel Proust, 14,90 €)
☺☺☺

H.H.Holmes : Un serial killer historique
medium_holmes.gif C’est l’histoire du premier serial killer américain répertorié. Avec une série de meurtres de prostitués en Angleterre puis deux cadavres éparpillés aux USA après son immigration H.H. Holmes a inauguré la catégorie. On est à la fin du XIXe siècle et des policiers le suivent à la trace. Un premier tome un brin difficile à pénétrer. C’est peut-être du aux couleurs très sombres utilisées et à un découpage qui flotte un peu. Fabuel et Le Henanff après ce tome 1, Englewood, vont sûrement recadrer leur bébé. (Glénat, 12,5 €)

Tokyo ghost : Fantastique maîtrisé
medium_tokyo.gif Cela commence comme un polar et on enchaîne sur un récit fantastique dont Tokyo est le décor. Le tout sans secousse, en parfaite cohésion. Mary, une jeune femme assiste à la mort de sa sœur à la télé, un personnage en costume traditionnel la poursuit dans ses rêves et une vieille dame, enfin, lui donne les clés pour comprendre ou au moins essayer. Tokyo dévoreuse d’âmes, des démons impitoyables, Mary va avoir de quoi faire dans le futur. Nicolas Jarry et Djief ont eu une bonne idée, un bon scénario, un dessin qui colle sans prétention excessive. (Soleil, 12,90 €)
☺☺

La Liste 66 : Guerre froide
medium_liste.gif Des agents dormants, des gens comme vous et moi infiltrés aux USA par les Russes pendant la guerre froide et activés, parfois jamais, si besoin est. Stalner s’est embarqué dans une histoire qui commence sous la présidence de JFK. Poliac fuit flanqué de son fils. Sa femme est morte et il sait qu’il va être démasqué. Il doit prévenir tous les agents le long de la route 66 qui traverse les Etats-Unis. En prime un tueur mystérieux, le Clown, le traque aussi. Un vrai road movie dans lequel Eric Stalner a inséré ses héros atypiques appuyé sur un dessin toujours aussi parfait. On commence par l’Illinois, le premier état de la route 66 pour le tome I. A venir le Missouri. (Dargaud, 13 €)
☺☺

Ninon : Le Décalogue se décline
medium_ninon.gif Ninon est l’héroïne de cette nouvelle série déclinaison du Décalogue. Une famille, les Fleury Nadal, et le tome VIII, avec Ninon on va comprendre les raisons de la haine qui déchire les personnages. Retour donc sous la révolution et la Terreur. Nadal est bibliothécaire à l’Académie des Sciences et se retrouve en prison prêt à être guillotiné. Ninon sa fille aidé par ses frères va tout tenter pour le sauver. On ne peut pas vraiment dire que cette nouvelle série marque des points. On retrouve par contre Rollin au dessin. Les autres volumes devraient changer de dessinateur à chaque fois, une autre habitude Glénat. (Glénat, 13 €)

Nemrod : Loup y est tu ?
medium_nemrod.gif Le mythe de ce bon vieux loup-garou revisité, cela vaut toujours le détour quand c’est bien fait et qu’un peu de sang neuf, c’est le cas de le dire, est apporté. Trois copains se font mordre un soir de pleine lune et deviennent des tueurs. Conscients de la malédiction qu’ils portent désormais en eux ils vont tenter de limiter les dégâts avec une meute de paysans aux trousses. Un journaliste sera aussi de la fête. Un scénario de Latil intelligent, bien construit et pas obligatoirement basé sur du sensationnel même si la violence est omniprésente. Jordi Sempere a un dessin tout à lui, expressif et percutant, doux parfois. Premier sang, nom de ce tome 1, aura une suite que l’on attend. (Soleil, 9,45 €)
☺☺☺

10/07/2006

Compilations, intégrales, petits formats, une mode pour tous les goûts

medium_croix.jpgC’est devenu un classique. Dès qu’une série ou même seulement son premier cycle est terminé l’intégrale sort dans les meilleurs délais. Généralement on s’offre une nouvelle couverture et quelques planches supplémentaires ou dossiers, crayonnés inédits. Et cela marche pour au moins deux raisons.
D’abord on ne manipule qu’un album à la fois, gros certes, mais dans lequel toute l’histoire tient. D’où un plaisir certain à se plonger au cœur même de la série du début à la fin. Ensuite, en raison du petit tirage de ces intégrales elles commencent à atteindre des côtes enviables dans le monde obsessionnel des collectionneurs de BD.
Enfin un argument supplémentaire est de donner à travers l’intégrale envie aux lecteurs de continuer la série si d’autres cycles suivent sans oublier la notion cadeau toujours importante en proposant un objet de qualité. Une intégrale s’offre facilement.
Voici une petite sélection d’intégrales qui viennent de sortir :

La Croix de Cazenac avec le cycle du Loup de Boisserie et Stalner (Dargaud-29,90 €). On y trouve une histoire courte inédite et des planches non publiées.

medium_limbes.jpgLucky Luke, tome 19, avec Nitroglycérine, Le Ranch Maudit, L’alibi par Morris et d’autres auteurs qui ont repris le flambeau avec plus ou moins de bonheur (Dargaud, 16 €). Pour les inconditionnels.

Le Vagabond des Limbes, tome 9, A l’envers du temps par Godard et Ribera (Dargaud, 16 €). Le mythe de la femme rêvée dans l’une des plus incontournables séries de S.F.

Cartland, tome 3, Les Survivants de l’ombre, L’Enfant lumière, Les Repères du diable par Harlé et Blanc-Dumont (Dargaud, 23 €). Avec un cahier de quatre pages sur la genèse de la série. On regrette que Blanc-Dumont ait dû arrêter le western le plus novateur et cadré de la BD récente. Cartland est un personnage atypique. Le dessin de Blanc-Dumont avait une rare efficacité et beauté.

Nanar, Jujube et Piette par Gotlib (Glénat, €). Les débuts du créateur des Dingodossiers et autre Gai Luron. A classer au rayon des souvenirs mélancoliques et archives réunies car même si on sent que le Gotlib futur n’est pas loin cette série reste le témoin avant tout d’une époque aujourd’hui oubliée.

Corto en poche

La démarche est différente chez Casterman qui inaugure une nouvelle collection en couleur avec des prix entrée de gamme et un format poche.
Couverture souple, une impression de qualité, le but est de rendre accessible à tous la saga de Corto Maltese. On y redécouvrira le héros de Pratt dans un ordre chronologique. Selon les bouquins la pagination va varier en fonction de l’œuvre originale. On aurait pu craindre le pire pour la lisibilité et donc le travail de Pratt. Erreur. On bouquine en toute quiétude ce nouveau format qui évite en plus d’user jusqu’à la trame les tirages grands formats bien sagement rangés sur l’étagère.
Corto Maltese, La Ballade la mer salée, Le Secret de Tristan Bantam, La Jeunesse (Casterman, de 9,95 à 6,95 €).

Duo : Larcenet et Sfar philosophent

medium_larcenet.jpgIls font partie de cette nouvelle BD qui n’a de neuf que le nom. Ce qui importe est leur talent, pas les appellations ou les étiquettes branchées. Ils sont complices. En vrac on citera dans la bande Blain, David B., Trondheim bien sûr, d’autres et ceux qui nous occupent aujourd’hui, Larcenet et Sfar. Pas vraiment le même registre hormis des affinités évidentes dans la structure de leurs œuvres.

Commençons par Manu Larcenet qui après nous avoir donné le tome 3 du Combat Ordinaire, une merveille, nous conte sur un dessin de Casanave la vie édifiante d’Attila roi des Huns, celui sous les pattes du cheval duquel l’herbe ne repousse jamais. Une terreur le bougre qui a marqué notre enfance. On va le voir dépressif ce brave Attila. Normal pour un conquérant qui n’a plus rien à envahir. Le monde lui appartient et il déprime sec. Pire il a conquis le monde et il n’en a rien appris. Il devient aussi immortel. Ce qui va le gonfler et l’obliger à chercher Dieu pour qu’il lui rende sa mort. Larcenet philosophe parfois.
medium_sfar.jpg Et bien, ce qui nous donne une transition facile pour parler de Joann Sfar qui lui philosophe toujours. Normal, c’est sa formation. On passe à sa Vallée des merveilles dans un monde improbable et familial dans lequel il s’est dessiné. Sûr, c’est lui on l’a reconnu. Pot de miel et les siens vivent dans une île merveilleuse. C’est la préhistoire dont le calme. Avec un copain ils partent à la chasse et ramènent des graines de courgette. C’est pour faire court car en fait il se passe plein de choses passionnantes aved des dauphins, des dinosaures dans ce premier album d’une nouvelle série signée Sfar qui commence par une centaine de belles pages à bien décortiquer. Au fait, Sfar il écrit vachement bien.

Le Fléau de Dieu (Dargaud) – 9,80 €. Larcenet et Daniel Casanave
La Vallée des Merveilles (Dargaud) – 15 €. Joann Sfar